‹ Saint François de Sales [microform]Chapitre 35 sur 40 · LA PENSÉE DE SAINT FRANÇOIS DE SALES · texte numérisé non relu

LA PENSÉE DE SAINT FRANÇOIS DE SALES

/L'idée de Dieu, la charité active, le péché originel, avec M. de Bérulle, saint Vincent de Paul et l'abbé de Saint-Cyran, ce furent donc les trois idées nécessaires à la piété, les trois barrières sans lesquelles la dévotion eût versé et versa plus tard dans la superstition, dans lequiétisme et le pélagianisme. Mais ce ne sont que des barrières. La grande voie, la « voie royale» tracée par saint François de Sales, la voici.

Elle part du réveil religieux et sentimental que la Réforme représenta d'abord. La Réforme a voulu être, selon le langage de saint Paul, le triomphe de la grâce sur la loi. Elle fut en langage plus humain le triomphe de la liberté sur la formule, de la vie sur l'art, du mysticisme sur la science. Elle transporta la religion du dehors au dedans et des actions dans la foi. Une transformation des personnalités, transformation intime et mystérieuse, si profonde que rien ne reste après elle de ce qui était avant elle, ce fut la condition du salut, et toutes les formules, images, prières actes et dogmes qu'ordonne le catholicisme, lui parurent vains et idolâtriques. La vérité religieuse n'est pas une science, la morale religieuse n'est pas un code, la vie religieuse n'est pas une attitude. Mais l'homme peut se comparer à cet arbre dont parle l'Écriture qui porte des fruits bons ou des fruits mauvais, en vertu de sa nature propre et du principe secret qui le fait être ce qu'il est. Dans un arbre mauvais, ce qu'il faut soigner, ce ne sont pas les fleurs ou

les fruits. Le poison est à la racine. De même l'homme. Ne lui dites pas : « Fais tel acte ordonné par moi, et tu seras bon ; jeune tant de fois, communie tant de fois, et tu seras sauvé. 5> L'homme sera sauvé lejour où l'action mystique delagrâce qui change en or pur le plomb vil aura transmuté son cœur païen en un cœur chrétien, « ce cœur d'où sort la vie entière comme un amandier de son noyau 5) , Après ce miracle, l'homme peut faire ce qu'il voudra, il ne voudra que le bien. Un arbre bon ne peut porter que de bons fruits.

. Cette vue nouvelle pour le seizième siècle devait avoir des conséquences incalculables. La contre-réformation risqua de l'étouffer, car elle ne fortifia dans la religion que ce qui était hiérarchie, discipline et science. Saint François de Sales, représentant ici de tout un groupe d'hommes éminents et pieux, fit revivre dans le catholicisme ce principe mystique dont le premier effet est de mettre la vie entière dans tous ses actes sous l'inspiration du sentiment religieux.

Et par là il ne faut pas entendre, comme nous l'avons déjà fait observer, que saint François de Sales ait été dans la moindre mesure un disciple honteux de Luther ou de Calvin, pas même qu'il ait reconnu quelque vertu religieuse chez ces hérétiques de Thonon, au milieu desquels il a vécu assez longtemps, et dont il savait apprécier les mérites humains, puisqu'ils étaient presque ses amisJJe n'imagine pas qu'ayant vu la Réforme défaillante en France laisser tramer le principe chrétien dont elle vivait, il ait voulu s'en emparer au profit du catholicisme. Mais (la vérité est que, poussé par le sentiment religieux le plus profond et le plus mystique, il fit dans le catholicisme ce qu'avaient fait un Bernard Palissy, par exemple, hors de la religion établie. Il sut passer de l'institution chrétienne à l'inspiration chrétienne. Du reste, nous avons montré dans notre Introduction que beaucoup d'autres le faisaient alors au sein du catholicisme.]

