‹ Saint François de Sales et ses amitiésChapitre 5 sur 68 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

à servir dans les hôpilaux, où il acheva d'épuiser ses forces, C^esl là sans doute el dans le lemps qui suivit la guerre quCy malgré la faligue et sentant qu'il allait quitter ce mondCy. il acheva d'écrire son « Saint François ».

Le 2 octobre 1921, âgé de trente-quatre ans à peine^ il s'éteignait à Paris, dans les bras de Mgr Roland- Gosselin, ayant achevé son œuvre, n'en ayant point parlé.

Telle fut la vie brève et belle, triste et tourmentée, de ce jeune homme à qui tout semblait promis de ce que la vie peut offrir de douceur et de tendresse à ceux qui joignent le talent le plus probe aux plus hautes qualités de F âme.

D'autres plus qualifiés que nous onl jugé ce livre que nous aimons, et qui fut publié quatre ans après la morl de son auteur, par les soins de sa sœur et de son cousin, soucieux l'un et l'autre de rendre hommage à la mémoire de celui qu'ils avaient tendrement aimé.

Qu'il nous soit permis de nous effacer derrière ces opinions et de choisir simplement quelques fleurs parmi celles qui lui furent destinées.

Et d'abord, le R. P. Paul Doncœur, à qui une grande part du succès de ce livre est due, et qui, avec celte pénétration, cette intelligence, ce sens de l'équilibre et de la justice qui lui sont coulumiers, lui consacra dans la revue Les Etudes un magnifique article : « N'est-il pas savoureux, écrit le P. Doncœur, en ce siècle de publicité impudente qui use en un an les plus fameuses réputations — de découvrir au fond de la province (et plus émouvante encore quand c'est d'au delà de la mort que nous atteint cette lumière) la jeune promesse ou la pleine maturité d'un beau talent, modeste, inédit, et comme incertain luimême de sa valeur !... Lisez-le; vous vivrez avec lui des heures délectables. Entendez par là que vous lui devrez

PUKFACl-: XI

bien inicîux qu'un vain plaisir de cuiiositr, vX ce sera cello joie robuste et loii^nie (|ue l'aniatiîui* j^oûte h coiii(»rupler uiu' l)ellê pièce oriij^iuab', (\v. earaelère inédit, d'inspiration [x^-sonnelle (^t faite d(i main d'ouvri(;r. »

Ki M(jr de, la Villevahd^ évêquc d'Aiinccij, écrit : « L(;s dévots de saint François de Sales trouveront dans la lecture de ces pages, écrites, on le sent, avec amour, des motifs nouveaux d'aimer, de vénérer, d'invoquer le Saint de leurs prédilections. A ce titre seul — et il en est d'autres — le successeur de saint François ne peut que se réjouir d'une publication si bien faite pour répandre davantage encore le culte du saint Évoque. »

Et Mgr Roland- Gosselin, coadjuleur de Versailles : « Les pages que M. Maurice Henry-Couannier a écrites sur saint François de Sales m'ont si vivement intéressé que j'ai cru devoir en encourager la publication... Sachons gré à M. Maurice Henry-Coûannier d'avoir ajouté quelques traits caractéristiques à la physionomie attrayante du Docteur par excellence de la piété chrétienne. »

Ai-je besoin d'ajouter à ces jugements les innombrables éloges parus dans toute la presse catholique? Ai-je besoin de répéter ici le bien qu'il faut penser d'un livre qu'on va lire? Non! Et ce n'est point là mon dessein! J'ai voulu seulement, au seuil de ces pages, grouper quelques grandes voix de r Église dont l'accent eût contenté Maurice Henry- Coûannier, et dont l'approbation l'eût consolé d'avoir vécu,, et de mourir.

Max Daireaux.

Aucifti saint n'a fait couler plus d'encre : on a écrit une trentaine de fois sa vie. J'ai cru pourtant, comme mes trente devanciers, que tout n'était pas dit.

Si l'on présentait, me disais-je, pour fond de son portrait, les gens qu'il a connus et aimés, on mettrait mieux en valeur sa propre figure, de même qu'en peinture un personnage gagne du « caractère » si, au lieu de lui donner toute la toile, on fait place autour de lui à son décor habituel.

On peut dire que le décor de saint François, l'atmosphère de sa sainteté, ce fut l'Amitié; on pourrait l'appeler plus spécialement que tout autre : le saint de l'Amitié, de même que sainte Thérèse fut la sainte de l'Oraison ou saint Vincent de Paul le saint de l'Aumône.

Or, les amis de saint François eurent pour la plupart une personnalité marquée; leurs contemporains nous les ont dépeints avec sympathie. En contant leur histoire avec la sienne, puisqu'il fut l'objet commun de leur enthousiaste affection, ne serait-ce pas le mettre lui-même un peu mieux en lumière? Voilà ce que j'ai voulu faire.

Mais il se trouve que, parmi les innombrables âmes qui se mirent sous sa direction et l'appelèrent débouche

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