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tions et par des œuvres de pénitence, et formera surtout de
solides propos d’amendement pour l’avenir. Dans ces sentiments, et confirmé dans la résolution de s’adonner tout entier au service de Dieu, il se laissera sans peine amener à entendre les avis qui intéressent la paix intérieure du ménage. La source du mal étant une fois tarie, et les occasions de ressentiment s'étant évanouies, vous reconnaîtrez avec une vive satisfaction qu’en portant remède à une seule personne, vous en avez guéri deux ensemble.
VII. — S'il vous arrive, ou à quelqu'un de nos Frères, de vous occuper de ces sortes d’affaires, et que la femme, vous entretenant à part, vous exprime sa vive inclination pour se consacrer au service de Dieu, en ajoutant que les empêchements invincibles à son pieux dessein sont la vie commune avec son mari, le naturel bizarre et vicieux de celui-ci et ses mœurs déréglées : si elle a, dit-elle, des raisons légitimes de se séparer d'avec lui, telles qu’elle croit pouvoir les faire apprécier du magistrat, et en obtenir l’autorisation légale de vivre indépendante et libre d'elle-même : toutes ces raisons et bien d’autres encore, que ces personnes sont habiles à présenter et ne manquent pas de faire valoir, ne doivent pas vous toucher et vous faire approuver ces désirs de séparation. Vous devez demeurer fermes et leur conseiller de rester avec leurs maris. Ges ardeurs pour la vie ascétique sont molles, dans le fond, et s’évanouissent bientôt chez un sexe inconstant, qui plus tard condamnerait et son dessein et votre conseil. Admettez encore la constance dans les femmes : en ce cas même, le danger pour le mari et, ce qui est inévitable en des cas pareils, le scandale public sont des maux trop sérieux pour laisser prévaloir sur eux un avantage de dévotion pour une âme isolée, ambitieuse de posséder, au sein du mariage, tous les avantages de l’état de
veuve.
VIII. — Enfin, dans ces sortes d’affaires, évitez soigneusement de blâmer le mari devant des tiers, lors même qu’il serait
évident qu'il est le seul à blâmer. Voyez-le dans le particulier,
et exhortez-le charitablement à faire une confession générale, A
Xi] AVANT-PROPOS.
l’occasion de cet acte et d’après ses aveux mêmes, faites-lui des représentations, mais avec amitié, et de manière à lui faire comprendre que vous êtes affligé, dans son propre intérêt, du préjudice qu’il s’est fait à lui-même par sa propre faute, plutôt
que vous n'êtes sensible aux accusations de sa femme irritée
contre lui. Considérez, en effet, que vous devez éviter, sur toutes'choses, de laisser apercevoir ou soupçonner au mari que vous êtes plutôt en faveur de la femme et que vous entrez plus vivement dans les intérêts de celle-ci : une telle opinion serait décisive contre vous et ferait évanouir toute espérance de succès. Ainsi donc, quelle que soit la faute du mari, que jamais il n’en soit question entre vous et lui. Lorsque vous l’aurez amené à vous en faire l’aveu, de lui-même, vous pourrez, sans le blesser, condamner ce dont il s’accuse lui-même. Mais, mème alors, il faut que votre jugement soit exempt de toute amertume. Censurez donc ce que le coupable confesse de luimême, avec repentir, afin de lui faire voir que vous entrez dans ses regrets, bien plutôt que vous n’êtes son Juge irrité. Que le tendre intérêt, que la charité que vous portez au pécheur se révèle en vos paroles et sur votre visage : tous les hommes demandent d’être guéris avec de la douceur; mais c’est surtout dans les Indes qu’on le vérifie. Ge peuple est comme le verre : qu’on l’offense, même légèrement. il réagit vivement et se brise. Par des façons aimables, on le fléchit et on le dirige comme on le désire. Ici, vous pouvez tout obtenir par la prière et par les manières affectueuses, et vous n’obtiendrez rien par la menace ef par la rigueur. Aussi, je vous réitère cet avis, afin d'y attirer votre attention et de vous faire vous en pénétrer. Si un mari et sa femme vous prennent pour arbitre et plaident leur cause en votre présence. évitez de donner jamais publiquement aucun tort à l’homme, lors même que les apparences seraient contre lui, ou de permettre que l’avocat ou le défenseur de la partie adverse le fassent en votre présence. Les esprits passionnés des femmes s'emparent avec ardeur des paroles de ce genre et en concoivent une présom ption effrénée. Epiant sans cesse Les occasions d’humilier leurs maris, si elles
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