A. XVIII, 370. — 2 A. XIX, 38; G. II
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pour uiK^ l'icluî, (^l< (lue s'il «jiiiMoil, s;i IViiiiihî, ca) ii<; soroil. pas pour (Ml prou(lr(^ une. ;nil,r(^ » ^
Mais le cardinal chargea l'archevêque de; Sens d(; présenter au roi ce projet,; Louis XIII y applaudit; et les amis de François le suppliaient d'accepter 2. — « Voy(;z-vous, dit-il, je m'estime autant riche qu'6vesqu(; ({ui soit en France; bien que mes moyens semblent petitz aux autres, ils sont sulïisans pour mes nécessitez. Ceux qui ont davantage despensent aussi davantage, et quand ce vient au bout de l'an, je me trouve autant de reste qu'eux. ))^ 11 disait encore : — « Mon évêché me vaut autant que l'archevêché de Tolède, car il me vaut le Paradis ou l'Enfer aussi bien que celui de Tolède à son archevêque, selon que l'un et l'autre nous comportons en nos charges. » *
Alors ses amis lui soufflèrent l'espoir que, évêque de Paris, il serait en rapports avec Jacques I^^, lecteur enthousiaste de ses œuvres, qu'il pourrait tenter de le convertir, et même peut-être un jour, d'entreprendre en Angleterre ce que jadis il avait fait en Chablais ^. Cette lointaine perspective l'empêcha seule de dire un non définitif; il répondit que plus tard, s'il voyait que ce changement était pour le service de Dieu, il l'accepterait volontiers.
Pendant quelques mois encore, le cardinal de Retz et d'autres persoilnages poursuivaient cette entreprise; mais M. de Genève, du fond de sa Savoie, ne faisait pas un pas pour les encourager. D'ailleurs, le cardinal avait un frère dans les ordres, et qui rêvait de lui succéder; cette affaire, peu à peu, s'évanouit, comme François l'avait prévu ^.
Durant son séjour à Tours, l'évêque se délassa des
^ A. XIX, 125. — ■' A. XIX, 40. ^^G. U, 195. — « I, 14^ partie, XI\' - * A. XIX, 383; 39. — « A. XIX, 289.
réceptions royales près de la prieure du Carmel, Marguerite du Saint Sacrement, qu'il avait connue, petite fdle, chez sa mère, M^^ Acarie ^ Gomme celle-ci, elle vivait hors du monde naturel, entourée de visions; et ses vertus étaient si grandes qu'on la disait plus sainte encore que sa mère. En sortant de remuer près d'elle, dans ce petit couvent plein de paix et de ferveur, les souvenirs de la Bienheureuse, la Cour avec ses vanités, ses haines, et ses mensonges, lui parut plus navrante; et comparant la vie des religieuses à celle des courtisans, il écrivait à M°^^ Angélique : — « 0 Dieu, que c'est bien autre chose de voir un train d'avettes qui toutes concurrent à fournir une ruche de miel, et un amas de guespes qui sont acharnées sur un cors mort, pour parler honnestement... » ^
Cette rancœur, il osa même l'exprimer à la plus ardente, à la plus brillante de ces guêpes, à Richelieu.
Celui-ci, parmi ses rêves de gloire et ses angoisses, se plaisait à causer avec l'évêque de Genève ^, dont l'esprit paisible, plein de franchise et détaché de tout, semblait apaiser sa fièvre; et François prit intérêt à ce jeune prélat qui rayonnait d'intelligence; il en eut pitié; il lui dit avec force que le seul bonheur ici-bas, c'est de faire notre devoir humblement, patiemment, par amour pour Dieu, dans la place où II nous a mis, sans nous soucier de l'opinion du monde *.
Richelieu avait espéré pour prix de son entremise le chapeau de cardinal; il voyait que le roi n'en parlait pas. La reine-mère sans doute s'efforcerait de l'obtenir; mais cette pauvre femme était si maladroite ! L'avenir, en somme, restait bien incertain. Quant au présent, des embarras d'argent l'assombrissaient encore. François de Sales parla au jeune évêque comme il le fallait, au moment voulu. M. de Luçon, bouleversé par sa douce voix.
1 A. XIX, 24. — 2 A. XIX, 22. — ^ A. XIX, 352. — * Qc. II, 311.
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lui d'il cil lui « juraiil- toute amitié » ({u'il so rangeait « k son parli^ |)()ut* ne plus penser qu'à Dieu et au salut des aines » ^
Il était sincère : quand le roi et la reine-niôre quittèrent Tours, chacun de son côté, il ne suivit ni l'un ni l'autre et regagna son petit diocèse (le plus vilain de France, disait-il), résigné à être simplement, par amour pour Dieu, comme M. de Genève, un bon évéqu(; ^.
