‹ Saint François de Sales et ses amitiésChapitre 48 sur 68 · G. II, 114. — 2 A. XVII, 84; C · texte numérisé non relu

G. II, 114. — 2 A. XVII, 84; C

ET SES AMITIlvS 333

CetLc inriino îiiiimmî IGK), il <;ssuya (uicorc; dvAix éclatantes caloirmies; toutes deux furent accueillies par les princes de Savoie; h toutes deux, il dut répondre; mais comme l'une attaquait avec lui diverses personnes, et l'autre lui seul, il existe entre ses deux lettres une différence de ton plaisante.

En mars 1615, le duc de Nemours fit commencer une information contre le jeune Janus de Sales au sujet de cette vieille affaire Berthcllot pour laquelle François, en 1613, avait fait le voyage de Turin ^. Gela reposait sur « une erfrontée imposture »; mais Berthellot était en faveur; le duc témoignait « une très particulière indignation »; et les magistrats d'Annecy furent même « reprochés par authorité extraordinaire » d'avoir témoigné à l'évêque, c'est-à-dire aux accusés, trop de sympathie 2.

Pour les défendre, voici en quel termes le doux François osa ce jour-là écrire au prince, son suzerain :

— « Monseigneur, je supplie très humblement vostre Grandeur de me permettre la discrette liberté que mon office me donne enver tous. Les Papes, les Rois et les Princes sont sujets à estre souvent deceuz par les accusations et rapportz ^. Ils donnent quelquefois des rescritz qui sont émanés par obreption (par surprise); c'est pourquoy ils les renvoyent à leurs Cours, Senatz et Conseilz, affin que, parties ouyes, il soit advisé si la vérité a esté teuë... Les Princes ne se peuvent pas dispenser de suivre cette méthode, y estans obligés à peyne de la damnation éternelle. »

« Vostre Grandeur a receu des accusations contre ces pauvres affligés et contre mes frères. Elle a fait justement de les recevoir, si elle ne les a receu es que dans ses aureilles; mais si elle les a receu es dans le cœur, elle me

1 A. XVI, 316. — 2 Id. 321. — 3 A. XVI, 313.

pardonnera si, estant non seulement son très humble et très fidèle serviteur, mais encore son très afîectionné, quoy qu'indigne Pasteur, je luy dis qu'elle a offensé Dieu et est obligée de s'en repentir, voire mesme, quand les accusations seroyent véritables; car nulle sorte de parolle au préjudice du prochain ne doit estre preuvée que par l'examen, partie ouyes. Quiconque vous parle autrement. Monseigneur, trahit vostre ame. »

Après cette lettre, l'affaire Berthellot se trouva, semble-t-il, étouffée.

Mais quelques mois plus tard, ce fut près du souverain qu'on accusa l'évêque, une fois de plus, de trahison.

Durant l'été, il était allé à Lyon conférer avec l'archevêque de cette ville au sujet de la Visitation ^. Ce prélat vint en automne lui rendre sa politesse et passa quelques jours près de lui. A Turin, quand on connut ces deux visites, on prétendit qu'elles cachaient des affaires d'État, un complot, une trahison; Son Altesse, toujours aux aguets, (( rechargea tous les soupçons qu'elle sembloit avoir mis bas et escrivit soudain au marquis gouverneur de Savoye qu'il sçeust de l'évesque de Genève ce que l'archevesque de Lyon estoit venu faire, et le marquis envoya promptement un exprès au bienheureux François ». ^

C'était pour celui-ci l'occasion, ou jamais, d'éclater. Mais ces soupçons ouvertement étalés, déshonorants, toujours dissipés et toujours renaissants, ne touchaient que lui seul. Alors, sans un mot d'aigreur, il envoya humblement au marquis l'exposé détaillé de ses rapports avec l'archevêque ^, et il concluait ainsi : « ...Je me prometz de la faveur de Vostre Excell-ence que Son Altesse demeurera parfaitement satisfaitte, et que rien ne se

Page 1