‹ Saint François de Sales, humaniste et écrivain latinChapitre 108 sur 115 · Ouvr. cité, p. lîô · texte numérisé non relu

Ouvr. cité, p. lîô

aUHAKlSUE BT ECRITS FRANÇAIS

Vaugelas dit de l'orateur : « Mais surloul il excelloit en I propriété des mots, dont II Faisoit un choix si exquis que c'esloit ce qui lerendoit ainsy leiiL ettardif a s'expliquer^». L'Académie l'a mis au nombre de ceux « qui avaient écrit le plus purement notre langue^ ». Vaugelas, grand admirateur de saint François de Sales et fils de son plus Intime ami, a pris Coetfeleau comme modèle pour ses Remarques sur la langue française. Il semble bien qu'il eût pu prendre aussi comme modèle l'auteur, non pas des Controverses, ni de Vlnlrodaciion à la vie dévote, mais du Traité de Famoar de Diea. Il semble que la langue du Traité de Famoar de Dieu ne date guère plus que même le Floras et VHisloire romaine de CoefFeleau ', et saint François de Sales est un bien plus grand écrivain que CoetFeteau,

Qu'on tente l'expérience sur tel ou tel livre, les deux premiers, par exemple, remplis de la plus tïne psychologie. Qu'on étudie telle analyse particulièrement délicatCj la difFéreuce entre espérer et aspirer (p. i4i)i '^ difFérence entre la complaisance el Vamoar (pp. ^2 et 43), ou la convenance qui cause l'amour, laquelle « ne consiste pas tous-jours en la ressemblance, mais en la proportion, rapport ou correspondance de l'amant a la chose aymée (p. 48) » ; qu'on suive ces longs développements où les mots s'appellent ou s'opposent de loin à travers de longues périodes clairement ordonnées, artistement travaillées jusque dans le détail le plus minutieux ; et l'on se rendra facilement compte qu'il faut savoir très bien le sens propre des mots, par la connaissance de leur origine surtout latine, pour les assembler et les opposer ainsi, pour les faire ainsi valoir par d'habiles rapprochements. Il use parfois de sa connaissance du lalin pour définir avec précision le sens

t. Id., p. Lïxvi.

3. cr. Urbain, Nicolas Coeffetes tiuclioji de Ftorui el l'IIisloire toj d, Coeffele^u.

n particulier cliftp. Vil: La Irae, el cliap. VIII: Langue et Slylm

d'un mot français : « Si nous aymons simplemenl l'ami, dil-il, sans le préférer aux autresj l'amilié est simple; si nous le préférons, aihors celte amillé s'appellera dilection, comme qui diroit amour de eleclion, parce que enlre plusieurs choses que nous aymons, nous choisissons celle la pour la préférer ' » . Ou encore : « El de fait en noslre langage mesrae, les molz de cher, chèrement, enchérir, représentent une certaine estime, un prix, une valeur particulière ^ », Il se plaît à ces études de mois, chaque fois qu'il en trouve l'occasion.

Dans la langue des Controverses^, très vive, très alerte, faite presque exclusivement, dans des pages eiyières, de tours inlerrogalifs, et dont M. Strowski dit, avec quelque exagération, qu'elle est « plus grammaticale, plus correcte, plus régulière, plus moderne mille fois que celle de V Introduction à ta vie déuote ou du Traité de f amour de Dieu * », on trouve encore bien des latinismes, qui ne sont pas sans charme, qui contribuent à la naïveté de ce vieux langage regretté par Fénelun, mais dont la langue française et même la langue de saint François de Sales se corrigeront peu à peu.

On y trouve les relatifs : (/in\ équivalent de tjiiod, et représentant tout un membre de phrase (p. i8i,etc.); dont, équivalent de unde pour marquer une conséquence, et qui sera remplacé par (/'o«; làoà, qui chez Coeffeleau ^ est déjà remplacé par au lieu que (p. 3, etc.).

On y trouve des phrases comme celies-ci, qui semblent calquées sur la construction latine : « Il ni a celuy qui puisse lire ce qu'en escrit Vincent le Lyrinois... (p. 53). » — « J'ay donq mis icy quelques principales raysons do

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