Le prince de Piémont et sa petite princesse gagnèrent Turin par Bourges, Moulins, Lyon, de sorte que François, entre les entrées solennelles, les harangues et les festins, put visiter tour à tour les premiers couvents de la Visitation. Tous rayonnaient de ferveur. Les dames de Chambéry en préparaient un autre, dont M°^^ Christine posa la première pierre. Après quoi, M. de Genève eut la permission de regagner Annecy. Sans en rien témoigner, il était excédé de révérences, de compliments et de fadaises ^. La princesse eût bien voulu le garder tout à fait; elle rêvait de l'avoir pour grand-aumônier. Il accepta cet honneur, mais à la condition que malgré ce beau titre, il resterait tout simplement gouverner son diocèse; et ce fut son frère Jean-François, le chanoine, qui suivit en son nom la princesse, à Turin *.
» A. XIX, 38. —2 A. XIX, VI;Qc. 11,310.-3 Y. 11,251. — * A. XIX,
GHAPITliE XXIX
Acrimonies .
ONSEiGNEUR rentré chez lui reprit son train habituel : confessions, conférences, aumônes et visites. Ses ouailles, dans la joie de le revoir, l'accablaient. Chacun avait à obtenir un service, un conseil, un mot; en dehors de ses offices, il ne pouvait même plus faire oraison ^. — « Mais, disait-il, je fais ce qui la vaut bien ». En servant son troupeau il gardait au fond de l'âme la pensée constante de Dieu et il lui offrait la peine qu'il prenait pour autrui 2.
Cependant, il se sentait vieillir : tous ces petits tracas étrangers qui lui passaient dans les mains à la suite l'un de l'autre, comme les grains d'un éternel chapelet, lui pesaient un peu. Il rêvait vaguement de pouvoir, un jour, échapper à cette contrainte, déposer la charge d'évêque, et rester dans la solitude, pour ne plus songer qu'à Dieu. Il lui semblait qu'écrivant à loisir quelques livres de piété dont les sujets confusément s'agitaient en son esprit, il eût peut-être mieux servi les âmes qu'au milieu du monde ^. Mais il disait avec indifférence : — « Si la divine Majesté le veut, elle m'en donnera le loisir; si elle ne le veut pas, je ne dois pas le vouloir non plus. » * Il disait encore : — « Il est commandé aux évêques de visiter leurs brebis, les enseigner, redresser, consoler : que je
' Bb. m, 173, 250. -— 2 G. 519. — - » A. XIX, 142, 321; D. 419. A. XIX, 322.
demeure toute la semayne en orayson, si je ne fay cela, je me pers ^.. Mais ce n'est pas tout. Il faut non seulement vouloir faire la volonté de Dieu, mais pour estre dévot, il faut la faire gayement. Si je n'estois pas Evesque, peut estre que sachant ce que je sçay, je ne le voudrois pas .estre; mais l'estant, non seulement je suis obligé de faire ce que cette pénible vocation requiert, mais je doy le faire joyeusement, et doy me plaire en cela, et m'y aggréer. » Et il se montrait si souriant aux importuns, il se donnait de si bon cœur à les satisfaire que tous s'imaginaient lui être agréables. En somme, ils avaient presque raison. François sentait pour toute l'humanité une si débordante alïection, un tel besoin de faire plaisir, de rendre service, qu'il ne lui déplaisait pas d'éprouver parfois des soupçons d'impatience. — « Les marques de bienveillance, disait-il, sont d'autant meilleures qu'elles sont plus forcées, moins naturelles, car elles marquent mieux l'empire de la raison sur les sens. » ^
Cette doctrine, la sœur Simplicienne ne l'avait pas comprise, et pour elle ce fut à cette époque la cause de grandes souffrances.
Au couvent d'Annecy, Monseigneur n'avait retrouvé, en fait d' « anciennes », que Simplicienne, Jacqueline Goste et la sœur de la Roche; les autres, peu à peu, s'étaient dissséminées dans les maisons récentes; et de nouvelles venues avaient comblé les vides, pleines de ferveur, comme leurs aînées.
Mais Simplicienne n'était plus la même.
Après le départ de M^^^ de Chantai, la nouvelle supérieure lui avait dit un jour, gaîment, pour plaisanter : — « Prenez garde que vous ne soyez une hypocrite. » ^ Simplicienne, incapable de prendre à la légère un mot d'une
1 A. XII, 347, 349. — ^ j, 9^ partie, II. — ^ Ac. 2.30.