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». Id., p. 110.
« Je mets plus de soin et j'ai plus de plaisir, écrit Favred a lire vos leLlres qu'à polir les miennes' ».
Ils aiment les jeux de mois, les allitéralions, les anli— thèses. Nous les avons vu déjà jouer sur le mol a faber».^ Ces jeux de mois suc Favre abondent ; « Quare, quodl anlea sperabamus, erinius simul, Fralor amantissim hisce liberalibus, si, întra Fabricarum limina, Fabrum viderint Fabricenses* ». Cela veut dire: « Ainsi, comme nous l'avons espéré, mon bien-aîmé frère, nous passerons ensemble ces jours de Jiberlé si les Favcrgiens ont 1 bonheur de voir Favre à Faverges ». Pour remercïeri Favre de lui avoir procuré une amitié illustre, François d Sales dit: « Factum hoc quidem fabre est ^ », — « Fabricasli amicum quantum alioquin ne Neslorea quidem aetate meis meritis consequi poluissem*». A cet égard, François de Sales dépasse de beaucoup son correspondant. Il rapproche accedente de discedam; a ergone te accedenle . discedam'?^ h et ii n'y a rien là que de louable. II rapproche | aussi o/'ede a«re(cum praesertim me non ejusmodi juvenem^fl crederem (|ui in ore vel aure cujusquani purpuratorum pa*) trum venissem *) ; pour dire : je ci'oyais que jamais sénateufS n'avait parlé ni entendu parler d'un tout jeune hommel comme moi. Il blâme son ami Favre, qui a déclaré souveni| qu'il souhaitait de voir son nom écarté de l'oreille et de la: bouche des princes {ab ore et aure princtpam quam\ longissîme abesse'^), d'avoir pris plaisir à entendre louera celui de François de Sales par le duc de Savoie; et, dansa là même lettre, parlant des prieurés de Talloires et del
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JEUHB9SE HUMANISTE OG SlÏNT FRANÇOIS DE SALEl
Saint-Jorioz que peut-ôlre il avait été question de loi donner comme bénéfices, il dit : « Quod aulem altinet ad prioralus,prior ratas siim egorael nihil ad me spectare '»; et c'est en jeux de mois et même en calembours qu'il exprime son désintéressement et son humilité. Ce n'est certes pas dans Cicéron qu'on trouverait une fin de lettre comme celle-ci de Favre: ce Nec aequum est ul absente me valere jubeam qui absente te vix valere possim^». Les vrais latins de la bonne époque, épris eux aussi d'allitérations, étaient plus simples quand Ils voulaient avoir de l'esprit.
Ils exagèrent naturellement et sincèrement. « Pour trouver un homme qui ne vous connaisse pas, dit Fran^-ois de Sales, il Faudrait sortir de noti'e hémisphère^ ». Comme Favre a dédié à son ami un livre de poésie intitulé; «Centurie première de sonnets spirituels de tamoar divin et de la pénitence^, et comme cette dédicace est^ au dire de Favre, le principal mérite du livre, la renommée de François de Sales va porter loin, très loin, le témoig:nage de l'amitié de François de Sales et d'Antoine Favre; et Favre ajoute : « Notre Savoie est certes trop petite pour contenir dans ses bornes une si grande cliose^ ».
Ils aiment la rareté, l'ingéniosité, la complexité en pensées comme en expressions, bien au delà des limites du bon goût, fùt-il très large: «J'ai voulu, dit François de Sales dans une lettre écrite en carême, vous écrire 1res vite plutôt que de ne vous pas écrire, persuadé que vous m'excuseriez de vous envoyer une lettre quelque peu maigre eo ce temps de jeune [per haec jejuniorum tempnra, maciltentam atigiianlulum... epistotam) ^ » . — « Puisque vous