L'incision avait été faite par le Dr Saraiva
Xaverium oppida ac vicos Indiæ, Malacæ, Moluci, Japoniæ et
alia remotissima Barbarorum loca circumeursasse, concionando et Christianæ fidei Mysteria ac Præcepta tradendo, tum Lusitanis hominibus, tum vero cæteris gentibus ac nationibus ;
usdemque in locis maximum ethnicorum numerum ad Christi
convertisse cultum ; complura passim templa excitasse ; ejusque rei causa plurimis maximisque ærumnis ac laboribus ad extremum usque spiritum esse perfunctum ; ejusdem porro corpus Goam advectum, solemnique exceptum pompa, ab universo clero ac civitate ad collegium Sancti Pauli delatum se-
pultumque.
Verum, quia rumor de ejus corporis integritate percrebuerat, cum videretur supra vires naturæ, ac divinum prorsus miraculum, corpus tamdiu vita functum, quippe quod menses undecim humatum fuisset, tres apud Sinas, octo Malacæ (uti Prorex Indiæ, Alphonsus Noronia, et ego haud dubuis auctoribus comperimus) ab omni tabe alienum, atque immune perstare mensem jam sextum decimum, — rem utique mihi, pro meo munere, cognoscendam atque explorandam existimavi.
Itaque, templum ub1 jacebat adn ; arcam aperiri jussi; facibus accensis, una circiter ante meridiem hora, Francisci corpus
inspexi; brachia, crura usque ad genua et coxendices, et maximam corporis partem (ut, ex aperüs, facilis esset tectis
de partibus conjectura) diu multumque tentavi, tractavique ; — ac totum corpus integrum inveni, omnisque plane tabis expers, atque insuper omnino recens, carne soda, nativo succo ac colore. ;
Vidi etiam in coxendice sinistra, paulum supra genu, quasi vulnus, unde frustulum carnis, instar digiti, abscissum erat”; itemque aliud vulnus in ventre”; in quo egomet digitis Insertis,
1. Le Japonais Antonio de Santa-Fé mentionne cette entaille, faite par un Portugais, au mois de février 1553.
>, Incision faite par le Dr Saraiva, au mois d'avril 1554.
nihil non integrum atque incorruptum reperi, et sine gravi odore. Ad hæc, os meum ori illius admovi, totamque faciem summa cum cura pertentavi atque perspexl.
Quare, hæc omnia explorata, uti a me comperta erant, Tabellionem meum Litteris consignare jussi, et ipse mea manu
testimonium subscripsi obsignavique, Kalend. Decembris (1% décembre) MDLVI.
A la fin du premier volume (page 491), nous avions annéncé, pour la fin de celui-ci, un Zssai de vie de François de Xavier thaumaturge; mais le travail s’est trouvé beaucoup trop long : le volume en eût été grossi démesurément. Il a donc fallu néghger, dans le chapitre qui s’achève, non seulement beaucoup de faits d’ordre inférieur, mais les faits les plus graves, comme la plupart de ceux qui sont qualifiés de résurrection Et ceux qui ont trait au don de langues : chacun d’eux, en effet, exige production et collation de témoignages qu'il faut encore discuter pour établir, soit la cerütude complète, soit le degré de certitude morale ou de probabilité qu'ils doivent ou peuvent fixer dans lesprit.
Ce que disait François lui-même de tel et tel de ces faits, le lecteur sera bien aise de l’apprendre de deux graves témoins :
Antoine Cardoso, secrétaire d’État dans lInde, interrogea ainsi Maître François : « Dites-moi s’il est vrai que vous ayez ressuscité un enfant du cap de Comorin, qui était tombé dans un puits et y était mort étouffé? » — Maître François répon-
dit : « Il est vrai que j'ai récité un évangile sur cet enfant;
FRANÇOIS THAUMATURGE (1942-1552). 433 mais 1] était vivant et non pas mort. » — Mais d’autres personnes disent que l’enfant (ertança) était mort, et que la mère étant allée, toute en pleurs, au Père François, celui-ci lui avait dit : « Ne vous affligez pas : l'enfant n’est pas mort ». ét que, arrivant à l'endroit où était l’enfant, il l'avait ressuscité.
Maître Diogo de Borba interrogeant Maître François, au sujet d’une résurrection de mort qu’on lui attribuait, le Père, souriant, embrassa Maitre Diogo et dit : « Jésus! señor Père Maître Diogo, moi, ressusciter un mort? Oh! pauvre pécheur que Je suis... On portait comme cela ce jeune homme, et il venait vivant (vinha vivo); et moi je lui dis de se lever, au nom de Dieu, et il se leva, et les gens de faire de cela sujet d’admiration ! |
Cette réponse entendue, Maître Diogo disait à Cosme Anes : . « N’en doutez pas : le Père François, par la grâce de Notre-
Selgneur, ressuscita ce Jeune homme, qui était mort. »
Il est bien vrai que la réponse du Saint ne suffisait pas à prouver l’inexisténce du miracle de résurrection : Rien n'empêche d'admettre que François ignora si lPenfant, si le jeune homme était mort ou non ; et, l’eût-1l reconnu mort, s’il savait que la vie était là, près d’expulser la mort, 1! était en droit de dire : « L'enfant n’est pas mort; l’enfant est vivant, et non pas mort. » De Lazare, certainement mort, Jésus disait : Lazarus, amicus noster, dormit.
Mais comment douter, jusqu’à démonstration évidente du contraire, que François n’ait ressuscité des morts, lorsque, dans la Bulle de sa canonisation, après avoir dit : Signa el prodigia, quibus Dominus Apostolorum suorum sermonem in nascenus Ec-
clesiæ exordiis confirmavit, …… in manu eliam servur sut Francisct misericorditer renovaverat, le Pape Urbain VIII, d’après les relations du tribunal de la Rote, cite, comme établies, trois résurrections de morts ?
La démonstration évidente de non-résurrection füt-elle faite pour les deux cas ci-dessus allégués, les réponses de François établiraient, par son propre témoignage, que, dans les deux cas, il y eut du moins fait merveilleux, miracle, et François resterait insigne thaumaturge.