LA PÉDAGOGIE ET LA DÉVOTION
Encore que nous ayons la clef de V Introduction à la vie dévote, nous n'avons pas épuisé tout le sens de ce livre. Il nous reste à l'étudier sous un aspect complémentaire, sans lequel on ne saurait justement apprécier la science psychologique de l'auteur et pleinement comprendre la sorte d'influence que son œuvre a exercée.
Rappelons-nous ce double principe exprimé plus haut, d'abord que la dévotion s'acquiert peu à peu, lentement, longuement, par un effort et une vigilance de toute la vie, ensuite que l'action de Dieu qui confère la grâce ne se réalise pas miraculeusement, violemment, mais selon la règle naturelle des mouvements de l'âme. Dieu accommode toujours son action à la nature de l'objet de cette action.
Ces deux principes, dont je ne prétends pas ici juger la valeur, donnent cette conclusion qu'il y a une méthode à suivre pour devenir dévot, une véritable pédagogie. Cette pédagogie ne se règle pas par le rythme mystérieux que l'être de Dieu devrait donner à l'action divine, elle suit l'ordre déterminé par la nature même de l'âme humaine.
Cette méthode, cette pédagogie, cette «industrie" , comme le dit notre auteur, n'a donc pas pour base la théologie mystique ou la définition métaphysique de Dieu, elle est dictée par la
connaissance expérimentale de l'âme; elle est de la philosophie appliquée, de la philosophie très humaine et très laïque. A ce titre nous avons ici à Texposer, à la discuter.
Elle est très soigneusement, très longuement enseignée par saint François de Sales.
Car saint François de Sales ne veut pas se contenter d'avoir dit excellemment que l'amour de Dieu doit être l'âme de la vie et la vie de l'âme. Son livre fait briller la perspective de cette terre promise où la vie sera pure et suave, mais il promet davantage, il promet d'y introduire l'âme, il se flatte de montrer par quels exercices et par quelles habitudes l'âme « ouvrira tous ses passages sans opposition ni contrariété « à l'action de la grâce divine.
L'âme dévote se forme par trois moyens : l'examen de conscience, la méditation, les actions, chacun dans la mesure qui convient.
L'examen de conscience, le premier par ordre de chronologie, non par ordre d'importance. Saint François de Sales ne considérait pas les âmes comme des principes abstraits, des substances immuables ou des formules définitives. Il les regardait comme des vivants, entraînés dans le tourbillon d'un perpétuel devenir. En elles il se fait une incessante fermentation. Des habitudes se forment et des habitudes meurent, mille courants s'y croisent. C'est « une innumérable multitude et variété d'actions, mouvements, sentiments, inclinations, habitudes, passions, facultés et puissances » . C'est « un petit monde ».
Dans cette confuse génération qui échappe au regard inattentif, " une quantité de péchés vivent et régnent bien souvent insensiblement (1) » . Insensiblement aussi les habitudes mauvaises et les affections dangereuses y germent et grandi) Introduction à la vie dévote, liv. II, cli. xix.
dissent ; et elles ne se révèlent que quand elles sont devenues tenaces et comme invincibles.
La précaution immédiate à prendre contre ces dangers, quelle est-elle? L'examen de conscience. "L'esprit rentre dans l'âme. » Par cette lumière, l'âme, toujours informée de ce qui se passe en elle, est prévenue à temps des orages qui grossissent à l'horizon ; aussi saint François de Sales recommande cet exercice très expressément, il faut le pratiquer tous les soirs (1). Mais il n'en fait pas le tout de sa méthode. Il en parle très nettement, mais il n'en parle qu'en passant : c'est fait dans un court chapitre. D'abord chacun sait comme il le faut pratiquer, et puis l'examen de conscience, quoique nécessaire, ne joue pas à son avis un rôle vraiment actif dans la formation de sa personnalité.
