‹ Saint François de Sales, humaniste et écrivain latinChapitre 45 sur 115 · APRES LA MISSION DU QIABLAIS · texte numérisé non relu

APRES LA MISSION DU QIABLAIS

Une lelire au même pape. Clément VIII, du 27 octobre 160^, nous montre chez l'évêque ce noble soiici de la réforme du clergé que nous avons remarqué déjà chez le jeune prévôt de Saïnt-Pierre de Genève, en étudiant sa harangue de prise de possession. Il l'écrit pour soutenir auprès du pape le projet de l'abbé commendalaire de N.-D. d'Abondance, d'ôler cet abbaye aux chanoines de Saint-Augustin, pour la donner aux religieux Feuillants de Saint- Bernard.

Rien de meilleur que les bons religieux ; rien de pire que les mauvais. Jérémie n'a-t-il pas dit des (îgues : c Si elles sont bonnes, elles sont très bonnes, si elles sont mauvaises, très mauvaises »? Et, appliquant la simililiule aux religieux de son diocèse, il dit : « Nulla vero orbis catholicis diaecesis malarum istarum ficuum nocumentis adeo palet quam îsta Gebennensis, (|ua nulla magis bonarum ficuum proventu recreanda foret ' ». Hélas ! Les ennemis, qui sont là tout près, l'œil au guet, prennent prétexte de la dépravation des mœurs catholiques pour attaquer la doctrine catholique. Entre un grand nombre de monastères de divers ordres, établis dans le diocèse de Genève, à peine en trouverait-on un seul où la discipline n'ait pas été non seulement ébranlée et affaiblie (labe/ac~ lato), mais foulée aux pieds ouec mépris {concnlcata penilus). L'acte d'autorité un peu rude, nécessaire pour réformer cette abbaye, il l'exprime en ces termes d'une énergie singulière, qui traduisent un vîf sentiment d'indignation et de douleur : « Amotis înde sex monachis, omnibus propemodum senio ac disciplinae religiosae crassissiuia ignoranlia, non laborantibus modo, sed peoe

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confectis * ». Par contre, il exprime en ces termes gracieux la transformation qu'il rêve pour cette abbaye par les vertus de religieux d'un nouvel ordre : o Ut pro spinis flores in liorlum Ecclcsiae inferantur ^ a.

Entre un assez grand nombre de lettres de recommandation ou de remerciement écrites en latin à divers personnages, nous devons distinguer une lettre adressée à l'évoque de Bois-le-Duc, dans les Pays-Bas, en i6o3 ou i6o4».

11 s'agit de recommandera la bienveillance de l'évêque un prêtre hollandais, son diocésain, Rodolphe Janssen, licencié en droit canon et droit civil de l'université de Douai, qui a passé trois ans dans la famille du grand ami de François de Sales, Antoine Favre, vraisemblablement en qualité de précepteur de ses fils [mensae ejiisdem et sermonis ac disciplinae pardceps'). L'évêque de Bois-le- Duc est pour l'évêque de Genève un inconnu. François de Sales pourrait se borner à faire l'éloge de ce prêlrcj qui a dû profiter grandement, pour l'étude du droit et des lettres, d'un commerce assidu de trois ans avec un homme comme Antoine Favre, mais qui surtout, ce qui est essentiel aux yeux de François de Sales (qaod apnd me caput est), a donné, pendant tout ce temps, des preuves de la plus grande piété. Heureusement, il y a de quoi agrandir et embellir le sujet. La ville de Boîs-le-Duc avait été investiej le i" novembre 1601, par l'armée du prince Maurice d'Orange ; le froid contraignit les assiégeants à s'éloigner^

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