PRÉPARATION DES SERMONS
mons 1 ; mais il ne se dispensait jamais de les préparer aussi soigneusement qu’il lui était possible, par la prière et la méditation.
a Quand on doit prêcher, dit-il en sa lettre à l’archevêque de Bourges, j’approuve qu’on s’y prépare dès la veille au soir, et qu’on inédite le matin pour soi-même ce qu’on veut dire aux autres dans la soirée. Faite devant le saint sacrement, celte préparation est d’une grande vertu, dit Grenade ; et je suis de son avis. >' C’était de cette manière, ou bien quelquefois en se promenant, qu’il préparait lui-même ses instructions Il recevait de grandes lumières en cette préparation . « Hier au soir, dit-il dans un de ses sermons pour la Toussaint, en considérant la gloire des saints, il me vint en pensée que cette parole qui est écrite en cette pierre blanche et que personne n’entend que celui qui la reçoit (Dabo illi calculum candidum, et in culculo nomen novum scriptum , quod nemo scit nisi qui accipit) , n’était autre chose qu’une parole filiale et amoureuse, telle que celle que Dieu dira à l’âme bienheureuse : Je suis toute à toi et tu es toute à moi; tu ne te sépareras jamais de moi, et je ne m’éloignerai jamais de toi 5 . » Dans une autre circonstance, écrivant à sainte Chantal, il lui dit qu’il se prépare à aller faire une exhortation à ses filles. « Je m’essayerai, dit-il, de les prêcher le plus gracieusement que je pourrai : j’ai déjà une idée agréable pour cela 4 , i Mais il comptait encore plus sur la prière que sur la méditation pour donner de l’efficacité à ses discours.
« Lorsqu’il commença son second carême à Annecy, il avertit son peuple qu’il célébrerait chaque jour la sainte
4 Lett. cxii. — * I.etires de sainte Chantal, cxxi. — s Serin. I
pour la Toussaint. — 4 Lelt. rDxxix.