C'est une précaution, c'est une surveillance indispensable, rien de plus. A l'imitation des philosophes anciens, les humanistes exagéraient son utilité. Pierre Charron y voit le remède infaillible des passions de l'amour. C'est toujours la doctrine païenne contredite toujours aussi par l'expérience, la doctrine qui fait de nos fautes des erreurs. L'examen de conscience dissipe les préjugés intérieurs : il n'en faudrait pas davantage. Il en faut bien plus. Tous les examens de conscience de Phèdre ne l'empêchent pas de faire le mal qu'elle déteste. Ce n'est pas tant la lumière que la force qui manque aux âmes. Aussi saint François de Sales réagit contre ces moralistes. L'examen de conscience ne saurait être la cheville maîtresse de son système. Dansle monde que nous sommes j « le peuple de nos turbulentes passions » se livre une guerre intestine; la plus forte triomphe des autres et de nous (2). Pour éviter cette défaite de la volonté, il faut surtout armer de forces la vérité défaillante.
Mais l'entreprise est difficile. Elle a semblé dépasser la
(i) Introduction à la vie dévote, liv. II, ch. xi.
(2) Traité de l'amour t/e Dieu, liv. I, les premiers chapitres.
portée des moyens humains. Si l'on cherche bien les règles qu'ont données les moralistes pour triompher des passions, on voit qu'ils n'ont pas beaucoup avancé la question. Apart l'examen de conscience dont ils ont, avons-nous dit, exagéré souvent l'efficacité, ils n'avaient rien trouvé, ils n'ont encore rien trouvé. Quand l'âme en peine s'en va les consulter, elle sort de sa consultation comme elle y était venue ; et s'il est permis de rapprocher une œuvre très profane d'une oeuvre très religieuse — mais pourquoi s'offenserait-on de voir citer à côté l'un de l'autre des hommes qui ont étudié très profondément, quoiqu'à des points de vue divers, l'âme humaine? — quand Claude Larcher a entendu les conseils et les analyses d'Adrien Sixte, il s'aperçoit que le maître a traité sa passion comme si elle était un préjugé ou une conclusion fausse, qu'il n'a pas donné de remède contre un mal vivant. Et Claude Larcher conclut qu'effectivement de remède il n'y en a point (1).
Il y a cependant, â côté des passions, des forces et des sources de forces qui peuvent être artificiellement introduites dans l'âme. La philosophie contemporaine a reconnu que les idées avaient toute une tendance à se réaliser. Cette tendance est parfois infiniment petite, parfois infiniment grande. Plus ou moins toutes les idées semblent receler en elles une certaine énergie qui multiplie l'énergie de la volonté. Plus elles sont présentes à la pensée, plus elles sont actives, et l'idée fixe est assez puissante pour conduire à la monomanie.
Avec cette donnée nouvelle le problème peut donc se simplifier et se poser ainsi : trouver un ordre d'idées capables de fortifier la volonté dans son désir du bien, trouver l'art de rendre ces idées perpétuellement présentes à la pensée.
Les idées abstraites et générales dont les moralistes entourent et fortifient la notion du bien ne peuvent avoir qu'une efficacité
(1) 1? . BovRGET, Physiologie de l'amour moderne.
restreinte, car l'énergie des idées est en raison inverse pour le commun des hommes de leur degré d'abstraction et de généralité. A ce titre et pour ce motif, toutes les grandes et philosophiques considérations sur lesquelles compte Pierre Charron, par exemple, pour donner aux hommes le désir etla hantise de la prud'homie sont à peu près inutiles. Tout ce qui est purement rationnel est du monde de la pensée pure et n'aspire pas à en sortir pour se réaliser.
Les idées que l'imagination revêt d'une apparence concrète, celles surtout qui symbolisent la vie, ont l'efficacité la plus étendue. C'est pourquoi saint François de Sales renonce à toutes les autres et ne poursuivra que celles-là, et elles ne sont pas loin de lui. Pour un moraliste chrétien s'adressant à un siècle croyant, la perspective de la vie future et la personne du Christ n'offrent-elles pas les symboles les plus exacts et les plus vivants de l'idée de perfection et de toutes les idées qui peuvent se rattacher à elle pour l'enrichir (1)?
