‹ Saint François de Sales et ses amitiésChapitre 27 sur 68 · C. 468. — 2 O. 89. — 3 A. XII · texte numérisé non relu

C. 468. — 2 O. 89. — 3 A. XII

l'an passé une « sainte maison y>, qui était à la fois le presbytère, un couvent de prédicateurs, un refuge pour les Genevois convertis et un collège. D'ailleurs, chacune des soixante-quatre paroisses du Chablais s'était vue pourvue d'une cure ^. En même temps, le pape avait accordé à la ville l'indulgence du jubilé; en deux mois, il était venu de la Savoie, du Lyonnais, de la Franche- Comté deux ou trois cent mille pèlerins qu'une centaine de prêtres, du matin au soir, confessaient. C'avait été pour le pays un nouvel élan de piété et François, en 1603, put écrire au Pape : — « ... Jadis on avait peine à compter cent catholiques entre toutes les paroisses réunies; aujourd'hui, on n'y verrait pas cent hérétiques... » 2

Tranquille de ce côté, il se rendit en été au pays de Gex, et il obtint la main-levée des bénéfices d'église restitués par le Roi; en même temps, il convertit par des entretiens particuliers plusieurs calvinistes, mais il tomba malade et dut rejoindre Annecy, les médecins assuraient qu'on l'avait empoisonné; cette affaire resta obscure car il défendit toute enquête ^. D'ailleurs, ses passages au pays de Gex furent toujours brefs. C'était une terre française; il ne pouvait y entreprendre sans l'ordre du roi le rôle que jadis en Chablais le duc lui avait fixé. Désormais tous les territoires de Savoie pratiquaient la foi romaine; et ce missionnaire de génie n'eut plus jamais l'occasion d'imiter François Xavier.

Il y avait un an qu'il était évêque, lorsque Jacqueline Coste vint habiter Annecy.

Sa maîtresse, depuis l'aventure du linge, confondue de gratitude, avait fait d'elle son amie, sa confidente. Elle devint phtisique; Jacqueline la soigna, dévouée.

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