‹ Saint François de Sales et ses amitiésChapitre 45 sur 68 · Y. II, 137. — 2 G. II, 83. — 3 A. XVI · texte numérisé non relu

Y. II, 137. — 2 G. II, 83. — 3 A. XVI

Après cette cérémonie, le duc lui fit l'honneur de vouloir l'entendre; et François monta en chaire comme un simple prêtre, en rochet et en étole, car les évêques d'Italie ne mettaient le camail hors de leur diocèse que si l'évêque du lieu les y invitait ^. L'archevêque de Turin n'y avait plus songé, mais Son Altesse se tourna vers lui : — « Monsieur, vous oubliez votre devoir. » L'archevêque, aussitôt, en pleine église, retira son propre camail et le fît porter au prédicateur, qui, du haut de la chaire, s'inclina profondément : — « Monseigneur, je ne le mérite pas; mais c'est pour vous obéir. » Il baisa le camail et le mit, puis, à la fm du sermon il vint le rendre lui-même à l'archevêque, et tout cela avec tant de bonne grâce que le peuple, qui avait suivi curieusement cette petite scène, répétait depuis : — « Tout prêche en lui, jusqu'à ses vêtements ». ^

Il resta quinze jours à Turin, cherchant à disculper son cousin Charmoisy dont il eut de la peine à obtenir la grâce, mais, pour lui prouver à lui-même sa sympathie, le duc lui accorda une grande faveur qu'il ne demandait pas et qui dut causer à Bernard bien de la joie : l'érection en baronnie de la terre de Sales et Thorens, et cela, disent les lettres patentes, « tant pour les bons services rendus par M. de Boisy, de très glorieuse mémoire, que pour la considération de nostre très cher et bien-aimé féal, conseiller et orateur, l'évesque de Genève, les qualités duquel nous sont en singulière reconnaissance ». ^

L'évêque rentra « en sa ville le vingt-cinquième du mois de May, la veille de la Pentecoste. Le lendemain, il célébra solemnellement en son église cathédrale *. Or, les chanoines avoyent fabriqué à la voûte une certaine machine semblable aux nues, de laquelle après la con-

1 Y. II, 139. — ■' Oa. 5 mai. — ^ Y. II, 140. — * G. II, 85.

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sécralion dcvoiL sortir une colombe eiiLn; deux flammes, pour représenL(ir la descente du Vîainel-I^^spiil,. L'artifice reiissit heureusement; mais la colombe, après avoir longtemps vole deçà et delà par l'église, (;spou vantée de la musique et de la multitude du peuph;, enfin alla choisir son repos sur l'épaule de Tévêque debout à l'autel ». ^ De là, « elle jettoit sa veûe de part et d'autre joliment sans s'espouvanter en façon quelconque ».

« Mais ny pas un des assistants ne fust si osé que de la prendre ou chasser, ny luy mesme ne se remua point jusques a ce qu'elle s'envola d'elle-mesme. » Et le peuple s'émerveillait que cet oiseau sut jouer si bien son rôle du Saint-Esprit ^.

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