Dans ce sens, saint François de Sales fonde en la foi la v purgation de l'âme que les moralistes catholiques, ses prédécesseurs et contemporains, voulaient fonder en raison. Et il le fait en s'inspirant de principes qui n'ont trouvé leur formule scientifique que chez des psychologues nos contemporains, chez M. Fouillée, chez M. Liard.
Le choix fait, comment saint François de Sales va-t-il peupler l'âme de ces idées actives, de ces idées forces?
. Il le fait en nous apprenant excellemment à remâcher et à ruminer ces idées et ces images, si bien que lésâmes « s'en détrempent» , «s'en pénètrent» , tts'ennourrissent(2)i) , et, comme le ditBossuet, «se les incorporent» . Le moyen, c'est la méditation, la méditation devenue, dans les mains de saint François
(1) Introduction à la vie dévote, liv. I, cli. ix à xvm.
(2) Id., liv. V, ch. XIII.
de Sales et sous les leçons de l'expérience, l'exercice pédagogique le plus rationnel, le plus méthodique et le plus fécond, la méditation capable d'être la mère de l'amour. Il y a tout un art de méditer, quelque soit l'objet de la méditation.
Il faut d'abord poser la vérité générale dont on veut se convaincre, il faut en avoir une notion nette et précise (1). L'esprit ainsi prévenu, l'idée doit ensuite se fixer dans l'imagination. On ramasse quelques images fortes et saisissantes, on les fait passer lentement et une à une devant les yeux, on les remâche, on les rumine; le jugement abstrait de l'esprit s'est ainsi transformé en un vrai tableau qui s'imprime dans la mémoire (2) et qui revient solliciter les regards comme une sorte d'obsession. Le cœur doit alors intervenir, il doit s'attacher à ces images naturellement choisies pour l'émouvoir. A chaque instant « il convient d'exciter, dans la partie affective de notre âme, des mouvements, des affections. Pour y aider, il est bon d'user de colloques, et parler tantôt à Notre-Seigneur, tantôt aux anges et aux personnes représentées es mystères, aux saints, à soi-même, à son cœur, aux pécheurs et même aux créatures insensibles (3). » Ce pathétique et cette vie dont l'âme enrichit ce qu'elle médite, c'est la vraie puissance de la méditation, les images deviennent ainsi sources d'émotions, de désirs et d'actes.
Mais tous ces degrés ne suffisent pas. Il est nécessaire de condenser tout ce travail préliminaire dans quelques idées précises et dans quelques décisions immédiates, sinon l'esprit se perd dans le vague, la volonté se perd dans le sentimentalisme. On se retirera donc avec ce que saint François de Sales appelle, dans son langage imagé, le « bouquet spirituel (4) » . « Ceux
(1) Nous enfermons notre esprit dans le mystère que nous voulons méditer, afin qu'il n'aille pas courant çà et là. — Introduction à la vie dévote, liv. III, cli. iv.
(2) Id., liv. II, ch. V. " (3j Id., liv. II, ch. vin.
(4) Id., liv. II, ch. XVI et xvii.
qui se sont promenés en un beau jardin n'en sortent pas volontiers sans prendre en leur main quatre ou cinq fleurs pour les odorer et tenir le long de la journée; ainsi notre esprit ayant discouru sur quelque mystère par la méditation, nous devons choisir un, ou deux ou trois poincts. . . jiour nous en ressouvenir le reste de la journée, et les odorer spirituellement. » On en emportera encore et surtout des résolutions « spéciales et particulières» . Par exemple, la première parole queNotre-Seigneur dit sur la croix « répandra sans doute une bonne affection d'imitation en votre âme, à savoir le désir de pardonner à vos ennemis et de les aimer, or je dis maintenant que cela est peu de chose si vous n'y ajoutez une résolution spéciale en ceste sorte, or sus doncques je ne me picqueray plus de telles paroles fascheuses qu'un tel et une telle, mon voisin ou ma voisine, mon domestique ou ma domestique disent de moi, ni de tel et tel mespris qui m'est fait par celuy-ci ou celuy-là; au contraire je diray et feray telle et telle chose pour le gaigner et adoucir, et ainsi des autres (1) » .
