CHAPITRE XXV
Aumônes. — Guérisons.
Le « Traité de ramour de Dieu »
l'automne 1615 mourut un curé du diocèse^, « sans aucuns héritiers instituez; a raison dequoy ses biens faisoyent escheute a l'évesque; et cet héritage se montoit a une grande somme ^. Quelques parens ou alliez qu'il avoit, vinrent treuver le sieur George Rolland, maistre d'hostel du prélat et sur-intendant de ses affaires pour traicter avec luy de cet héritage, se disans estre fort pauvres, et luy ofïroyent vingt ducatons; mais luy rejetta ceste somme comme trop petite et impertinente, avec indignation et les attendoit ou avec une plus grande somme, ou avec un procez. Toutesfois ces pauvres gens furent plus fins que luy : ils attendirent son absence, s'en vindrent treuver le bon évesque et luy présentèrent la mesme somme, ne nians pas, à la vérité qu'ils n'eussent des-ja faict tout leur possible pour traicter avec le sieur Rolland, mais qu'il n'avoit point faict de considération sur leur misère €t pauvreté. Le sainct homme prit les vingt ducatons, leur fit à la mesme heure quittance de tout le reste, et se mit à dire : — « Voilà qui sera bon pour les pauvres ». Le sieur Rolland ayant appris ce qu'il avoit faict, ne douta point de l'aborder avec un visage sévère, et se lamenta