‹ Saint François de Sales, humaniste et écrivain latinChapitre 23 sur 115 · Car ce qui arrive d'ordîn · texte numérisé non relu

Car ce qui arrive d'ordîn

ai

B, que ceux que tourmente la trop long

regret d'un absent ou d'un mort

Bflntent consolés et réconfortés si, non

contents d'entretenir avec soin

religieusement, comme il convient, le

souvenir de leur ami, ils tSclie

de le mettre sous leurs yeux et de se

rendre présente eon Image par

un

e représentation très fidèle de ce qu'il

était, cela même je crois que

ne

us devons le faire, nous qui tâchons

d'atteindre a ta vertu ; comme

us no pouvons même pas nous faire en

esprit nne idée de ce qu'elle e

en réalité, dans son admirable beaulé,

□oua proposons à noire amour

à notre imitation ceux en qni elle a

tracé et peint de ses couleurs les

Pl

UB délicates et les plus vraies sa vivante

image (t. xi, p. 31^1. >

JEUNESSE HUBUNISTK DE SAITfT FRANÇOIS DE SALES

presque nul. Ne pourrail-on pas dire en quelques mois simples^ lout ce que dit celle phrase de saint François de Sales si travaillée ? « Cum vero non solum specienij sed ne quideni spécimen lam expressae virlutis in me ullum posl aliquol annos vîderem, meae tenuîtatis mîhimet salis conscius, videndî le coram el audiendi manebat consilium ; ac luae in me benevolentiae, si quo fierî possel modo, promerendae tanlo Icnebar desiderio, ul corn îllud amplius aninms meus capcre non posset, omnis modestiae ruplis repaculis, nisi brevi per aliquam occasionem Hcenliam impelrassem, opporlune, importune, ipse qualis qualis sutii tirunculus ^ravissimiim senalorem in suavissimum amundi certamen evocare non dubitassem.Si Les lettres deviennent plus intéressantes quand ils ont ud sujelj quand il s'ag'it de la dig'nité du sénateur de Savoie pour François de Sales, de son sacerdoce, des missions du Chablals. Alors, surtout pendant ta mission du Cbablais, ia manière change ; nous avons pu en jug:er ; voilà enfin on vrai et grand sujet, et digne de belles et sérieuses lettres d'amitié. Mais, même alors, il y a trop d'art^ un art cherché trop loin du naturel; les choses les plus simples ne sonl pas dites simplement. Rentré dans sa forteresse des Allinges, après une journée de rude labeur, François se délasse à composer des périodes latines longues el compliquées. Parfois cela ressemble, disons-le, â un pur galimalias; « nugas et ineplias », bagatelles et futilités*,

t. < Cependant, comme apri^B quelques BDQéea, je ne voyais pas paraître en moi non saulement l'image, mais la moindre trait d'une vertu si frappante, conacient de ma petitesse, le désir persistait an moi de voua voir et de vous entendre; et j'étais tellement possédé du désir de mériter par tous les moyens poEsibles votre bienveillance à mon égard que, comme mon &me oe pouvait plus contenir ce sentiment, roiopaut toutes les entraves de la modération, si je n'en avais obtenu bientôt le pouvoir par quelque occasion favorable, tel quo je suis, moi humble novice, je n'aucaia pas hésité U provo(;uer un très grave sénateur en champ clos pour la très douce lutte de l'amitié • (t. xi, p. 20).

JSUHESSE BUMAIflSTE DE BAINT FEUNÇ0I8 DE SA.LBi 27

le mol de Favre pourrait s'appliquer à beaucoup de ces phrases, sinon de ces leLlres, el Favre est aussi coupable fjue François. Parloul l'arl de Favre est plus grand; il esl plus mailre de la lang'ue laline, plus habitué à la manier; les phrases de François sont composées avec plus d'arlitice el plus difficiles à comprendre. A partir de la mission de Chablais surtout, les lettres de François l'emportent sur celles de Favre pour le sérieux, la gravité du ton, la sincérité de rémotion. Que le sujet soit sérieux ou futile, le grave défaut de ces Icltres d'amitié est toujours de ne pas couler de source. Les deux arais se reprochent comme une faute de- faire parfois ces lettres, de premier Jet et à la hàle; « raptim scribere cogor' ». Ils regrettent de n'avoir pas le loisir d'y mettre plus Ae. politesse « politiores facere ocium ^ » . Quand le temps leur a manqué pour faire très bien, à leur gré, ils disent; « Ceci est improvisé (ex temporel, comme vous le remarquerez^ ». — « Je ne veux pas vous offrir en guise d'élrennes cette lettre si mal composée et, comme vous le remarquerez, improvisée*». Plus ces lettres sont composées arlistemeut et compliquées, plus ils semblent j prendre de plaisir. « Toutes les fois que je la prends, écrit Fran<;ois de Sales, de la première lettre de Favre, je la lis el la relis sans lln^ ». Lire une lettre de Favre, c'est pour François quitter l'obscurité (Tune petite maison pour aller contempler de magnifiques jardins pleins de Jleurs et là respirer avec volupté un air chargé des plus agréables senteurs" ; c'est goûter un rayon de mieP. On use ces lettres à les lire et à les relire*.

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