MISSION DU CHABLAIS
du fracas des arquebuses que des prédications qui leol étaient faites par ordre de Mgr l'Evéque, revinrent à la' foi ' ». A-l-il peur de blâmer dans celle lettre au pape ce qu'il blâmait neuf aus auparavant dans une lettre au nonce ?
La conversion fut prompte, mais le retour au protestantisme, une fois les troupes parties, fut encore pluS' prompt. Alors vient la seconde mission que nous connaissons, celle A laquelle présida François de Sales. 11 la raconte aussi modestement que possible, en s'oubliant luimême. De cette partie du récit, relevons quelques lignes où François parle de l'aide que le bras séculier prêta aux prédications. Croire que François de Sales ait repoussé ce secoui's étranger et un peu violent, que même il ne l'ait pas appelé, nous l'avons vu déjà, ce serait croire à une légende. Le duc est intervenu de sa personne dans ce mouvement de conversion. Il a usé d'abord de la persuasion, puis il a agi d'autorité. « Quibus cum mederi aliter non possel Dux, ne reliquam plebem inficcrent, eos demum edicio publico dîscedere praecepit '. » Il a exilé les opiniâtres ; François de Sales approuve cet exil. Il évoque une scène du conseil à laquelle il a été invité par mandat exprès du duc de Savoie et où le duc décida, contre la majorité de ses conseillers, devant les ambassadeurs de Berne, frémissants et impuissants {speclanlibus et fre~ menlibns), qu'il emploierait tous les moyens, les menaces et les promesses (per blandilias, per minas), pour convertir ces peuples, et opposa à de fortes raisons d'Etat la seule raison de la religion ^.
De l'agrément littéraire, de l'art et même de l'artifice, il y en a dans cet historique, de ton sérieux et grave. François de Sales représente gracieusement, sous une image bi-
blique du printemps, celte rénovation des trois bailliag-es, prodnile par la persuasion aidée de l'autorité civile et du bras séculier : « Nec deslitit unquam donec mutata rerum facie, velut exacta hyeme et redeiinte vere, ubique apparerel a ariïor décora et fulgida » vivificae crucis, ubique Ecclesiae canlus, ut oox fnrtiiris audiretur m terra illa, et vineac illae instauratae recentesque Jlorenies dareiit odorem suum '. » Il ne manque pas l'occasion d'une antithèse. Pour raconter ta violation du premier traité de Nyon, il oppose ainsi l'un à l'autre deux sens du mot /î<Jes et le mol violatae au mol inoiolalae : a Dux ex oîolatae fidei occasione, inuiolatae fideî populos illos restituit. ^ » Pour exprimer l'idée qu'il est un témoin véridique et bien informé de ce qu'il raconte, il écrit : a Jam ergo, de eo quod vidi loquor..., ut sîm impudentissimus si mentior, imprudentissimus si rem nescio ^. n Pour faire entendre qu'il rapporte ce changement des âmes à l'action do la Providence, il écrit ; « Quem profecto lam insignem el ingéniera animorum motum. . . in supremum rerum omnium immobilem Motorem referre « dignum et justum est... *. »
La lettre de la fin d'octobre 1602^ rend compte de l'ambassade dont il avait été chargé par son évêque, Mgr de Granier, auprès d'Henri IV, et qui lui fit faire à Paris un séjour de presque neuf mois, du mois de janvier au mois de septembre 1602®. Il s'agissait du rétablissement de la religion catholique dans le bailliage de Gex qui venait
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