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Gaspard Barzée, qui s'attendait à suivre François, dut se résigner à occuper sa place dans l'Inde. Pour lui, le Saint multüpliera les instructions. Voici les
premières :
In Nomine Domint nostri Jesu Christi. Amen.
Moi, François, indigne Préposé de la Compagnie du Nom de Jésus dans ces régions de l'Inde, — me fiant à vous, Maître
Gaspard, à votre humilité, vertu et prudence, comme aussi à
votre suffisance, — je vous commande, en vertu de la sainte
obéissance, d’être Recteur de ce collège de Sainte-Foir, et aussi des Pères et Frères Portugais de la Compagnie du Nom de Jésus, qui seront en deçà du cap de Bonne-Espérance. Ainsi
1. Ajuda, ms. Barrad., fol. 59. — Au fol. 44 se trouve une copie de
cette lettre, sous ce titre : Regrmento que deo a hum Padre que estavao em Ormuz ; mais c’est une copie évidemment adoucie, une sorte de résumé de la lettre originale, que fit le destinataire, ou quelqu'un pour lui.
Gonçalo RU entré dans la Compagnie en 1545, venu de Portugal en 1551, était arrivé à Ormuz, le 8 décembre. Dieu couronna ses travaux, en r: 564, à Goa. Là le ramenèrent des infirmités contractées à Ormuz, en Ethiopie, à Salsete, à Tana, ete., où il fut infatigable ouvrier,
donc, ceux qui sont à Malaca, à Maluco, au Japon et en d’au-
tres contrées, qu'ils viennent du Portugal ou d’autres parties de l’Europe, pour être sous mon obéissance, tous ceux-là se-
ront sous la vôtre, à moins que le Père Ignace n’envoie quel-
qu'un en ces pays pour y remplir la même charge. Je lui ai, en effet, écrit pour lui exposer les raisons qui nécessitent envoi, dans ces régions de l’Inde, d’un homme très expérimenté et de grande confiance, pour être Recteur du collège de Goa et avoir, en même temps, charge de tous ceux qui travaillent au dehors.
Aimsi donc, par la présente, je vous ordonne, en vertu de la sainte obéissance, que si le Père Ignace ou autre Préposé général de la Compagnie du Nom de Jésus envoie ici quel-
‘qu'un, pour être Recteur du collège et avoir charge de ceux du dehors, — à celui-là, dès qu'il vous montrera sa provision,
signée de notre Père Ignace ou d’autre quelconque Préposé général de la Compagnie du Nom de Jésus, — vous remettrez, sans retard, votre charge ; — mais vous ne la remettrez pas, si lon n’exhibe ladite provision, signée de notre Père Ignace
ou de quelqu’autre Préposé général.
Si donc quelqu'un était envoyé de Portugal pour avoir charge de ce collège, — et qu'il fût personne de confiance, vous, — de votre main, — lui demeurant sous votre autorité, vous lui commanderez, en vertu de la sainte obéissance, de prendre la charge de Recteur que vous, de votre main, lui donnerez; — et lui, comme j'ai dit, restera toujours
sous votre autorité, comme seront tous les autres Pères et
Frères:
Et s’il se trouvait déjà ici quelqu'un, qui pût mieux vous aider et délasser que celui qui viendrait de Portugal, à celui-là vous donnerez, avec ordre de la prendre, la charge qu'il vous plaira de lui confier, et il demeurera sous votre autorité pour
être, à votre gré, tiré de charge et remplacé. Ainsi done, toutes les personnes qui, dans ces contrées, devraient être sous mon autorité, je leur commande à toutes, en vertu de la sainte obéissance, d’obéir à Maître Gaspard, Recteur du col lèce de Sainte-Foi. Telle ést mon intention, afin d’éviter les embarras qui pourraient suivre mon départ, comme il en est survenu par le passé. Et si quelqu'un, — sous prétexte que la présente provision à vous laissée doit être entendue différemment, — ou pour prétendre être Recteur, ou pour ne vouloir pas de votre autorité, refusait d’obéir ; — vous, en vertu de la sainte obéissance, expulsez, sans retard, de la Compagnie un tel sujet, quand même il aurait beaucoup de bonnes qualités (muitas boas partes), vu qu'il lui manque les meilleures, qui sont l'humilité et l’obéissance.
Si J'ai parlé de mettre quelqu'un en votre lieu et place, c’est pour que vous puissiez visiter le collège de Cochin, Baçaïm, Coulao et le cap de Comorin. De ces visites personnelles aux collèges et aux Pères et Frères, et de l’expérience que vous y acquerrez, il pourra résulter beaucoup de fruit et grand service de Dieu Notre-Seigneur. Ce serait, bien entendu, au cas! où votre éloignement de ce collège n’aurait pas d’inconvénient notable.