Or, s'il se trouve que saint François de Sales se rencontre avec la Réforme, est-ce étonnant? L'esprit chrétien serait-il quelque chose de si vague, de si indéterminé? Et puis saint François de Sales ne l'a-t-il pas prise aux mêmes sources que les chefs de la Réforme, je veux dire dans les Écritures saintes et les Pères de l'Église? Alors qu'un du Perron ne les lisait que comme un savant, lui les lisait et recommandait de les dire en simplicité et sans esprit de contention. Quand il fut dans sa haute maturité, il refusait de discuter avec les Réormés, il ne les renvoyait pas aux livres d'exégèse et de controverses. Il leur disait seulement de lire l'Écriture sainte et les Pères de l'Église, pour y chercher non pas des arguments, mais une inspiration .

Et, de la sorte, (ce vaste mouvement de foi, ce besoin de christianisme d'où la Réforme était née et que la Réforme avait encore élargi, rentre en quelque façon dans le catholicisme triomphant à l'heure où, pour des raisons qui ne touchent en rien au sentiment religieux, la Réforme quitte la France. Et cela, grâce à l'influence personnelle de quelques âmes toutes saintes, grâce à l'influence universelle du génie de saint François de Sales^

Mais où éclatent mieux encore le génie et l'influence de notre auteur, c'est lorsque, parti logiquement et non historiquement du même principe religieux que Luther et Calvin, il aboutit au catholicisme ; c'est lorsqu'il passe, en un mot, de l'inspiration à l'institution.

La Réforme était restée imprégnée de métaphysique, et son principe était demeuré tout mystique, tout germanique. La philosophie du phénomène et du noumène peut servir de point de comparaison pour expliquer le luthéranisme. Les phénomènes, ce sont nos actes, nos paroles, et ce que nous saisissons en nous à la lumière; de la conscience mais tout cela n'est point la réalité. Le noumène, c'est notre personnalité l'éelle qui nous

échappe, qui n'est accessible qu'à la réalité métaphysique de la grâce de Dieu transmise par le sang du Christ. Qu'est cette personnalité, qu'est cette grâce, comment s'opère cette action de l'une sur l'autre ? C'est le mystère qu'il faut adorer ; on ne le connaît point; nos lumières m'y atteignent pas. Quant à essayer d'intervenir, c'est folie, notre volonté y atteint moins encore.

L'esprit de François de Sales tout expérimental et fort éloigné de la métaphysique fît un peu en ces matières ce que faisaient, au même temps, Bacon pour la logique et Galilée pour les sciences naturelles. Il porta les données de l'expérience au milieu même du mysticisme , il substitua la psychologie à la métaphysique, et l'esprit français à l'esprit allemand.

Il faut transformer l'âme de l'âme, la personnalité et non les manifestations extérieures par où notre individualité se communique aux autres et à nous-mêmes. Voilà le point fixe et la base de la doctrine. Cette transformation, cette conversion, pour employer le mot technique, se fait par le Christ et en lui. Voilà encore l'incontestable. Mais ne peut-on pas la saisir sinon dans sa réalité métaphysique, au moins dans son expression psychologique ? La Réforme répond non, et François de Sales répond oui. En effet, l'âme n'est pas telle après la conversion qu'avant la conversion. Quelle différence y a-t-il entre ces deux états? Dans l'un, l'âme n'aime pas Jésus- Christ crucifié et s'aime soi-même; et, dans l'autre, elle ne s'aime pas soi-même et elle aime Jésus-Christ crucifié. La conversion, c'est la substitution de l'amour de Dieu à l'amourpropre.

Sans doute, tout cela est contenu dans le luthéranisme, mais étouffé parla métaphysique, et n'a pu se développer. François de Sales le dégage, l'affirme et le développe. . De là cette conséquence que François de Sales a su déduire et qui a été, nous l'avons vu, le fondement de son Traité de

l'amour de Dieu, que la religion ne se prouve pas par des preuves externes et scientifiques, par les idées pures ou par les lois de la nature, preuves faibles en butte au criticisme, à celui de Montaigne ou à celui de Kant, mais qu'elle se prouve cependant par les nécessités mêmes de la personnalité humaine née pour l'amour et pour le meilleur amour. Et cela, nous le constaterons plus loin, est extrêmement considérable.

