‹ Saint François de Sales, humaniste et écrivain latinChapitre 109 sur 115 · T. IV, p · texte numérisé non relu

T. IV, p

*. Outr, cité. p. 99.

S. Cf. Urbain, ouki-. cilè. p. 308.

la Foi calliolique, qui monslrenl ctairemenl que tous ceu; sou! en faute qui demeurent séparés de l'Eg-lise catholique (p. 4). » Il n'y aurait rien à changer à l'ordre des mois pour traduire en lalio : « 11 ni a celuy qui puisse... » et ; ({ tous ceux sont en Faute qui... »

Il faudrait peu de changeraenl aussi pour remettre eii latin ces impersonnels: il appert (p. 377), U succède^ (p. 3i3) et ces tours : « Il appert donques par ces paroles

de Saint Pol que la prière (p. 377). » — « II succède

que nous remarquions. . . (p. 2 1 3). » Quelquefois le tour d phrase où entre l'impersonnel est encore plus latin : qu'il en soit ainsy, î! appert évidemment (p. 11 5). » Ici l'inversion, s'ajoutant au reste, ne laisse rien à désirer.

On y trouve des propositions infinitives, qui imitent d'aussi près que possible la proposition înHnitive latine: « Le voyla enfin haeretique, excommunié... périr au déluge de sa propr'opinion (p. 53). » — « Si vous dites estre pai tout perdue celle que les apostres avoient semée, nous v respondons... (p. 65). »

L'emploi du pronom relatiF à genres distincts, lequel^ laqaelle, est un des grands moyens par lesquels, au XV^ et au XVl^ siècle, on a modelé la période Française sur la période latine '. De là des périodes comme celle-ci; « , sçay, quelques ministres y ont esté, mais ilz sont allés ave< appointement humain, lequel quand il leur a failli ilz sont revenus sans faire autre... (p. 119). »

Une construction périodique, plus compliquée et auss évidemment calquée, avec etTort, sur la construction périodique latine, est celle-ci : a Sa conception d'une Vierge hors le cours naturel, ce qu'il n'a point dédaigné de s'j loger pour nous, ce qu'il est né avec pénétration dimension, action qui surmonte et outrepasse la naturj d'un cors, m'asseure et de la volonté et du pouvoir. J

Cf. F. Brunot, La langui littérature TrançaiBe, t. m

au XVi' siècle, His' p. 845.

(p. 337), )) On ne la trouve plus après les Controoerses. Les latinismes abondent dans V/n/roduciion à la oie dévole, ouvrage plus savant, ouvrag-e où saint François de Sales, quoiqu'il ait dit qu'il ne faisait pas « profession d'eslre écrivain * », commence vraiment à être écrivain et auteur.

Ces itérationn de synonymes que M. Bébelliau ^ signale, à juste litre, comme un des caractères de sa langue et de son style, c'est dans V Introdactton à la vie dévote ^ qu'on les rencontre surtout; on peut dire qu'ils y foisonnent. Saint François de Saies écrit : « Pensées et cogitations (p. 87) ; repeter et reprendre (p. 85) ; blasmables et vituperables (p. i/(4) ; divertir et dissuader (p. 117); aspres et rigoureuses (p. 17); guide et conduise (p. 22); advis el conseilz (p. 23); corrigé et remédié (p. 24); esmonder ol tailler (p. 25); dédie et consacre (p. 33); vacation el profession (p. 85); suade et exhorte (p. 117); réelle et effectuelle (p. 189); mespris et conlcmnemenl (p. 23i); habileté el industrie (p. 2^8) ; imbécillités et infirmités (p. 267), etc. » C'est par centaines que nous pourrions citer des exemples de ces .synonymes. La langue latine aime ces répétitions, pour la précision de l'idée el aussi pour la plénitude el l'ampleur de l'expression, jfour la symétrie el l'harmonie de la phrase. C'est, en partie, à ces synonymes que Montaigne pensait, quand il reprochait à Cicéron «certaine longue cadence au bout de ses clauses». Or, il semble bien que cette habilude littéraire de l'auteur de Vlnfroduclion à la vie dévote vienne de la langue latine, et qui sait? peut-être de la lecture de Cicéron.

On trouve dans V Introduction à la oie dévote des mots employés au sens latin; «l'unique Apelles (p. n)»; « certaines actions extérieures appartenantes à la sainte devolion (p. i4) » ; « on recite devant des filles (p. 243)».

. T. IV, p. 14.

, Art. cité. p. 385.

168 HUMAMSME ET lÊRRlTS FRANÇAIS

On y trouve en assez grande abondance des mots formation artificielle : « deieclations (p. 3o) ; sapienci {p. 24); odorer (p. 36); vitupère (p. 117); suade (p. 1 17)^ vîtuperables (p. i44); ma§:nifier (p. i49); efFecluelleS' (p. 189); contemneraent (p. 33i); expug'ner(p. 298), etc.» Ce qui est surtout remarquable, c'est que l'auteur del'/n/roduclion unit assez souvent à un mot du vieux fond français, un mot d'orig-ine savante et arlificiellej de ce mots écorchês du latin, dont Ronsard lui-même, en* présence de d'Aubigné, recommandait, comme par testament, à ses disciples, de se garder '. Il écrit : < pensées et cogitations (p. 37) ; repeter et reprendre (p. 85) ; blasmablesetviLuperab!es(p. i44); reeneetefFecluelle(p. 189); mespris et contemnement (p. aSi); je le suade et en exhorte (p. 117), etc. ». Cette habitude, on la rencontre même dans la correspondance de celte époque; il écrit : « cloué et affigé à ces montaignes ^ » ; « marais et paluds ' » ; c'est d'ailleurs dans des lettres à des gens très doctes que l'on trouve çà et là ces latinismes artificiels. 11 semblerait bien qu'en cela l'auteur de V Introduction à la vie dévote eût cédé à une tentation d'auteur, à la tentation de paraître savant.

On trouve, en bon nombre^ dans V Introduction à la vie dévote, des constructions absolues pareilles à l'ablatif absolu des Latins : c< Ainsy je me prometz que, conduisant ses chères brebis aux eaux salutaires de la dévotion, il rendra mon ame son espouse (p. 11)». Ou y trouve, en 1res grand nombre, des participes présents employés avec le sens du gérondif, des gérondifs, comme on disait alors: rt Dieu ne vous a pas mise en ce monde pour aucun besoin qu'il eusl de vous, qui luy estes du tout inutile, mais seulement affin d'exercer en vous sa bonté, vous donnant

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