T SENHOR
Par une autre voie, J'ai écrit à V. À. de la grande nécessité de prédica-
teurs qu'il y a dans l’Inde : faute de prédicateurs, notre sainte Foi va se perdant beaucoup parmi nos Portugais. Je dis cela, pour en-avoir acquis grande expérience dans les forteresses où je vais. Si grande est la continuelle communication que nous avons avec les infidèles, si petite est notre dévotion, que plus aisément on traite avec ces Portugais de profits temporels que des mystères de Jésus-Christ, notre Rédempteur et Sauveur. Les femmes portugaises, mariées à des hommes du pays, et leurs fils et filles métis sont assez contents de se dire Portugais d’origine, sans l'être de Foi: la cause en est dans le manque de prédicateurs qui enseignent la Loi de Jésus-Christ.
La seconde nécessité qu’il y a dans l’Inde, pour que ceux qui y vivent soient bons chrétiens, c’est que V. A. y envoie la sainte Iñquisition. Beaucoup, en effet, y vivent, selon la loi mosaïque ou la secte moresque, sans aucune crainte de Dieu ni vérgogne du monde ; et comme ils sont nombreux et disséminés par toutes les forteresses, 1l faut, pour remédier au mal, la sainte Inquisition et beaucoup de prédicateurs. Que V. À. pourvoie de choses si nécessaires ses loyaux et fidèles vassaux de l’Inde. :
Avec Fernand de Sousa, capitan-major d’une flotte, qui vint de l’Inde à Maluco, au secours de la forteresse, à l’occasion des Castillans venant de la Nouvelle-Espagne, arrivèrent trois Capitans, loyaux et fidèles vassaux de V. A. Un d’eux, appelé Jean Galvan, périt d’un coup de canon tiré par les Mores de Yeilolo. Les deux autres, nommés Manoel de Mesquita et Lionel de Lima, servirent beaucoup V. A. en aidant à soutenir le siège de votre forteresse de Maluco; à quoi ils dépensèrent beaucoup du leur-et de leurs amis, pour l'entretien de Lascarins pauvres, et encore en faisant bon accueil aux Castllans venus de la Nouvelle-Espagne, qu'ils pourvurent de vêtements et de vivres, considérant en eux, non des ennemis, mais des prochains. SE $ . Ces Capitans de V. A. ne sont pas tant chatims ou marchands que cavallerros : ils n’ont pas su, pour soutenir leurs dépenses, exploiter le clou de girofle, que Dieu fait produire à ces terres ; ils ont attendu la récompense
de leurs services de Dieu d’abord et puis de V. A., puisqu’en effet ils ont -