‹ Saint François de Sales, humaniste et écrivain latinChapitre 89 sur 115 · p. QS · texte numérisé non relu

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L ART DARS les SERMOKS LATWS

couché en petit volume », et que pour « en signifier la grandeur v, il peignît aussi de « petits garçons qui, avec des liges d'herbes, mesuroyent son pouce ». Et il ajoute en latin : a Sic et ego hodie Providenliarn coraparo, com sit incomparabilis et menli noslrae inscrutabilis ' o, C'esl ainsi que les histoires profanes ajoutent à ces sermons latins de la clarté, mais surtout de la familiarité, de la gailé, du pittoresque. Quant aux histoires nature/les^ comme il dit encore *, ce sont les mêmes que nous retrouverons développées en si grand nombre dans V Introduction à ta vie dévote et dans le Traité de l'amour de Dieu, qui devaient élre un charme pour les contemporains de saint François de Sales et qui nous font sourire aujourd'hui. C'est la même nature fabuleuse et fantastique. Saint François de Sales a un goùl trt's vif pour la singularité, la | rareté, même la bizarrerie. Ce goût que nous avons trouvé déjà, sous bien des formes, dans cette étude, nous le ' retrouvons ici encore. Que ces histoires soient /jro/à«es ou naturelles, saint François de Sal.es a sans doute le souci de les rendre utiles à son auditoire, de faire mieux comprendre ou plus facilement accepter par elles une vérité ; mais il les aime trop ; il les emploie à tout propos et même hors de propos. Pour prouver que l'ambition est le singe {simia) de l'humilité, voici, dans un seul alinéa et sans interruption, huit ou neuf exemples accumulés, des . litres annonçant huit ou neuf histoires y?ro/fmes ou natu- 1 relies, de Pline, de Tacite, d'Elien, de Diogéne Laërce '. Si le pédantisme est quelque part dans les sermons latins j de saint François de Sales, il est à coup sûr ici, dans | l'emploi des histoires profanes ou naturelles.

Le pédantisme est beaucoup moins, on pourrait même \ dire qu'il n'est presque pas, dans les citations des poètes j

Lettre à André FrÉtuyot T. vui, p. S91 et p. 11.

I' la prédicatioD, t. xti, p. 307.

iTÂRT DANS LES 8KRMOH6 LATmS

Ifllins qui ornent ces sermons latins. < Leurs vers sont utileSj disaît-il dans sa leltre à André Frérayot sur la prédication ; les Anciens les on! parfois employés, pour devotz qu'ilz fussent, mesmes jusques a saint Bernard ' ». Leart vers sont utiles ; encore faut-il les cliotsir à propos. C'est ce qu'il a tâché de faire, c'est ce qu'il a réussi à faire le plus souvent.

Le voici enseignant que la récompense élernelle dépas> sera infiniment notre mérite : « ... Minus meruimus quam accipiemus : ultra condig-num... ]\on feci fartam. Non pasces in cruce corvos^. » C'est Horace qui explique pour lui le mol condignnm; et ce vers est vraiment une définilion par un exemple. La faute et le châtiment se font équilibre, comme la récompense et le mérite, et la fin du vers s'oppose aussi nellement que possible au commencement. « Je n'ai pas commis de vol — Tu ne seras pas, en croixj la pâture des corbeaux »,

C'est aujourd'hui la fête de l'Epiphanie, le jour des présents offerts à Jésus. C'est une croyance universelle qu'on lâche de se concilier la divinité, comme on se concilie les hommes, par des présents. Or, il y a un vers d'Ovide qui exprime très bien cette vérité générale ; et saint François de Sales n'hésile pas à aller le chercher dans un livre bien profane pourtant, le De arte amatoria, pour l'employer à mieux exprimer une vérité utile à son auditoire et comme le purifier par cet emploi : « Munera, crede raihi, plaçant hominesque deosque* ». En outre, l'idée de présents, le mot donnm rappellent facilement à un lettré le vers fameux de Virgile : « Quicquid id est, timeo Danaos et dona ferenles ». Saint Franrois de Sales est occupé à répondre scolasliquement à ces questions : qiiîs'? quid? eut?, etc., et à faire comprendre que le présent n'a pas

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