VIII PREFACE
hommes choisissent une carrière^ il était naturel qu'il s'orientât vers celle qui devait lui servir seulement à cultiver davantage son esprit. Il prépara V École des Chartes et fréquenta V École de Droit.
Mais ce ne fut qu'en 1907, lorsque le service militaire le requit^ qu'il prit contact avec la vie. Sa santé était fragile, et c'est dans les services auxiliaires, à Saint-Malo, qu'il accomplit son temps. A l'écart des brutalités trop vives, il se retira encore en lui-même, et c'est à cette époque qu'il écrivit son premier roman « Le Clocher Fleuri », qu'il signa Maurice La Belangeraie, et qui, patronné par le comte de Mun, grand ami de sa famille, fut couronné par l'Académie. Le succès de cet aimable ouvrage ne le grisa pas, mais Vétonna. Il eut la sensation que la carrière des lettres était facile, et je me rappelle qu'à cette époque il décida gaiement de s'y consacrer.
Il termina son service; publia un conte charmant où les qualités du style sont évidentes : « La Fausse Princesse », petit conte bleu qui se termine par ces mots qui annoncent déjà sa philosophie : « Et, quand elle parviendrait à s'étourdir dans la douceur de vivre, pourrait-elle arrêter le temps qu'elle voyait chaque jour entamer sa vie, détruire un peu plus sa part de bonheur et l'emporter vers l'épouvante de la mort... Hélas ! Elle possédait tout, ici-bas, toutes les splendeurs, toutes les voluptés. Quelle misère ! »
Entre temps, Maurice Henry-Coiiannier avait écrit deux romans d'une extrême pureté qu'il avait confiés à son cousin, lequel s'était offert à lui trouver un éditeur. Mais, ces romans ne devaient pas voir le jour ; leur auteur écrivait^ en effet, peu de temps après, à ce parent : « Je te prie de ne plus l'occuper de mes manuscrits, détruis-les, brûle-les^ je ne veux plus en entendre parler. »
Étonné de ce brusque changement, un peu inquiel aussi, André Henry-Coiiannier voulut voir Maurice, lui