Padoue, !5 mars 1501, tcf
o JKUNES5E HUMANISTE DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
dit, sur un Ion d'enthousiasme presque lyrique et sans crainte d'effaroucher sa modestie : a Comme d'après les fruits que vous produisez, vous êtes réellement et vous passez pour être de tout le monde littéraire l'arbre le meilleur, c'est vous que je me proposais nuit et jour comme ud modèle que je regardais sans cesse et sur lequel j'essayais de nie former, non seulement parce que personne ne vous dépasse et que vous avez peu d'ég;aux, mais parce que les exemples de notre province, de notre patrie, el, si je puis dire, de notre foyer, ont je ne sais quoi de plus énergique et de plus efficace'. » De son côté, Antoine' Favre, qui le prévint et lui envoya la première lettre, lui dit qu'il le connaît à peine de figure, mais qu'il le connaît 1res bien de nom el que la renommée lui a appris sa grande vertu el ses rares qualités d'esprit *. L'enthousiasme dans l'éloge est tout pareil. Antoine Favre était, parait-il, déjà célèbre. François de Sales, en bon palriole, était fier de cette gloire de la Savoie ; il aspirait à l'amitié de cet illustre personnage; elle vint spontanément avec aulant d'ardeur qu'elle était souhaitée. Il en est de ces deux amis comme de Montaigne et de La Boétie ; ils s'embrassaient par leurs noms avant de se connaître.
M. Strowski trouve ces lettres ennuyeuses, avec leurs compliments et leurs plaisanteries de collège, avec leurs périodes trop élégantes el trop bien tournées, avec leurs jeux d'esprit et de mots sans grâce et sans vivacité^. Malgré ces défauts ou à cause même de ces défauts, elles sont un document sur la vie, sur le tour d'esprit el le caractère de saint François de Sales, dont M. Rébelliau a reconnu l'importance *. Cette correspondance est de beaucoup la partie la plus considérable el la plus inléres-