PRÉFACE IX
parler ! Il le Iroiwa^ le visage ravagé, en proie à une inquiétude morale, déchiranle. « J'ai lu, lui dil Maurice, les Sermons de Massillon, el j'ai compris (pie je suis dans une mauvaise voie. Je hais ces romans dans lesfpiels je me suis complu, je suis épouvanlé. » // nUijoulail pas : « Je suis désespéré. » Mais loul en lui le clamail. En vérilé, il Iraversail une crise dangereuse el qui Végarail. Or, il se Irouva que son cousin, sous le coup de Vajfeclueuse inquiélude que celle enlrevue lui avait causé, dîna quelques jours après, chez des amis, à côlé du secrétaire perpétuel de V Académie, Etienne Lamij, Vhomme le plus qualifié par son caractère et son intelligence pour lui donner un conseil. Etienne Lamy Vécoula — et peut-être est-il permis de penser que te récit de cette angoisse éveitlail en lui le souvenir d'une crise pareille — puis il dit : « Conseillez à votre cousin d'écrire des études historiques, il y trouvera l'emploi d'un talent qu'il n'a pas le droit d'étouffer, et l'apaisement de son esprit. » La comtesse de Celigny, qui assistait à cette conversation et qui connaissait M. l'abbé Loutit, offrit à son tour de le faire connaître à Maurice Henry- Coùannier, persuadée que, dans le commerce de ce grand esprit, le jeune écrivain trouverait un appui, un secours, et sans doute le salut.
Maurice Henry-Coiiannier rencontra M. l'abbé Loutit, el je crois qu'il devint son ami. Il ne nous appartient pas d'imaginer ce que purent être les conversations entre ces deux hommes, mais il n'est pas téméraire de penser que le conseil d'Etienne Lamy, l'influence bienheureuse de t'abbé Loutit, soient à l'origine de la conception de ce « Saint François de Sales et ses amitiés », dont l'auteur ne devait voir ni la publication, ni le succès.
Car entre temps ta guerre éclata. Versé dans le service armé, cruellement blessé par un éclat de torpille aux Éparges, en 1915, Maurice Henry-Coiiannier, à peine remis, mais réformé et hors d'état de combattre, demanda