‹ Saint François de Sales, modèle et guide du prêtre et du pasteurChapitre 68 sur 82 · DEVOTION A LA SAINTE VIE K GE · texte numérisé non relu

DEVOTION A LA SAINTE VIE K GE

Mère de Dieu depuis ma jeunesse. » Et il passa ie reste du jour à satisfaire sa piété 1 * .

Étant encore simple prêtre et au début de sa mission du Chablais, il se rendit un jour sur la montagne du Voiron, dans le dessçin d’en faire relever l’oratoire et d’y rétablir le culte de Marie. Les protestants l'assaillirent à coups de pierres et il courut un si grand danger, qu’il déclara 11 e devoir sa conservation qu’à Une protection spéciale de la sainte Vierge. « Je n’ai pas été trouvé digne de mourir, disait-il à ce sujet, ni pour le service du Fils, ni pour l’honneur de la Mère*. *

Ce n’est pas la seule occasion où il se soit cru redevable d’une protection particulière à la Mère de Dieu. « Je trouve tout mon secours, disait-il, dans le très-saint sacrement et dans la divine Vierge, de laquelle j’ai toujours reçu des assistances très-spéciales et toutes miraculeuses 3 . »

q Le jour de la Nativité de Notre-Dame, écrivait-il en 1611 à sainte Chantal, j’ai prêché devant un grand peuple et force étrangers; et la glorieuse Reine du ciel m’a assisté pour "dire quelque chose de bon à sa gloire 3 . Vous savez, lui disait-il dans une autre occasion, que notre glorieuse Reine me donne toujours une assistance particulière quand je parle de sa divine maternité 3 . » t En effet, dit M. Camus* je l’ai souvent ouï prêcher sur les grandeurs de celte divine Reine; et j’avotie qti’iî n’appartenait qu’à son extrême douceur de parler de cette mèrb de bénédiction 6 . »

Il est vrai qu'il se reprochait toujours de ne rien dire qui approchât de l’excellence du sujet : « Je reviens du

1 Année de la Visit., p. ÏZ. * Année de la Visit., p. 226. ; —

* Déposit. de sainte Chantal. — 4 Lelt. ccn. — 5 Déposit. de

sainte Chantal. — 6 Esprit, p. IV, rli. xxv.

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sermon, écrit-il un jour, de l’Assomption; je youdrâis biên y avoir plus saintement et amoureusement parlé de notre glorieuse et sacrée maîtresse. Je la supplie de me vouloir pardonner 1 * . » Mais il n’en était pas moins empressé à prêcher ses grandeurs, toutes les fois qu'il en avait l’occasion*. f

L’expérience qu’il faisait de la bonté de cette divine Mère le portait à recourir sans cesse à sa protection.

Il choisit un samedi pour faire son entrée épiscopale à Annecy, « afip, dit-il, que la très-sainte Vierge Marie, mère de Dieu, fût son introductrice dans le bercail de son Fils \ » Lorsqu’il avait à discuter contre les hérétiques, il se recommandait toujours à elle avec une grande confiance, par ces paroles de l’Église : Cunctas hxreses sola inievemisti in univerao mundo 4 . C’est à elle aussi qu'il dédia json Traité de l'amour de Dieu ; et on ne peut lire son épître dèdicatoire sans admirer la ferveur de sa dévotion pour celle qu'il proclame « la plus aimable, la plus aimante et la plus aimée de toutes les créatures. »

Il ne recommandait rien tant et si fréquemment à ses enfants spirituels que cette dévotion à la sainte Vierge 5 . • Hier au soir, écrivait-il à une supérieure de la Visitation, j’eus un sentiment fort particulier du bonheur qu’on a d'étre enfant, quoique indigne, de cette glorieuse Mère, belle comme la lune, élue comme le soleil... Voyez-vous, je retourne à mes brebis... Entreprenons de grandes choses sous la faveur de cette divine Mère; car, si nous sommes un peu tendres en son amour, elle n'aura garde de nous frustrer de l'objet de nos désirs 6 . »

C était un bonheur pour lui de professer publiquement

1 Lctt. tus. — * Déposit. -t 5 Année de la Visit., p. 83. — 4 Dé»

rosit. - * Esprit, p. IV, ch. x\v. — 6 telt. xcii.^

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sa dévotion à Marie, et de souffrir quelque chose pour son service.

Il était exact, dit l’annaliste de la Visitation, à assister tous les mois, le chapelet à la main, à la procession de la confrérie du Rosaire, dont il était membre l * .

Un jour qu’il gravissait avec peine la montagne où est vénérée Notre-Dame de Nancy sur Cluses, ses gens s’aperçurent qu’il avait les pieds tout en sang. Ils le pressèrent d’interrompre une course si pénible, mais ce fut en vain. « Il est vrai, leur dit-il, que je suis très-fatigué. Mais, si c’est pour moi un sujet de confusion de n’être guère accoutumé à la fatigue pour la gloire de Dieu, ce m’est un sujet de joie d’avoir répandu quelques gouttes de mon sang au service de la mère de Dieu*. »

Une autre fois qu’il faisait la visite de sou diocèse, il remarqua que les trois dernières paroisses qu’il avait visitées étaient consacrées à la sainte Vierge. « J’ai une grande consolation, dit-il à ce sujet, de voir tant d’églises de mon diocèse sous sort invocation. Toutes les fois que j’entre en un lieu consacré à cette auguste Reine, je sens par un tressaillement de cœur que je suis chez ma mère; car je puis bien en vérité me dire l’enfant de celle qu’on appelle le refuge des pécheurs 3 . »

Entre toutes les fêtes de la mère de Dieu, il en est uue que le pieux évêque affectionnait davantage : c'était celle de l’immaculée Conception. Il choisit ce jour pour son sacre, et il en rendit la solennité obligatoire pour tout son diocèse*.

L’idée qu’il avait de la sainteté de Marie et de l’amour de son Fils envers elle ne lui permettait pas le moindre

1 Déposit. — * Année de la Visit.. p. 230. —

sil p. 25 t. — 4 Déposit.

Année de la Vi *

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