FRANÇOIS EN CHEMIN VERS L'INDE (DÉCEMBRE
vâämes qu'un vaisseau, celui de Diogo-Pereira, qui, le lendemain, devait partir pour Malaca. Le nôtre allait hiverner à Siam. Le P. Maître François s’embarqua donc sur le vaisseau de Diogo Pereira. »
Pinto nous révèle les entreüens de François et de
Diogo Pereira, sur le chemin de San-Chuan à Malaca : — Maître François exposa à Diogo le désir qu'il avait de pénétrer en Chine, pour y annoncer l’'uvangile : il le fallait aussi pour mieux assurer le succès de la prédication de l'Évangile au Japon, car les Japonais ayant recu des Chinois leurs doctrines religieuses, 1l ne leur répugnerait plus d’être chrétiens, si les Chinois, en se faisant chrétiens, reconnaissaient, les premiers, qu’ils se trompèrent, et égarcrent les autres. François allait à Goa, pour se concilier, en vue de cette expédition, la faveur du Vice-Roï. Celui-ci reculerait, peut-être, devant la dépense à faire pour offrir de dignes présents au souverain de la Chine, et François disait à Pereira la tristesse que lui causait déjà cette appréhension ; à quoi Pereira répondait que, pour le service de Dieu
et pour témoigner à François son amitié, 1l prendrait
tous ces frais à sa charge, etc. Pinto poursuit encore: Bartoli et d’autres ont reproduit tous ces récits de l’intéressant conteur. |
Pour nous, tandis que le vaisseau marche vers
Malaca, nous arrêterons un peu le regard du lecteur
faits, des témoignages plus sûrs que celui de Pinto. On les trouvera men-
tionnés, à la fin du volume, dans l’Æssai de vie de François thaumaturge.
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sur les jeunes auxiliaires de l’apostolat de François, le Malabare Amador, le Chinois Manoel, et les deux Japonais Mathieu et Bernard : les deux derniers sont là, sur le vaisseau; Amador et Manoel sont restés à Yamaguchi, au service de Cosme de Torres et de Juan Fernandez, et nous ne les retrouverons plus. Leur gloire, au ciel, sera grande : à eux, en effet, François dira éternellement ce que son Maître disait à ses premiers disciples : « Vous m’êtes demeurés
fidèles dans toutes mes épreuves; vous vous êtes
associés généreusement à tous mes travaux, à toutes
mes souffrances pour l'Evangile. » Nous avons déjà
entendu François dire et redire, dans ses lettres au
petit Mathieu de Comorin : — « Soyez bon enfant :
je ferai pour vous plus que vous ne pensez; vous ne
travaillez pas pour rien; je vous donnerai quelque
chose qui vous fera bien plaisir; vous trouverez en moi père et mère » : ainsi sans doute parlait-1il à Mathieu de Yamaguchi, et François sûrement ne les
a pas trompés; pour eux Jésus lui-même avait dit :
« Qui sert l’apôtre, à titre d’apôtre, aura la récompense de l’apôtre. » Ce fut bien, en effet, à ütre de serviteurs apostoliques, qu'Amador et Manoel accompagnérent François, de Goa à Cangoxima et de Cangoxima à Firando; qu'ils vécurent, à Firando, auprès de Cosme de Torres, et qu'ils allèrent, de Firando à Yamaguchi, vivre et mourir, au service des premiers
apôtres du Japon. Tout ce que nous savons d’Ama- .dor et de Manoel est là; mais ce peu mérite bien Île
regard que nous voulions arrêter sur eux,