Id., p
S. A. Rbbulliau, ;
leçons d'une même phrase. En pleine mission, en pleine moisson laborieuse du Chablais, dans la forteresse des Alling-es ou à Thonon, il écrit conciencieusement son brouillon d'un bout à l'autre, avec autant d' hésita lîonSj de surcharges, de ratures ', que s'il était de loisir au château de Sales ou à Annecy. Ce travail littéraire était un divertissement qui le reposait de ses autres travaux. François de Sales ne se trompait pas tout k Fait quand il disait que Favre était de beaucoup supérieur à lui comme écrivain et comme latiniste. Qu'on nous permette de citer pour exemple une phrase de Favre prise d'une de ses premières lettres: « Nam quod iis usu venire solet qui longiore absentis aut defuncii alicujus desiderio torquentur, ut ea (lemum recreari se sentianl, si non solum amici memoriam diligenter et relig-iose, ut par est, colanl, sed etiam exactissima naturae imitalione, quantum arte cffing-i polest, ejus quasi praesentis imag'inem oculis suis inluendam objiciunt, id ipsumnobis, quolquot ad virlutem contendimus, faciendum existimo ; ut quoniam admirabilem ejus pulchrïtudinem qualis quanlaque est, ne animi quidem cogitatione assequi possumus^ eos saltcm nobis ad anianduin et imitandum proponamus in quibus vivani iila sui ertigiem eleg-antioribus el aplioribus, ut ita dicam, coloribus depinxerit ^. » Dans cette phrase, et dans beaucoup de lettres, surtout dans celles du début, quand ils n'ont encore rien A se dire, l'art est très grand, le fond est