‹ Saint François de Sales et ses amitiésChapitre 35 sur 68 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Premiers projets de la Visitation.

'ûe de Chantai rêvait toujours de pouvoir, dans l'avenir, quitter le monde. Si, dans ses lettres à Monseigneur, elle en disait un mot, il lui répondait : « ... Ayés patience, nous en parlerons l'année suivante, si Dieu nous conserve icybas ^. Cela suffira bien... Tout cela, ma chère fille, est trop important pour estre traitté sur le papier; il y a du tems assés... )> Docilement, elle tâchait de n'y plus penser; mais ce bonheur d'entrer en religion l'obsédait, et elle s'en accusait à Monseigneur comme d'un manque d'obéissance. — « Mais non, répliquait-il '^, je ne vous avois pas dit que vous n'en eussiés nulle espérance, ni nulle pensée, ouy bien que vous ne vous y amusassiés pas; parce que c'est chose certaine qu'il n'y a rien qui nous empesche tant de nous perfectionner en nostre vocation que d'aspirer à une autre... Jamais Jacob n'ayma bien Lia pendant qu'il souhaitta Rachel. Jamais les Israélites ne peurent chanter en Babylone, parce qu'ilz pensoyent à leur païs; et moy je voudrois que nous chantassions partout. »

Les Carmélites venaient d'arriver à Dijon. La baronne, liée avec toutes les âmes pieuses de la ville, eut bientôt ses entrées au couvent; ce fut pour elle un éblouissement. La prieure était une espagnole, Anne de Jésus, la grande

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