‹ Saint François de Sales et ses amitiésChapitre 61 sur 68 · A. XIX · texte numérisé non relu

A. XIX

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« Mays, ce me dires vous, cela s'entend en certain cas. Il est vray, ma très chère fille; mais grâces à Dieu, nous sommes en ce cas-là, car nous aspirons h la p(^rf(5ction et voulons suivre celui qui disoil : « Ayant d(M{uoy boire et manger et dequoy nous vcstir, soyons contens de cela »; et crioit après les Corinthiens : « Il y a faute et coulpe en vous, dequoy vous avés des procès ensemble... Pourquoi n'endurés-vous pas plus tost qu'on vous défraude? » Et notés, ma fille, qu'il parle non à une fille qui aspire à la vie parfaite, mais à tous les Corinthiens; notés qu'il leur dit qu'il y a de la coulpe pour eux de plaider contre ceux qui les trompent, parce que par ce moyen ilz scandalizoyent les mondains infidèles qui disoyent : « Voyés comme ces chrestiens sont chrestiens ! »

« Oh ! me dirés-vous, ma fille, mon Père vous estes bien sévère tout à coup. Ce n'est pas tout à coup, certes; car dès que j'eus la grâce de sçavoir un peu le fruit de la croix, ce sentiment entra dans mon âme et n'en est jamais sorti. Que si je n'ay pas vescu conformément à cela, c'a esté par foiblesse de cœur, et non par sentiment..., et tant plus inexcusable suis je...

« Que de duplicités, que d'artifices, que de paroles séculières, et peut estre que de mensonges, que de petites injustices, et douces et bien couvertes et imperceptibles calomnies ou du moins des demi calomnies employe-t-on en ce tracas de procès et de procédures ! . . Laissés, laissés aux mondains leur monde : Deux mille escus et moins encor suffiront très abondamment pour une fille qui ayme Nostre-Seigneur crucifié. — « Mays, je n'aurois pas dequoy me faire appeller Madame, sinon par une ou deux servantes. — Et comment? Que vous importe-t-il

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