MATIÈRE ET FORME DES SERMONS
qu’Élie représente le chrétien, et l’arbre la croix. Le discours en est plus solide et moins sujet à difficultés.
« Pour ce qui regarde les citations des Pères, elles doivent être courtes, frappantes, énergiques. Trop longues, elles font moins d’impression et refroidissent l'auditoire, outre qu’elles exposent le prédicateur à manquer de mémoire. Qu’elles soient donc brèves et saillantes, comme celles-ci de saint Augustin : Qui fecit te sine te, non sal vabit te sine te ; Qui pœnitentibus veniam promisit , tempus pœnitencli non promisit ; et autres semblables. Saint Bernard en offre une infinité. On peut citer en latin, mais il faut ensuite rendre la citation en français, et cela d’unn manière forte et piquante, en la faisant valoir par un développement vif et animé.
« Après les preuves d’autorité viennent celles de raison. Un beau talent joint à un bon esprit peut en tirer un excellent parti. On les trouve réunies dans les auteurs, dans saint Thomas en particulier. 11 ne faut pour cela que recourir à la table. Par exemple, vous avez à parler sur l'humilité, vous cherchez à la table : humilitas , humilia , supei'bia, superbus , etc. Vous voyez les endroits où il en traite, etvous recueillez les diverses raisons qu'il allègue. Intelligenti pauca.
« Je ferai néanmoins une remarque à propos de ces preuves : c’ost qu’il ne faut en faire usage qu’autanl qu'on saura les mettre à la portée des esprits les plus médiocres de l’auditoire ! . »
1 Lett. à l’archev. de Bourges.
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