‹ Saint François de Xavier (volume 2)Chapitre 69 sur 144 · Ajuda, ai fol · texte numérisé non relu

Ajuda, ai fol

Le P. Antonio de Eredia allait, avec la charge de Supérieur, à Cochin ‘. François lui donna, au départ, les instructions suivantes : |

EL — Premièrement, autant qu'il sera en vous, travaillez à vous faire aimer de tout le peuple ; principalement, des Frades, des Majordomes de la Mère de Dieu, leur donnant à entendre, par toutes les voies et de toutes manières, que vous ne désirez rien, si ce n’est faire leur volonté et accroître la dévotion à cette sainte maison de la Mère de Dieu. Vous les visiterez, et c’est à eux que vous aurez recours en vos néces-

sités.

IT. — Toutes les fois que vous vous trouverez en indigence corporelle, vous recourrez à la Miséricorde; et aux Frères de la Confrérie, pour les suppliques des personnes pauvres qui vous demanderaient quelque aumône. Je n’entends pas que vous donniez du vôtre; et, à propos de ces nécessiteux, vous agirez ainsi : Quand ils vous représenteront leur indigence corporelle, vous leur représenterez leur indigence spirituelle, et les exhorterez à se rapprocher de Dieu, à se confesser, à communier ; après quoi, vous leur viendrez en aide dans leurs nécessités corporelles, au moyen des suppliques dont jai

parlé.

IT, — Dans vos relations avec les gens, ne vous montrez pas austère; n'ayez pas l’air de vouloir exercer autorité sur

1. Le P, Antonio de Heredia ou Eredia, supérieur à Ormuz, après le : P. Gonçalo Roïiz, y mourut, en 1558, avec le renom d’un véritable homme apostolique, | +. 4100

‘eux, d’en faire vos gens ; laissez de même toute prétention à

leur révérence (acatamento). Soyez affable, dans vos visites et entretiens. En chaire, parlez religieusement et pour tous : tendez à détromper les âmes des illusions où elles vivent : contre ceux qui ne veulent pas s’amender, parlez de la justice de Dieu, et parlez de sa miséricorde à ceux qui veulent quitter le péché. Vous devez donc être rigoureux dans vos sorties contre les pécheurs endurcis (que perseverao a peccar); mais, pour ne pas les jeter dans le désespoir, vous parlerez aussi, comme je disais, de la Miséricorde,

IV. — Ce que vous devez le plus faire, au milieu de ce peuple, c’est d’y exercer les actes de toute sorte d’humilité ; ayez de la considération pour tous, ecclésiastiques et séculiers, et s’il se fait quelque bien, attribuez-le leur ; dites que c’est eux

. qui l’ont fait. Dans vos pieuses entreprises, recommandez-vous

à leur patronage (prenez-les pour patrons).

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