‹ Saint François de Xavier (volume 2)Chapitre 100 sur 144 · NS LE PPT TT · texte numérisé non relu

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l'entrée de la Chine. Enfin, il put, en lui offrant une grande quantité de marchandises, déterminer un homme du pays à le mener jusques au port de Canton. Cet homme, la promesse faite, s’en alla, disant-qu'il reviendrait dans peu de jours.

Il n'était pas encore venu, quand il plut à Notre-Seigneur d'appeler son serviteur à la récompense de ses travaux. Le Père François mourut dans l’île même où il attendait le marchand chinois. Quelques Portugais, qui l’aimaient, l’ensevelirent, sans le dépouiller d'aucun des vêtements qu’il portait : ils se proposaient de recueillir les os, lorsque les chairs auralent été consumées par la chaux vive dont ils couvrirent le corps; mais, quand ils le déterrèrent, ils trouvèrent le corps et les habits mêmes intacts, comme au jour de la sépulture. Étonnés plus qu’on ne saurait le dire, ils se demandaient ce qu'il y avait à faire. Un d’eux, à qui les enseignements du Père François avaient grandement servi, et qui lui gardait vive reconnaissance, détermina les autres à ne pas laisser le corps dans Pile. Ils se rendirent de nouveau au lieu de la sépulture, et examinèrent avec soin s'ils ne discerneraient pas quelque trace de corruption ; mais, au lieu de cela, ils remarquèrent qu'une très suave odeur s’exhalait du corps du serviteur de Dieu. Ils le mirent donc en un coffre de bois rempli de chaux, et le transportèrent sur leur vaisseau : ils pensaient qu'arrivant à Malaca, ils ne trouveraient dans le coffre que les os. De la viile, on vint, en procession, pour recevoir les restes du Père. Examiné, une seconde fois, le corps fut trouvé ‘intact.

Le P. Brandon va, maintenant, nous faire assister à la translation du corps de François de Xavier, de Malaca à Goa :

On l’ensevelit, et il demeura ainsi, en terre, jusqu'à la venue d’un Frère que le Père Gaspard Barzée envoya pour avoir des informations. Une troisième fois, le corps fut trouvé sans corruption. L’ambassadeur, Diogo Pereira, fit faire un coffre de bois, garni de damas, à l’intérieur et au dehors, et recouvert d’un drap de brocard; après quoi, le Frère envoyé de Goa attendit l’arrivée du Frère Pedro de Alcaçova, qui venait du Japon, et tous deux s’embarquèrent, accompagnant le corps du Père François.

À Goa, en ce temps, nous savions seulement que le Père était mort; depuis, les premiers vaisseaux arrivant de Malaca nous apprirent que l’on portait son corps dans l'Inde.

Le Capitaine du vaisseau chargé de la précieuse dépouille s’en sépara à Cochin et, prenant les devants en un bateau, il vint à Goa annoncer la nouvelle au Père Melchior, provincial, ajoutant que la présence du corps sur le vaisseau lavait préservé de grands périls. Le Père Melchior s’empressa d'aller chez le Vice-Roiï, demander un bateau pour amener le corps, vu que le vent contraire retardait fort la marche du vaisseau. Le Capitaine, de son côté, insistait pour que son vaisseau, déjà si rapproché du port, ne fût pas frustré de la protection du Père François, dont il avait joui jusque-là. Mais si grand était le désir que le Père Melchior avait de se mettre en possession du trésor, qu'il s’embarqua, avec quelques Frères et quatre jeunes enfants du collège Saint-Paul.

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