Mais la pensée de François de Sales ne s'est pas arrêtée à mi-chemin. La conversion, c'est la mort d'un amour, la naissance d'un autre amour. Or, l'expérience nous apprend quels faits, actes ou pensées, accompagnent de telles morts ou de telles naissances. Il y a dans tout amour un élément mystérieux et supérieur aux prévisions ; il y a aussi véritablement un p7'ocessus bien connu, et, par une savante industrie, l'amour ne se crée pas ou ne se détruit pas, mais se gouverne et se canalise. Le travail du chrétien, c'est de ne pas se contenter d'attendre le coup de foudre de la grâce, de ne pas se croiser les bras avant et après lui, mais d'user de cette industrie, de cette pédagogie.

(^ catholicisme mal entendu, celui du seizième siècle avant la Réforme, celui de bien des catholiques aujourd'hui encore, c'est de voir dans les bonnes œuvres et les pratiques le but de la vie chrétienne. La Réforme a vu en elles le résultat de la vie religieuse, l'effet naturel de la conversion, et refusa de les régler, de les organiser, car, en les organisant, elle leur ôtait leur spontanéité. François de Sales, au contraire, fit d'elles le moyen de la conversion, le chemin à prendre pour être chrétien et sauvé. Et ainsi il ne détruisit pas cette industrie, cet art, car véritablement c'est un art sur lequel le catholicisme veut modeler la vie humaine ; il ne sacrifia aucun de ses sacrements, de ses dogmes et de ses cérémonies, il donna même une plus grande extension à son ascétisme et le perfectionna. Mais il ne sacrifia pas davantage le principe mystique, le prin-

çipe de vie, la spontanéité du sentiment. C'est le premier modèle de l'union que tout un siècle a su faire en toutes les choses de l'esprit entre la liberté et la loi, la vie et la formule^^

Et cela nous introduit de plain-pied dans l'histoire du sentiment religieux au dix-septième siècle. Le titre de cet ouvrage avait laissé entendre que tel était le but et le point d'arrivée de notre étude. N'y sommes-nous pas, en effet? Par combien d'avenues, partis du seizième siècle, sommes-nous arrivés dans le siècle nouveau ?

D'abord, tout ce qui agit sur le sentiment religieux, l'instruit et le gouverne, c'est-à-dire le sermon, la direction des âmes, les livres de piété, a pour maître saint François de Sales.

Pour le sermon, j'entends bien, et je l'ai dit, qu'au point de vue littéraire, l'influence de saint François de Sales fut nulle quand elle ne fut pas mauvaise. L'art de construire et d'écrire un sermon ne lui doit rien. Mais les idées, mais les méditations, mais les conseils que le prédicateur propose avec l'autorité du ministère sacré à la docilité des consciences, saint François de Sales en a arrêté le genre, la nature, l'esprit. De même, saint François de Sales est le maître des directeurs de conscience. Saint-Cyran l'a avoué plus d'une fois, Bossuet le disait fréquemment, Fénelon l'a bien témoigné, et, de nos jours encore, cette influence est très sensible. jEnfin, quel livre de dévotion fut plus lu, plus mi's en pratique que V InLroduction à la vie dévote? quel ouvrage de haute mysticité fut plus respecté et admiré que le Traité de l'amour de Dieu? En vérité, ce qui se dégagea des sermons, de la direction de conscience et des * livres de saint François de Sales a dû donner au sentiment religieux, au dix-septième siècle, quelques-uns de ses caractères essentiels. Et c'est facile à vérifier.

