‹ Saint François de Sales, humaniste et écrivain latinChapitre 20 sur 115 · I. T. w, p. îo · texte numérisé non relu

I. T. w, p. îo

!, Sd., pp. 18 ei 3. Ibid., p. 23.

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malgré leur exagération et leur affectation, les prendre au sérieux. « L'amitié, dit Frant^ois de Sales dans une de ses lettres, est la meilleure de toutes les choses ' » ? Ils la réalisent pour leur part, du mieux qu'ils peuvent; ils ont l'air de la goûter pleinement.

Veut-on quelques témoignages de cette amitié qui semble avoir toute l'ardeur de l'amour? « Bene vale, mi Fraler suavissime, amantissime, dulcissime* ». Voilà comment François finit une lettre. Et voici comment Favre en finit une de son côté : « Bene vale, Prater dulcissime, suavi»sime, mellitissime, iteruni alque iterum vale^w. Favre annonce à Frani;ois, déjà occupé à évangéliser le Cliablais, qu'il s'en va visiter le château de Sales et voir toute la famille de son ami. <( Nous ferons, dit-il, comme j'en ai la confiance, une chose très bonne pour nos parents, et pour moi d'autant plus agréable et plus charmanie que je n'aurai plus seulement à me souvenir de vous, mais que je verrai votre image pour ainsi dire peinte sur le visage de votre mère*)i. 11 brûle du désir de revoir François retenu loin de lui dans le Chablais, et il exprime ce désir de telle façon que la phrase latine est presque intraduisible : « (Juid enim ardentius cupîam quam te videre et Salesium meum, c]uid meum? imo meissimum, aul, ut Ifindcm dicam cxpressius, meipstssimum totis ocutis, brachiis et sensibus amplecli, totque et tam eiiixis amplexibus faligare^». Peut-on exprimer plus fortement, mais aussi hélas! avec plus de mauvais goût, cette identification propre à l'amitié, que par celte gradation : meum, meissïmam, meipsîssimum'l 11 ne reste à cet ami séparé de son ami (|u'une seule consolation, le

voir par ses lellres (cai unum restai absentiae tiiae solatium, si per lltteras te vùleam)^. Des deux amis, l'amitié s'étend à toute leur famille. Nous avons vu tout à l'Iieure Favre appeler les parents de François «nos parents». Les deux familles sont communes. M. de Boisy est appelé couramment par Favre notre trèn bon père (parenlem nostrum optimum) *, toute la maison de Sales noire maison de Sales (Bene voie, Fraier snavissimp, et me, at soles, amare perge, Salesiisqae nostris et Salesianis omnibus, ïtemqae con/ratribits, plurimam si placet, salutem)^. François, de son côté, envoie son salut à Madame Favre de cette manière : « Suavissimae sorori, conjugi tuae clarissimae et cliarissimae* ». Le nom de Favre (faber, artisan) offrait trop de ressources el était trop propre aux jeux de mots pour que François le nég-ligeâl. Il termine ainsi une de ses lettres: « Sed tu, mi Frater, inter tuam Fabram Henedictam clarissimam, liiosqueomnes fabroset fabritios bene vale et me, quod faciSj ama^». Favre écrit de son côté : « Fabricelli tui omnes te salutant et quae tôt Fabros fabricata est soror tua Benedicla Fabra* », François écrit aux aînés de ces nombreux enfants dont fut Vaugelas, et il leur dîl que c'est pour deux raisons, pour répondre à leur aimable lettre et pour en demander une seconde, la première ayant été endommagée par la lecture répétée qu'il en a faite''. Il leur conseille d'avoir nuit el jour les yeux fixés sur le magnifique idéal que leur offre la vie de leur père: « Ainsi, vous qui éles maintenant de tout jeunes apprentis, vous serez un jour, sortant de cet atelier, des

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