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être maltraité, aller en Chine, pourvu que Von soit muni d’un sauf-conduit du roi de Japon. Nous espérons de Dieu que le roi de Japon nous sera ami et que nous obtiendrons de lui le sauf-conduit : et lui et le roi de Chine sont amis, et le gage de cette amitié est le sceau royal de Chine, dont le roi de Japon peut user, pour donner toute assurance aux nombreux voyageurs ou navigateurs japonais qui vont en Chine. La traversée est de dix à douze jours.
Nous avons grande espérance que si Dieu Notre-Seigneur nous donne dix ans de vie, nous verrons, en ce pays, de grandes choses déjà faités par les Pères qui viendront de Inde, et par les Japonais qu'ils auront convertis à notre sainte Foi.
Dans le cours de nés 1901, nous espérons vous écrire bien longuement, au sujet de Miaco et des universités, et des voies qui s’ouvriraient pour y faire connaître Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Cette année, s’en vont dans l’Inde, pour y apprendre les choses de notre Loi, deux Bonzes qui ont étudié aux universités de Bandu et de Miaco; de nombreux Japonais les y accompagnent.
. Le jour de Saint-Michel, nous eùmes un eutretien avec le Duc de cette €ontrée. Il nous traita fort honorablement et nous dit de garder avec soin les livres où est écrite la loi des chrétiens. Il ajouta : « Si la loi de Jésus-Christ est vraie et bonne, il faudra que le diable la subisse (Aavra de passar el
demonio con ella). » Peu de jours après, il donna permission à tous ceux de ses vassaux qui le voudraient de se faire chrétiens. Je mets ces bonnes nouvelles à la fin de ma lettre, pour que vous en rendiez grâces à Dieu Notre-Seigneur.
Cet hiver, je crois,|nous nous occuperons à composer, en langue japonaise, un exposé quelque peu étendu des articles | H | 5)
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de la Foi, pour le faire imprimer. Toute personne distinguée (toda la gente principal) sachant lire et écrire ,: nous aurons là un moyen de propager notre sainte Foi sur divers points où
nous ne pouvons, de si tôt, aller en personne. Notre très cher.
Frère Paul traduira fidèlement en sa langue tout ce qu'il leur est nécessaire de savoir pour le salut de leurs âmes. Et maintenant, -puisqu’un tel champ est là qui s'ouvre, il faut que tous vos désirs tendent à ce que le Ciel vous voie grands servieurs de Dieu. Pour cela, soyez, sur la terre, hum-
bles de cœur, humbles de vie; laissez à Dieu tout le soin de
vous accréditer auprès des hommes. Si vous faites autrément,
vous verrez ce qu'il en coûte de s’attribuer le bien de Dieu. Mais je me console à cette pensée : vous saurez, Je lespère,
découvrir dans vos âmes assez de choses répréhensibles pour
en venir à abhorrer grandement tout amour-propre désordonné, et vous vivrez si parfaits, que le monde ne trouvera rien qu'il puisse, avec raison, blâmer dans votre conduite. Alors ses louanges vous seront une lourde croix, parce qu’elles vous remettront devant les yeux vos misères.
Je m'’arrête enfin, mais sans pouvoir achever de vous re= dire le grand amour que j'ai pour vous tous, en général et en particulier. Si, durant la vie présente, les cœurs de ceux qui: s'aiment en Jésus-Christ apparaissaient ouverts, croyez, mes très chers Frères, que vous vous verriez clairement dans le
mien ; que si VOUS ne vous Y reconnaissiez pas, ce ne serait:
point que Je n’aie, en effet, vos images imprimées et dans le”
cœur et dans l’Ââme; mais j’ai de vous une si haute idée, et
lPhumilité vous en donne une si basse, que difficilement, en
effet, vous vous y reconnaîtriez.
Je vous en supplie (ruego mucho), aimez-vous les uns les
autres d’un véritable amour; ne laissez pas naître d’amertume dans vos cœurs; dépensez à vous aimer une bonne part de
vos ferveurs, et qu’une bonne part du désir que vous avez de
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À CANGOXIMA (AOUT-NOVEMBRE 1549). 39 souffrir pour Jésus-Christ s'emploie à vaincre, pour lPamour de Lui, toutes les répugnances qui empèêcheraient de s’accroitre en vous la charité fraternelle. Jésus-Christ Pa dit, vous le savez, c’est à ce signe que l’on reconnaît les siens : ils s’aiment les uns les autres.
Dieu Notre-Seigneur nous donne la grâce de sentir, dans lintime de nos âmes, sa très sainte volonté et celle de pouvoir parfaitement l’accomplir.
De Cangoxima, 5 novembre 1549. :
Votre frère en Jésus-Christ, FRANÇOIS ‘.
T: A juda, , fol. 47-56. La copie du P. Barradas est faite sur l'origi-
nal castillan.