la,, p. 1S
4 Id., p. 346.
b. Id.. p. IG!.
LA PRËDICATION Alf
ayant à répéler pour une même circonstance une même' idée, il veut du moins en varier l'expression, [lour lui donner l'apparence de la nouveauté. Il prépare assez bien ses sermons pour savoir, même assez longtemps après, le détail de ce qu'il a dit. Dans la lettre à André Frémyot sur la prédication, datée du 5 octobre i6o4, il fait allusion en ces termes au carême prêché cette année-là à Dijon : « Mais on peut bien apporter plusieurs inlerpretalions, les louant et faisant valoir louLes l'une après l'autre, comme je fis le Caresme passé, de six opiaioas et interprétations des Pères sur ces paroles : DîcUe quia servi inutiles siimiis... '. » D'ailleurs le grand manuscrit in-folio, qui contient la plus belle part des sermons qui nous restent, ne « ressent » aucunement « la précipitation » ; l'écriture en est « généralement 1res soignée » et presque sans ratures ; tout témoigne en un mot que ce qu'il renferme a pu être rédigé à loisir, parce qu'il avait été 8 médité e] pesé *. V
La forme des sermons latins, surtout dans celte seconde période, est sans recherche aucune. Tout est bon à saint François de Sales pour exprimer une idée ou un sentiment. Comme dans la première période, le latin macaronique ne l'effraie pas, et quelques pages de ces sermons rappellent l'idiome bizarre des sermonnaires au XliP et au XIV% mais surtout au XV* siècle ^. Veut-îl prouver que la prière,
î. D. MaCKEY, t. T11I, p. Xï.
3. Toute cette prédicatieu jirép français, rappelle d'ailleurs les eer mieux comprendre la théorie de i •jopuium, quoiqut 'ul^aira (v
1, pour âlra prononcée en i moyen âge. Elle noua fait . Lecoy de la Marcha, d'après laquelle rëdigès en latin, auraient été prêches de OPtle théorie, Histoire
de la langue cl de la littèralure françaisp, t, it, p. 218).
et même la prière persévérante, est chose nécessaire? écrit, pour réfuter ceux qui disent le contraire : « idem ac si dicas : labor ditat, erg'o labor uiiius horae ; panis satial, ergo mica ; virium laelificat, ergo g;utta. Scio esse des quint' essences desquelles fort peu fait grand'operation ; sed rarae, sed praeliosae; sic latro in cruce '. » Il commence ainsi un sermon pour le premier dimanche de carême, sur la lutte de Jésus contre le démon : a Zeuxis fil une luîte ou il print grand playsir, et escrivit dessous « qu'elle serolt plus tosl enviée qu'imitée, s Et ecce Evangelistae nobis pugnam tanquam in tabula pingunt, quae ne doit point estre enviée, ains aymee, parce que son issue est heureuse pour nous *. » Çà et là, des solécismes, des barbarismes se glissent dans la rédaction ; il n'y prend pas garde, ou, comme ces sermons ne sont écrits que pour lui, il néglige de les corriger. II écrit : aliqtiol (pour aUquod] tempus ^ o ; < disquiebatur *» (pour disquatiebatur) ; « ibi loquebatur de regni (pour regno) caelesti ^ » ; « ex tonîtru tria procedit (pour procédant) ^ » ; ï inventum est (pour inuenUis est) unus ' > ; t Si phires inventî essent, mirum non esset si expellerentur, sed uno tantum invento (pour unus inoentus) expellitur * p ; « (Jui angelis non pepercU propler unam malam cogitationem factam in templo, quomodo vobîs parcet, facientes (pourybciV/j/f'èus) cachinnos". > a. Pueri ludentes (pour pueris ludentibus), si pater unius.,."^. > De la langue latine qu'il emploie, il apprécie surtout la
iftg.