CAUtiB, L'Eipril de i
i lie Salet. 3' partie, section 9.
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deux i tâchait de remplacer les prédications que les huguenots se faisaient une loi de ne pas venir entendre. Ce premier écrit est, avec le Traita de Vamour de Dieu, le dernier en date de ses ouvrages, celui dont le style est le plus soignt^ Mais rien n'y cal pour l'ornemenl ; tout y est utile ; tout , y est action. François de Sales est tout entier à son désir^ 1 à sa passion de convaincre. Tout autre souci cède li 1 celui-là. Il cite Joinville et Philippe de Commines*; il] critique « la riniaillerie de Marol », auteur des Psaumes'; il cite quatre quatre fois et même très long-ueracnl « lej sieur des Montaîgnes » ou « de Montaigne »^; il eîtej Ausone et se sert de deux vers de lui pour expliquer Itf définition du mot pape*. C'est tout ce qu'il y a de profanel dans ce livre de théologie. Et cet élément profane contribue utilement, pour sa part, à l'argurnentalion théolo-^ gique. François de Sales ne s'amuse pas à faire des citations de littérature ancienne. Son public de Thonon, sensible pourtant comme une petite ville de province au ■ charme du beau style ^, n'a cure de l'antiquité. Lui-mêmeJ n'a pas le temps de s'y attarder. Du reste, nous venonsl de le voir, il ne semble guère s'être préoccupe d'orner ses sermons de littérature antique avant son fameux voyage à Paris en 1602, Or, il en est des Controoerses . comme des sermons. Les Controverses sont-elles d'ailleursfl autre chose que des sermons écrits, plus courts, plus vifsj plus soigneusement rédigés, de manière à compenser leM lustre )) que k l'action, la voix, la contenance » « baillent » « à la parole » ? "
La Défense de VEsiendart de la sainte croix, qui fut^
. îd., p. 135.
. Id.. pp. 180,
composée à la fin de la mission du Chablais et parut au priolemps de 1600, est un ouvrage de bien moindre valeur littéraire; mais il a ce Irait de commun avec Les Controverses, qu'on n'y trouve presque aucun souvenir de l'antiquité. Pline y est nommé une fois^; mais c'est pour une comparaison nécessaire. Virg'ile y est cité une fois, mais c'est parce que le sujet le demandait, et cette citation est, à elle seule, un argument. Pour expliquer que c'est une «solemnelie observation» de prier par l'élévation des mains, que c'est « une cérémonie toute naturelle», employée par toute les nations, il allègue l'autoritt' d'un ancien qu'il aime entre tous, Virgile, et il va cborcher dans le premier et le troisième livre de V Enéide deux vers qui peignent ce geste de la prière par les mains tendues ^.
De la Défense de tEstendart de la sainte croix à V Introduction à la vie dévote, dont la préface est datée du 8 août 1G08, buit années s'écoulent. Ce sont huit années très importantes dans la vie de saint François de Sales, puisque c'est vraiment alors qu'il est devenu directeur d'âmes el qu'il a appris pratiquement la déuoSion et Vamour de Dieu dont il va désormais tracer les règles. Or, durant cette période, surtout à dater du voyag^e do 1G02 à Paris, nous l'avons vu employer très volontiers, dans ses sermons, rédigés tous dès lors en latin, des histoires profanes et des histqîres naturelles, prises des auteurs anciens et, en particulier, de Pline. Nous nous étonnerons donc moins d'en rencontrer, en très grand nombre, dans V Introduction à la vie dévote el dans le Traité de l'amour de Dieu. C'est dans la lettre à André Frémyot sur la prédication, datée du 5 octobre i6o/), que nous trouvons ce mot sur les «similitudes» : a Elles ont une efficace incroyable a bien esclairer l'entendement et a esmouvoir ja volonté... Celles qui sont tirées des histoires naturelleSj