La méditation est alors achevée, l'esprit est tout plein des idées qu'il s'est offertes à lui-même, et cet exercice renouvelé chaque jour, suivant un ordre judicieux de considérations, finit par donner à l'âme un désir invincible, je dirai même un besoin vital de l'objet dont elle voulait s'inspirer l'amour. Cet objet, c'est ici le Christ et l'Église, il pourrait être bien différent, et cet art de méditer s'appliquerait encore à lui suivant les mêmes lois et avec la même efficacité.
La troisième voie de cette pédagogie, c'est la pratique. Parallèlement à la méditation, la pratique transforme l'âme, l'une crée l'amour, l'autre l'habitude. « Par la pratique, dit Bossuet, la vertu se tourne en habitude. »
(1) Introduction à la vie dévote, liv- II, cK. vi. ■
Dans l'impossibilité où l'on se trouve de pratiquer toutes les vertus, il est nécessaire de choisir. Comme la dévotion n'en a aucune qui lui soit propre et qu'elle s'accommode de tout ce qui est juste et raisonnable, ce choix est déterminé dans V Introduction à la vie dévote par la valeur éducative de leurs actes; aussi le choix doit se porter sur les vertus les plus humbles. Cela paraîtra peut-être peu judicieux, car l'amour tend naturellement à s'exprimer et à se prouver par des actes extraordinaires; qu'il s'agisse de l'amour de Dieu ou des amours humaines, les exploits singuliers et les sacrifices retentissants plaisent aux dévots comme ils plaisent aux amoureux. Saint François de Sales a ses raisons pour ne pas conseiller les vertus brillantes ou héroïques. Sans doute une âme vraiment éprise ou vraiment dévote doit être prête à servir Dieu « aux choses grandes », « à souffrir beaucoup et même le martyre » , mais les occasions de ces sacrifices sont très rares. De plus, l'exaltation, l'entraînement, un certain contentement intérieur à l'idée que l'on se conduit comme un héros, facilitent beaucoup certains héroïsmes. « Tel expose sa vie qui n'exposerait pas sa^ bourse. » Le sage stoïcien résistait aux plus grands revers, mais il cédait à un rhume de cerveau (1).
Ces actions grandes et rares ne sauraient donc être la véritable école de l'âme. La véritable école de l'âme, c'est «le fuseau et la quenouille » , c'est-à-dire les devoirs modestes et pénibles que chaque jour notre vocation nous impose ; et puis « les petites et humbles vertus, le service des pauvres, la Visitation des malales, le soin de la famille avec les œuvres qui en dépendent, et l'utile diligence qui ne vous laissera point oisive » .
C'est d'abord une gymnastique de tous les jours et de tous les instants, active, par sa continuité même. C'est ensuite un exercice où jamais la vitesse acquise, l'entraînement, l'exalta-
(1) Introduction à la vie dévote, liv. III, et. I et ii. Cf. Sermons. OEuvres complètes, édition Berclie et Tralin, t. II, p. i08.
tion ne dispense la volonté de faire des efforts permanents, car il faut une vigilance qui ne s'endorme jamais pour être fidèle dans les petites occasions. C'est peu de chose «un verre cassé» , presque rien « un mouchoir perdu « ; ce n'est pas un grand malheur si « les vins de la cave se poussent et tournent, et s'il ne reste plus que les mauvais et les verts lorsque arrive un hôte qu'on voudrait bien traiter » ; mais, pour rester patient, conserver une humeur douce et égale, se réjouir même au milieu de ces contrariétés, est-ce qu'on n'a pas besoin d'une attention toujours en éveil et d'une énergie toujours en œuvre? Et enfin le succès de ces efforts n'expose pas au danger qui suit toujours le triomphe de notre activité, l'orgueil et la confiance en soi. L'étoffe de ces succès est de valeur trop médiocre pour qu'on puisse s'y tailler un manteau triomphal. Et, d'ailleurs, on est si souvent vaincu dans ce duel de chaque minute, on a tant de peine à bien faire ce peu, qu'on prend de soi une juste opinion et que l'humilité augmente avec la force de la volonté. Or, l'humilité, c'est la forme la plus parfaite du désintéressement et de l'oubli de soi.
