‹ Saint François de Xavier (volume 2)Chapitre 73 sur 144 · PROVINCIAL DANS L'INDE · texte numérisé non relu

PROVINCIAL DANS L'INDE

x (Avril 1552.)

Dans le mémorial qui va suivre, François se peint lui-même quand :l trace, pour Gaspard Barzée, les règles de conduite d’un parfait Provincial :

Voici les avis que vous aurez à exécuter (les avis que vous

avez à faire), en mon absence :

[. — Premièrement, par-dessus tout, veillez sur vous-même;

humiliez-vous intérieurement, autant qu’il est en vous; dirigez-

vous par les règles d’humilité que je vous ai données, et

mettez-les à profit (ürez du fruit d’elles). Vos méditations, ou parte d'elles, employez-les à considérer et à imprimer en

votre âme les vues et sentiments que Dieu, par sa miséricorde,

vous communiquera dans la méditation des Loue que je vous ai donnés.

II. — Avec les Pères, tant ceux qui sont au collège, que ceux qui sont dehors, vous agirez avec grande retenue (mo-

RC -

destia) et non avec rigueur, à moins qu'eux n’abusassent (n’usassent mal) de votre modestie et humanité; car alors, pour leur bien seulement, et non pas par autre voie d’autorité, vous userez de votre charge en infligeant quelque punition pour la correction des coupables et l'exemple des Frères.

IT. — Toutes les désobéissances, qu’elles soient le fait de

Pères ou de Frères, auront quelque pénitence ; et, qu’il s’agisse

de Pères ou de Frères, vous y procéderez de cette manière : — S'il s’en trouve, auprès de vous, quelques-uns qui aillent par une voie de prétentions, de superbe ou de mépris de lobéissance, avec de tels hommes procédez par voie, non d’affabilité, mais de sévérité, et donnez quelque pénitence ; et vetllez à ce

que ces sujets-là n’aient pas lieu de penser que vous passez

légèrement sur leurs désobéissances, car 1l n’est rien qui rende les inférieurs plus audacieux dans leur rébellion, que de voir les supérieurs fablir, avoir quasi-peur ({emerosos) de punir ceux qui manquent de respect et d’obéissance : de [à, ils prennent occasion d'élever toujours plus haut leurs. prétentions et de s’y affermir. Ne manquez pas d'agir comme je vous le dis : n'ayez pas souci de ce que l’on dira de vous, mais seulement de faire ce que vous devez.

IV. — Quant aux Pères ou Frères qui laissent d’obéir, ou par négligence, ou par oubli, mais sans y mêler aucun mépris, avec ceux-ci, usez de repréhension plutôt bénigne : faites-la leur d’un visage joyeux (allègre), et ajoutez une pénitence

légère.

V.— Les Frères laïques, qui prétendraient se faire plus qu'ils ne sont, ceux-là, vous les mettrez en des offices humbles et bas, — et, tandis qu'ils y seront occupés, vous leur montrerez un visage moins serein Où grave, — et vous modi-

fierez ce dehors, conformément à ce que leurs actes extérieurs vous donneront à connaître de leurs dispositions intimes. Enfin, amenez-les à se défaire de Pidée qu sont nécessaires à la Compagnie; certes, la Compagnie n’a pas besoin de gens prétentieux.

Page 1