‹ Saint François de Sales, humaniste et écrivain latinChapitre 103 sur 115 · Id. p · texte numérisé non relu

Id. p

BUHANISHE ET I

rrS FRANÇAIS

qui sonl plongés en Dieu'. I^es mères-perles s'ouvrent du côlé du ciel pour recevoir les goulLes de rosée, comme les âmes pour recevoir les gouUes de la g'râce*. « Le petit admirable poisson que l'on nomme er.liineis, remore, ou arresle nef », a le pouvoir d'arrêter le navire cinglant en haute mer à pleines voiles, comme noire « franc arbitre», si faible, a le pouvoir de s'opposer à la volonté toulepuissantc de Dieu ■*. La lanterne de mer, « au plus fort des tempesles », tient sa langue k hors des ondes », « laquelle est si fort luisante, rayonnante et claire, qu'elle sert de phare et flambeau aux nochers », comme Jésus-Christ, dans sa Passion, tenait « la pointe de l'esprit » « toute claire et resplendissante de gloire et félicité », au-dessus de l'océan de douleurs et d'humiliations oii il était plongé *. Les « chères avetles », « mouches si vertueuses », étant mortes, le soleil ressuscite leurs corps noyés ; un rayon du soleil de la grâce ressuscite les bonnes œuvres mortes''. Les rossignols qui passent quinze jours et quinze nuits sans cesser de chanter, et les cigales qui ont la poitrine « pleine de tuyaux », comme si elles étaient *. des orgues naturelles », sont l'image des âmes consumées de l'amour de Dieu ''. Etc.

On a pu juger un peu, par cette simple énumération, de l'exactitude de ces comparaisons. On a pu voir, on a pu sentir aussi qu'il y a là beaucoup de poésie, beaucoup d'agrément littéraire, surtout pour des lecteurs épris do l'antiquité comme les contemporains de saint François de Sales, qui ne souciaient guère de savoir si toute cette poésie avait un fond de vérité scientifique.

Un autre caractère de ces similitudes, c'est qu'elles sont plus développées que celles de Vlntrndaction à la oie dévote, quelques-unes jusqu'à devenir de vraies allégories, qu'elles sont moins itripersonnelles, que l'auteur y met plus de son imaginalion et de son cœur.

« L'berbe aproxis reçoit et conçoit le feu aussi tost qu'elle le void ; nos cœurs en sont de niesme '... » Voilà une comparaison de Y Introduction de la vie dévote; il est vrai que c'est une des plus courtes. Il l'a reprise dans le Traité de l'amour de Dieu, en l'appliquant non plus à l'amour profane, mais à « la sacrée complaisance » qui « donne notre cœur à Dieu w ; et voyez comme le ton est différent: « Quand donques par cette allraclion elle s'est unie au feu, si elle sçavoit parier, ne pourroit elle pas dire: mon bien aymé feu est mien, puisque je l'ay attiré a looy, et que je jouis de ces flammes ; mais moy je suis aussi a luy, car si je l'avois tiré a moy, il me réduit en luy comtue plus fort et plus noble: il est mon l'eu et je suis son herbe, je l'attire et il me hrusle. Ainsy noslre cœur s'estant mis en la présence de la divine bonté et ayant attiré les perfections d'icelle par la complaysance qu'elle y prend, peut dire en vérité : \ar bonté do Dieu est toute mienne, puisque je jouis de ses excellences, et moy je suis tout sien, puisque ses contentemcns me possèdent ~ »,

Une de ces comparaisons, celle de la vierge de Vile de Sestos^, en nous offrant un très bel exemple des allégories dont nous parlions, nous donne occasion d'étudier la manière dont saint François de Sales développe, agrandît et embellit un sujet que lui fournil raDti(|uilé. Cette histoire de Pline tient en trois lignes dans l'original '.

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