« Le royaume des cieux, dit le Christ dans l'évangile de saint Matthieu, est semblable au levain qu'une femme prend et

mêle dans trois mesures de farine pour faire lever toute la pâte. » Ke sentiment religieux fut au dix-septième siècle le levain de la vie humaine. Dans toutes les professions et dans tous les rangs de la société, de l'enfance à la vieillesse, il vivait au fond du cœur, « âme de l'âme » . Reportons-nous à trente ans en arrière. Il y avait des devoirs religieux, et on les remplissait consciencieusement; mais on ne s'imaginait pas qu'il fallût rien de plus. Maintenant ime chose est nécessaire outre l'obéissance aux règles de l'Église, une chose est nécessaire pour faire un chi'étien de celui qui va à la messe et qui s'approche des sacrements aux grandes fêtes; sans cette chose on n'est qu'un païen. Or cela, c'est, suivant l'expression de Pascal, « le sentiment du cœur » . On n'est pas chrétien, dit Pascal, sans « ce sentiment du cœur» . Et c'est tout l'enseignement de saint François de Sales.

Mais ce sentiment du cœur offre ce signe particulier qu'il ne cherche pas à se traduire particulièrement dans les lois, la conduite et les actes. Au moyen âge, le sentiment religieux a été aussi le levain de la vie, mais il a tenté de se satisfaire et de s'exprimer dans l'ordi'e social, dans les arts, dans la conception d'une genre de vie tout particulier. Ici rien de tel : la foi s'accommode de tout, elle n'a pas arrêté la profession et l'extérieur du croyant : qu'on tourne la broche où qu'on élève ses enfants, ou qu'on aille faire sa cour au prince, qu'on vive sous telles ou telles lois, il n'importe ; et il" n'est pas nécessaire qu'on se conduise autrement qu'un très honnête homme. C'est au dedans que le sentiment religieux agit/JA part les solitaires de Port-Royal et deux ou trois très grandes, très célèbres pénitences, on ne trouve rien qui réponde à ce grand mouvement d'ascétisme et à ce désir de claustration qui signalent la fin du seizième siècle.

(Xl'est que ce sentiment religieux, ce n'est pas la pensée de la mort, la crainte du châtiment éternel, la poursuite d'un bien

qu'il faut mériter. Il est supérieur à tout cela : il est l'amour divin . L'amour humain exige des actes : on témoigne son amour à celui que l'on aime en lui apportant, comme dit saint François de Sales, quelque bien; en outre, pour faire entendre la grandeur de l'amour, on tâche de faire des merveilles. Mais l'amour divin est tout opposé : nous ne saurions ajouter aucune perfection à la perfection infinie, et Dieu voit le fond de notre cœur sans avoir besoin du témoignage de nos actes. Le sentiment religieux qui est amour de Dieu n'exige donc pas que l'on se retire au désert, que l'on jeûne à l'excès, que l'on yive autrement que les autres hommes. Il s'agit de bien aimer et non pas de beaucoup agir.

Cependant ne concluons pas à l'inaction, à la paresse, au quiétisme. Si l'amour divin se passe des actes extraordinaires sans lesquels l'amour humain reste ignoré, il ne se passe pas d'être actif, mais d'une activité surtout intérieure. Saint François de Sales nous a appris qu'il ne suffît pas de vouloir aimer pour aimer, aimer davantage pour aimer davantage; il a donné les règles d'une discipline intérieure qui permet au cœur aimant d'agrandir et de purifier son amour, de le mêler en même temps au fond le plus intime de l'être. Cette discipline, c'est la vie chrétienne. JEh bien, n'est-ce pas encore une originalité du sentiment religieux au dix-septième siècle d'être gouverné par une discipline toute pleine d'art? Devant le sentiment religieux ailleurs la psychologie abdiquait, l'exaltation mystique en paraissait être la perfection. Mais en ce siècle des moralistes avisés ^assagissent, le rendent profond, universel, durable, capable de connaissance et de progrès.

