‹ Saint François de Sales et ses amitiésChapitre 65 sur 68 · A. XIX, 130. — 2 A. XX, 149, 210. — ^ A. XIX, 101. — * A. XIX · texte numérisé non relu

A. XIX, 130. — 2 A. XX, 149, 210. — ^ A. XIX, 101. — * A. XIX

ET SES AMITlflS 4'S.\

sacré; c;ir (:(!s piiiiC/CS <;l- piirl.iculiércjiK'iil, MiMlaïuc, h; veuleiil, ainsi avoir loiil fait vis(,(ïîîHMil ... {\r,\n \w, in'oiiricliit pas, il (isl vray, mais cola iirallc<^^<^ (;1, inr rioiiiK^ (|uelquc espérancii de mcî poiivoii- riiUrci' (1(^ la presse : cela vauL mieux ([u'uii chapeau (l(^ cardidal... » ^

Au bout de quelcjues mois, Jean-Frauçois de Sales vint rejoindre sou fi'èr(^ })Our l'aider eu sa charge. M. d(; Genève le reçut eu cérémonie aux portes d'Annecy; et durant trois jours, il lui céda partout le pas; c'était pour habituer le peuple à voir en lui son futur évéque. — « Il faut, disait-il, qu'il croisse et que je diminue. )> ^

Les premiers temps, ce coadjuteur donna à son frère un surcroît de besogne. Chaque jour, François consacrait plusieurs heures à faire de Jean-François un bon évêque; il lui enseignait les fonctions épiscopales; il lui exposait l'état matériel et moral des diverses paroisses et la valeur de leurs pasteurs; et il le faisait officier, prêcher, conférer les ordres en sa présence, et tenir sa place comme s'il eût dû bientôt mourir ^.

Ce jeune prélat (qu'on appelait : l'évêque de Chalcédoine) était intelligent et actif. François disait de lui : — « Il réparera beaucoup de fautes que j'ay faites en ma charge où je confesse que j'ai failli en tout, ormis en l'affection; mais ce frère est d'un esprit zélé, et ce me semble, brave homme, pour réparer mon meschef. » *

Pourtant, on voyait bien qu'il ne serait jamais un nouveau saint François : il avait l'aspect austère, parlait peu, congédiait sans peine les importuns, et manquait de suavité. Le peu que l'on sait de ses rapports avec son frère montre nettement leur dissemblance ^.

Un jour qu'ils lisaient ensemble l'Office, François fut appelé pour une confession, et celle-ci dura longtemps.

1 A. XIX, 194. — 2 G. II, 224; E. 424. — ^ G. II, 235; N. 382. * A. XX, 213. —s Y. II, 268.

A son retour, Jean-François impatienté sut d'abord se contenir; vite, ils reprirent leur bréviaire; mais ils s'étaient trompés de page. Quand ils s'en aperçurent, Jean-François éclata et tança rudement son frère. François répondit doucement que Dieu est trop condescendant pour se fâcher d'un si mince détail, qu'il se contenterait de ce nocturne-là, et qu'on n'avait point à recommencer ^.

Une autre fois, ce fut à l'heure du dîner qu'une pauvre femme demanda Monseigneur; elle aussi le retint longtemps. Quand enfin l'on se mit à table, Jean-François, hors de lui, exhala toute sa mauvaise humeur. François le laissa dire, puis il reprit : — « Je pense qu'il y a dans le monde une femme bien heureuse; devinez qui elle est. » Jean-François, étonné, proposa plusieurs noms. Quand il eut bien cherché, son frère, en souriant, lui dit que c'était celle qu'il eût épousé, lui, Jean-François, s'il se fût marié : — « Comme vous êtes bien prompt, vous l'auriez bien fait souffrir. » Puis il changea de ton : — « Voyezvous, nous autres évêques, nous ne devons jamais nous refuser à personne, si nous voulons faire notre devoir. Il faut que nous soyons comme ces grands abreuvoirs publics où tout le monde a droit de puiser, où non seulement les hommes, mais les bêtes mêmes viennent se désaltérer. » ^

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Derniers mois et mort de saint François. (1621-1622)

u xi^ siècle, saint Germain, abbé de Talloires, s'était retiré sur les monts qui dominent son couvent; dans une grotte isolée, il avait vécu longtemps ^ François de Sales, en réformant l'abbaye dont les moines jouaient du pistolet, était monté à cette grotte et à la chapelle voisine, très délabrée, où saint Germain reposait sans honneurs, et il avait prié les moines de la restaurer. Quand ce travail fut achevé, le prieur de Talloires avertit Monseigneur, en 1621, qu'on l'attendait pour bénir ce sanctuaire. Il s'y rendit au début de l'automne.

Tandis que son frère célébrait la messe 2, « il demeuroit immobile et comme tout ravy en ecstase, tenant les yeux fichez sur le sépulchre jusques à ce que, les cérémonies faictes, il ouvrit luy-mesme la châsse, monstra les reliques au peuple, fit toucher les chappellets des uns et des autres, mit tous les os et les cendres dans un petit coffre tout neuf et fort bien orné et, ayant chargé ce doux fardeau sur ses espaules ensemble avec son frère, fit la procession solemnelle autour de l'église, arrosant la terre de ses larmes; après quoy, il fit une très fervente exhortation au peuple. Pour lors, le ciel estoit entièrement couvert de nues espaisses, noires et blafardes, et selon l'observation de tous les habitants de ces lieux-là, on atten-

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