Milieu de novembre 1591, iii., p. Sa
noire Pomponius au sujet d'Attilius ReguUis, qu'envoyé en embassade de Carlliage à Rome, il ne lui parut pas qu'il fût entré à Home légalement et jusieraent, parce qu'il avait dit qu'il relournerail à Garthage ». El Favre le félicite d'avoir tenu son serment comme Regulus, et se réjouit d'avoir appris par une autre source que les lettres de son ami la prochaine conversion du baron d'AvuIly, gage et prémices de beaucoup d'autres, victoire qui laissait présager le triomphe '.
C'est de la forteresse des Allinges qu'étaient datées les premières lettres de la mission du Chahiais. Il date de Thonon même celte belle déclaration de guerre du 7 mars i5y5: « Enfin je suis descendu à Thonon; que l'ennemi attende une lance très excitée à frapper par l'ennui d'un long retard. Puisque, attaqué des hauteurs de ma citadelle et comme de loin, il a négligé de justes conditions, je vais lui livrer maintenant de près le suprême assaut ; il l'emporte par le nombre; nous l'emportons par la justice de la cause (potior est numéro, at nos caasa)^ w.
Voici enfin des conversions qui comptent. La joie réveille dans l'apôlre du Chablais le sentiment poétique, et c'est en ces termes gracieux qu'il annonce, le 11 avril 1695, la conversion d'un homme très considérable, l'avocat Poncct : « Enfin voici blanchir quelques épis de celte grande moisson; si dans une saison si malheureuse je ne les recueille pas à temps, il est à craindre qu'un souffle plus puissant venu du Nord (car c'est du côté de l'Aquilon que vient tout mal, selon le Prophète) ne passe sur ces terres et ne disperse les grains de la vraie foi. Au nombre de ces épis est Pierre Poncet. » Puis vient une comparaison d'un goût moindre : « Donc je reste à cause des douleurs de ce premier enfantement qui arrive au septième mois
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(spplimestris parlas) ' » ; il est en mal d'un enfant qui arrive avant terme. Celle gaité ne dura pas. Un mois après avoir écrit cetle lettre poélique et de si belle liumeur, il fail allusion à une lettre qu'il a écrile à Favre sur la question de savoir s'il devait continuer ou abandonner l'entreprise (r/e rébus nosiris Chablasianis vel promouendis vel l'fmoDendis)'^ Puis, à la fin de mai, il écrit d'Annecy: « Je me dispose liàtivemenl, mon frère, à retourner à Tlionon, vous seul m'approuvant, ce qui suffit ^, » Le voici encore, le 2 août iBgS, tout proche d'abandonner l'entreprise et de la laisser à d'autres : « J'ai résolu de ne déposer le fardeau de celte moisson de Thonon, trop lourd pour mes épaules, que si vous l'ordonnez; cependant je continue à préparer de tout mon pouvoir de nouveaux ouvriers pour cetle œuvre, et à leur chercher des moyens de subsistance; mais je n'aperçois nul lerme, nulle issue parmi ces ruses infinies de l'ennemi du genre humain '. » Le 18 septembre iSgS, il se reprend à espérer. « Mon frère, une avenue plus large et plus belle {latior simul et laetinr palet... nclilas) s'ouvre devant moi pour entrer dans celte moisson de chrétiens. Hier, il s'en est fallu de peu que le baron d'AvnlIy et avec lui les syndics de la ville ne vinssent ouvertement au sermon, parce qu'ils avaient entendu dire ([ue je discuterais sur le très saint sacrement de l'Eucharistie. Ils avaient un tel désir d'entendre le sentiment et les raisons des catholiques sur ce mystère que, n'osant pas encore venir ouvertement, de peur de paraître oublier leur loi, ils m'entendirent d'un endroit retiré d'où ils ne pouvaient pas être vus, si toutefois, à cause de la faiblesse de ma voix, ils purent m'entcndre ^. » Il ajoute : « Dans cette
;, pp. 123 et 1 li 1595. û(., [ nai 15^, id.,
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chasse (uenalione), j'ai fuit encore ceci : je leur ai promis de leur démontrer par des argumenls plus clairs que le jour la vérité de ce dogrne » ; il appelle plaisamment ces promesses : « rodomonteis proposilionibas o, des rodomontades; et il espère qu'elles les attireront; car ce serait làclielé de ne pas oser descendre dans l'arène, quand la religion catholique est défendue par « un petit homme » {homiincio) comme lui '.
Ce qui le décourageait surtout et qui faillit, nous l'avons vuj lui faire quitter la partie, après un an d'efforts, c'est que le duc de Savoie, Charles-Emmanuel l", semblait s'en désintéresser et laissait celte petite mission catholique dont il était le chef, seule et sans secours extérieur, aux prises avec l'hostilité oljstinée des protestants. Il en souffrait, il s'en plaignait. Nous trouvons dans ses lettres à Favrc un écho discret de celte peine. !l écrivait à la fin de mai : « Dans quatre mois, c'est-à-dire mon année achevée, si chacun ne remplît pas fidèlement son devoir dans cette affaire, je suis disposé à ne plus me laisser retenir dans cette charge par une autre parole que par la vôtre. Je parlerai plus clairement. Presque tout le monde croit que nous sommes dans cette province en dehors de la volonté du prince, et la plupart même contre sa volonté, et ce n'est pas sans raison. C'est un grand argument que le silence, quand le moindre mot suffirait; c'en est un aussi de voir, au milieu des domaines de l'Eglise, des hommes vivre d'une vie précaire et au jour le jour ^. u Et Favre, lui aussi, s'affligeait de celle abstention du pouvoir civil dans une affaire religieuse: «J'en viens, écrit-il à François le 20 juin i5g5, à votre seconde lettre; j'y ai vu avec un très vif plaisir que vous ne relâchez rien de votre ardeur première, et que vous ne négligez rien pour que si (ce qui me fait horreur à penser) l'afFaire ne réussit pas, on ne