‹ Saint François de Sales et ses amitiésChapitre 62 sur 68 · A. XX · texte numérisé non relu

A. XX

que l'on sache que vous estes de bonne mayson selon le monde, pourveu que vous soyés de la mayson de Dieu?

— Oh ! mais je voudrois fonder quelque maison de piété.

— Dà, il est vray, ma très chère fdle, je le sçavois bien que vostre piété faisoyt planche à l'amour-propre. — Mais n'est-ce pas une bonne chose d'avoir le sien pour l'employer à son gré au service de Dieu? — Le mot « à son gré » fait éclaircissement de nostre différent. — Mais je dis : à vostre gré, mon Père, car je suis tous-jours votre fdle. — Or sus, mon gré doncq est que vous vous contentiés de ce que M. Vincent et M^^^ de Chantai aviseront et que le reste vous le laissiés pour l'amour de Dieu et l'édification du prochain, et la paix de mesdames vos sœurs, et que vous le consacriés ainsy à la gloire de l'esprit chrestien. 0 mon Dieu, que de bénédictions, que de grâces, que de richesses spirituelles pour vostre ame, ma très chère fille, si vous faites ainsy !... »

Cette lettre ne plut pas à M^^ des Goufïîers; elle n'y répondit pas; elle poursuivit avec entrain ses procès; et même elle réclama à M^^ de Chantai ou plutôt au couvent de Paris, dont elle avait été la bienfaitrice, un remboursement qu'on ne lui devait pas ^. M^^ de Chantai, par horreur des contestations, céda, et reçut de Monseigneur une lettre d'assentiment : — « 0 que la paix, lui disait-il, est une sainte marchandise qui mérite d'estre acheté chèrement ! »... ^ Puis il se lamentait sur M^^^ des Goufïîers, mais sans aucune aigreur, tout affectueusement : « ... Je voudrois bien regagner son cœur, car il me semble qu'elle n'en treuvera pas un qui soit plus pour elle que le mien... )>; et même tout triste de cette brouille, n'y pouvant plus tenir, il lui écrivit humblement le premier ^ :

— « ... Je crains enfin, si nous demeurons ainsy sans

Page 1