‹ Saint François de Sales et ses amitiésChapitre 38 sur 68 · A. III · texte numérisé non relu

A. III

doines il y a des fontaines d'eau bien douce au milieu de la mer et que les piraustes volent dedans les flammes sans brusler leurs aisles, ainsi peut une âme généreuse et constante vivre au monde sans recevoir aucune humeur mondaine. »

Nous voyons ici une cause secondaire de l'aspect naïf et vieillot du bon saint François : en fait d'histoire naturelle, il se fiait à Pline et aux légendes médiévales, comme d'ailleurs les savants de son temps; aucun de ses lecteurs sous Henri IV ou sous Louis XIII ne souriait de l'immunité des perlières ou de celle des piraustes. François, d'ailleurs, n'était pas tout à fait sans méfiance comme lorsqu'il écrit : « Les chèvres, selon Alcméon, halènent par les oreilles et non pas par les naseaux; il est vrai qu'Aristote le nie; or, ne sais -je ce que c'en est... » mais pour si peu il ne supprimait pas une comparaison commode ^.

Les plus jolies sont celles qui amènent un petit récit historique telles que celle-ci, à la fin de la préface : — « Alexandre fit peindre la belle Campaspé qui luy estoit si chère, par la main de l'unique Appelles; Appelles, forcé de considérer longuement Campaspé, à mesure qu'il en exprimait les traits sur le tableau, il en imprima l'amour en son cœur et en devint tellement passionné qu'Alexandre l'ayant reconneu et en ayant pitié la luy donna en mariage, se privant, pour l'amour de luy, de la plus chère amie qu'il eut au monde. « Enquoy, dit « Pline, il monstra la grandeur de son cœur, autant qu'il « eut fait par une bien grande victoire )>. Or, il m'est advis, mon lecteur, mon amy, qu'estant evesque. Dieu veut que je peigne sur les cœurs des personnes non seulement les vertus communes, mais encore sa très-chère et bien aymée dévotion; et moy je l'entreprens volontiers, tant pour obéir et faire mon devoir que pour l'espérance que j'ay

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