Amour, amour se pliant à tous les actes et à toutes les conduites ordinaires, pénétrant partout pour trouver partout, dans le péché excepté, un aliment et des forces, amour gouverné par la science expérimentale du cœur humain, amour devenu une seconde nature, tel est le sentiment religieux au

dix-septième siècle, telle est l'œuvre de saint François de Sales. Racine est élevé à Port-Royal ; sa piété d'enfant est formée par les solitaires, qui sans doute étaient dans les petites écoles moins les âpres tenants de Jansénius que les humbles apôtres du Christ. Racine quitte ses maîtres et, à vingt ans, il entre dans un monde léger où l'on s'occupe de galanterie et de petits vers ; de là, il passe au théâtre, et sa piété semble n'être plus qu'un souvenir. Mais non, elle est, sans qu'il s'en doute, agissante et vivante ; son âme qui a été pénétrée d'amour divin peut changer l'objet de son amour, mais sa destinée est d'aimer et de ne voir partout que l'amour. Il n'a pas gardé de son éducation la crainte de Dieu et l'épouvante des fins dernières, il a gardé le pli d'aimer. Le voilà maintenant qui revient aux sentiments de sa jeunesse. Imaginez à quelles rigueurs, en d'autres temps, un tel pénitent se serait condamné. Lui se marie, élève chrétiennement sa famille, devient historiographe du Roi, vit comme un bourgeois sérieux et dévot. Et ce retour lui-même, quel caractère a-t-il? C'est un homme égaré qui se remet dans sa voie et en a le sentiment paisible et joyeux; il était oppressé, il était hors de son élément, hors de sa nature, et il y rentra. C'est toujours le mot deBossuet : «Quand Dieu exige que nous consentions à être ses sujets, il veut que nous consentions à être ce que nous sommes et que nous accommodions notre volonté au fond même de notre essence. »

Au total, la religion chrétienne, où plutôt le catholicisme, malgré la rigidité de ses formules, offre plus d'un intérêt, et il n'épuise pas dans un seul ordre de faits ou d'idées sa vérité et son efficacité. [a l'étudier dans son ensemble, on peut reconnaître en lui — et c'est une synthèse exacte encore que grossière — trois sortes d'intérêts ou d'utilités. Tantôt le catholicisme peut se poser comme une hypothèse nécessaire pour expliquer les faits scientifiques intellectuels, moraux, et pour

satisfaire les exigences raisonnables de l'esprit. C'est sa forme philosophique. Tantôt il peut s'offrir comme le lien nécessaire à la société, la source unique des vertus sans lesquelles les hommes retombent à l'état sauvage, et c'est sa forme sociale. Tantôt enfin il peut se présenter comme l'éducateur, le créateur des personnalités sans lequel les personnalités finissent par se désagréger, s'amoindrir, s'avilir et périr. C'est sa forme individuelle. Si à la fin du seizième siècle on s'était demandé laquelle de ces trois formes prendrait de préférence le catholicisme, personne n'eût penché pour la dernière, et c'est elle cependant qui l'emporta. Sous cette forme-là le catholicisme pendant un siècle eut une merveilleuse fécondité ; plus stérile pendant le siècle suivant, il a rompu avec le passé, et en ce siècle, c'est la forme sociale qu'il a prise avec de Maistre, de Bonald, le Père Lacordaire et Léon XIII. Je ne sais s'il y retrouvera sa fécondité d'il y a trois cents ans. Mais peut-être n'a-t-il pas, grâce à Dieu, tout à fait oublié l'exemple de saint François de Sales, et si la mémoire de saint François de Sales y est aujourd'hui plus vénérée que jamais, c'est peut-être parce qu'on s'est aperçu qu'avant de créer" ou de recréer la société, il faut créer ou recréer les nersonnalités, comme le fit l'évêque de Genève en son temps^

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