Avec ce choix des vertus l'habitude se contracte, non pas celle qui se substitue à la volonté et qui nous permet d'agir sans effort et presque sans conscience, mais celle où la volonté se fortifie, où l'attention se fixe, où la conscience devient plus subtile, en un mot l'habitude active.
Voilà cette méthode. A dessein nous l'avons séparée de la dévotion. Car elle en est indépendante. Tout homme qui voudra réformer ou refondre son âme, tout homme qui voudra se refaire lui-même sur le patron qu'il voudra, bon ou mauvais, en trouvera là les moyens.
C'est le rêve des âmes grandes et clairvoyantes d'échapper aux mouvements inconsidérés, à l'empire de leurs goûts et de leurs passions. C'est le vœu des philosophes, c'est la loi des
sages, de conformer leur vie à des principes sur lesquels ils ont profondément réfléchi. Mais ils n'y parviennent qu'à demi, au prix d'une surveillance incessante sur eux-mêmes, à condition d'avoir toujours les yeux fixés sur leurs principes et de détruire ainsi toute source de vie, toute activité spontanée en eux. La volonté ne règne que sur un cœur vide. Au contraire, par l'examen de conscience, par la méditation et par la pratique, les principes, l'idéal, le modèle, entrent dans l'âme, s'y placent au centre, au cœur, y deviennent la nature. L'activité réglée et voulue cesse d'être artificielle, elle devient aisée, elle acquiert la spontanéité. L'homme n'est pas seulement l'artisan de sa vie, mais l'artisan de son âme; il peut dire avec quelque fierté qu'il est son propre ouvrage.
Cette méthode, appliquée au sentiment religieux, fécondée par la croyance que la grâce en mûrit les fruits, cette méthode donne à la foi toute la force de l'amour, toute la force de la nature. Ceux qui seront -élevés à cette école seront naturellement chrétiens et religieux, tout ce qui viendra d'eux garctera la marque de leur cœur converti. « Jésus-Christ paraîtra en leurs yeux, en leurs bouches et même en leurs cheveux. » Leur dévotion pénétrera d'autant mieux « dans tous leurs déportements » , qu'elle ne consiste pas dans certaines actions, mais dans les dispositions du cœur. Qu'ils le veuillent ou non, dans leurs pensées s'ils pensent, dans leurs écrits s'ils écrivent, dans leur conduite, en tous cas, on retrouvera toujours que l'âme est misérable, que le péché la poursuit, que la passion la gouverne, qu'un changement radical peut seul la sauver. Lorsque les croyants prétendent secouer le joug de leurs croyances, ils sentent qu'ils contredisent le besoin le plus impérieux de leur âme. Reviennent-ils à la piété, l'heure de la conversion est pour eux l'heure où ils retrouvent leur voie (1),
(1) Fénelon exprime cette même idée avec force dans une lettre au duc de Chaulnes : « On ne contente ni soi ni autrui, quand on porte au dedans de soi
OÙ ils rentrent dans leur nature. Et c'est le nouvel et grand argument des apologistes de la foi que ce trouble de l'âme égarée hors de la foi, que cette paix de l'âme revenue dans la foi. Il y a là tout un ordre nouveau de preuves, les plus effectives peut-être. Bossuet, entre tous, en a tiré un merveilleux parti dans bien des sermons, et en particulier dans le sermon -de véture de Mlle de la Vallière.
En résumé, après Y Introduction à la vie dévote, il n'y a pas seulement un nouvel état d'âme, il y a des âmes nouvelles.
un fond qu'on ne peut ni suivre, ni étouffer... on est comme un homme cliassé de sa maison, qui est réduit à errer tout autou-r comme un vagabond. »
Voir aussi dans Victor Cousin, Jacqueline Pascal, la lettre où celle-ci expose l'état d'âme de son frère dans l'année qui précède sa deuxième conversion.