Et pour que, chez les Pères et Frères, il n’y ait pas de négligence à vous obéir, à vous comme à moi, Je vous CoM= mande, en vertu de la sainte obéissance, d’expulser vite de la Compagnie ceux qui ne vous obétraient pas, où qui ne vou-. draient pas être sous votre autorité. Ne tenez, pour cela, aucun compté du vide qu'ils peuvent faire, ni de ce que vous dira le peuple, à propos de ces expulsions de gens qui n’obéissent pas; car de tels sujets désobéissants, quelques grands talents et bonnes qualités qu'ils aient, sont plus dommageables
FRANCOIS A GOA (AVRIL 1552). | 295 qu'utiles à la Compagnie, et c’est pour cela que je vous dis de les renvoyer.
Ceux que J'ai moi-même renvoyés, avant de parür pour la Chine, je vous commande, en vertu de la sainte obéissance,
de ne les pas recevoir de nouveau, d'aucune façon, — et vous
commanderez vous-même, partout où se trouvent des Pères et Frères de la Compagnie, qu’on ne les accueille pas.
Les rentes actuelles de ce collège et mercedes que le Roi lui fait, et tous ses revenus, quels qu’ils soient, provenant de largesses royales ou de dons des Vice-Roi et Gouverneurs, au nom du Roi, veillez grandement à les conserver, et faites-en
avec diligence la perception, ou par vous-même, ou par ceux
à qui vous donnerez ce soin. Emplovez-les ensuite au service de Dieu Notre-Seigneur, savoir, pour l'entretien des Pères et
Frères du collège et de ceux qui travaillent dehors : faute de seçours temporels, ces derniers laissent le spirituel en souffrance.
Ces rentes, employez-les donc à pourvoir aux nécessités de la Maison, et puis à payer les dettes : hors de là, n’en türez rien pour le distribuer ailleurs; s’il reste quelque chose, après que vous aurez fourni le nécessaire aux nôtres du collège et à ceux du dehors, secourez-en les orphelins et autres enfants pauvres du pays.
Écrit, en ce collège de Sainte-Foi, le 6 avril 1552, et signé
par moi, en témoignage de vérité.
= En vertu de la sainte obéissance, je vous recommande et
vous ordonne de ne pas sortir, d'ici à trois ans (por espaço de
tres annos), de cette ile de Goa; — au cas, s'entend, où notre Père Général de toute la Compagnie du Nom de Jésus ne pourvoierait pas ces contrées d’un Recteur, dans lintervalle
de trois ans; car s’il vient un Recteur de par-delà, vous serez
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sous son autorité, et le séjour de trois années dans cette île
ne vous obligera pas.
Je reviens, une fois encore, à recommander et commander, en vertu de la sainte obéissance, que tous ceux qui, dans ces pays, seraient sous mon autorité, tous ceux-là seront sous Pautorité de Maître Gaspard; et si quelqu'un se voulait dispenser (excuser) d’obéir, celui-là vous le renverrez de la Compagnie, après lui avoir préalablement donné connaissanee de ma détermination, qui est que tous obéissent à Maître Gaspard comme à moi-même, si J'étais présent.
Et de même, en vertu de la sainte obéissance, je recommande, en général et en particulier, d’obéir à celur que Notre
pins er
Père Ignace, ou autre quelconque Préposé général de la Com-
pagnie du Nom de Jésus, enverrait pour Recteur du collège : tous ceux-là lui obéiront qui, si j'étais présent, seraient sous mon autorité. Et si le contraire se faisait, je prie le Recteur qui serait envoyé par le Préposé général de la Compagnie du Nom de Jésus et je lui recommande de congédier tous ceux qui lui désobéiraient ou ne lui voudraient pas obéir. Et afin que personne ne mette cela en doute, j'appose ici ma signature. | Écrit, le 6 d'avril de 155».
Pour que vous puissiez faire plus de fruit dans les âmes, en
usant des grâces concédées par les Souverains Pontifes à la
Compagnie, — grâces à moi communiquées par Notre Père
Ignace, avec pouvoir de les communiquer, à mon tour, aux
Pères de la Compagnie ayant Paptitude et suffisance requises pour en user, au plus grand profit des âmes, — moi, pour tout cela, je vous mets en mon lieu et place, vous, Maître Gaspard, Recteur de ce collège, — avec pouvoir, également