‹ Saint François de Xavier (volume 2)Chapitre 78 sur 144 · XXVIL. — Avec les Rérérends Pères et Frades de Saint · texte numérisé non relu

XXVIL. — Avec les Rérérends Pères et Frades de Saint

François et de Saint-Dominique, vous serez, ceux de ce col-

lège, toujours amis ; et gardez-vous de discussions, surtout en chaire : ne vous permettez ni parole, ni acte d’où le peuple pût ürer sujet de se scandaliser, de se malédifier. Qu'ils parlent, eux, selon l'inspiration de leurs charités; vous autres, mettez votre devoir à vous taire et à prévenir tout scandale du peuple. Si cependant vous voyez que, des querelles par eux suscitées, vous pensant une chose et eux une autre, il pourrait résulter offense de Dieu ; en ce cas, vous parlerez au seigneur

Evêque, afin qu'il vous mande, eux et vous, dans sa maison, et qu'il mette, d’autorité, fin aux discordes; mais cela même se devra faire sans que le peuple ait aucun sujet de scandale.

Eux et nous ne prétendons qu'une même chose : glorifier Dieu

et faire du fruit dans les âmes ; agissez donc de telle sorte,

qu’à votre occasion ni Dieu ne soit offensé, n1 les âmes scandalisées. Visitez ces Pères, de temps en temps, et n’omettez

rien pour conserver, pour accroître entre vous la charité.

XXVIIT. — Avec les Vicaires de cette “ile: vous serez très amis, et faites-leur plaisir, toutes les fois que vous le pourr ez, allant prêcher dans leurs paroisses. Autant qu’il sera en vous, parlez-leur toujours de façon à vous les garder amis.

XXIX. — Ne vous occupez pas en des affaires séculières (désoccupez-vous...); dites à ceux qui voudraient vous y mê= ler, qu'ayant à étudier vos sermons, à écouter les confessions et à remplir d’autres ministères auprès des âmes, vous ne sauriez laisser le spirituel pour le temporel; ce qui serait agir contre l’ordre de la charité. Vous rejetterez (exilerez) donc loin de vous toutes ces sortes d’affaires temporelles, parce qu’elles agitent (troublent) beaucoup, et nous avons vu des hommes s’en inquiéter à tel point, dans la vie religieuse, qu'ils se sont remis dans le monde.

NN Soyez bien circonspect dans vos relations avec les gens du dehors, car tous ne viennent pas à vous avec les mêmes fins : les uns sont amenés par le désir d’un profit spirituel, et les autres, d’un profit temporel. Beaucoup ne viennent se confesser, que pour découvrir, moins leurs misères … spirituelles, que leurs misères moorellese : gardez-vous bien.

de ceux-là, et détrompez-les vite ; (qu'ils ace que vous ne.

pouvez les aider, ni d’aumônes, ni de faveur humaine. Ne perdez pas votre temps avec eux, car de telles gens n'ont aucun sentiment des misères de l’âme. | ce

Ces règles, observez-les aussi bien avec les hommes qu’ avec les femmes; g généralement avec tous; car des personnes ainsi préoccupées n’ont rien à gagner auprès de vous, pour leur âme, et elles sont instrument du démon pour vous engager . dans le monde, et empêcher le fruit spirituel de se produire ailleurs. Ceci, de grâce, faites-le pleinement, parce que je sais combien c’est nécessaire pour vous. Ne vous mettez pas, le”

moins du monde, en peine que ceux qui viennent à vous, avec des intentions peu louables, murmurent contre vous ; et n’autorisez pas les mondains à penser que vous craignez leurs jugements : ce serait participer beaucoup de l'esprit du monde, et faire plus de cas des mondains que de Dieu et de la per-

fection chrétienne.

XXXI. — Quant à l'éducation des enfants du pays et des orphelins, ayez bien l'œil à leurs nécessités spirituelles, et puis à leurs nécessités temporelles. Ayez bien soin de les faire se confesser ; qu'on les instruise; qu'ils soient vêtus, chaussés, nourris, soignés dans leurs maladies : c’est, en effet, principalement pour ceux du pays qu’on a bâti ce collège, et le Roi a approuvé ce dessein primitif. C’est assez des scandales passés. Veillez donc beaucoup sur ces enfants.

XXXII. — Au Roi vous écrirez, mais très brièvement, du fruit qui se fait dans toute l'Inde, d’après les informations que vous donnent les lettres des Pères qui y travaillent dispersés. En une lettre séparée, vous exposerez les nécessités du collège auxquelles Son Altesse doit pourvoir. Parlez-lui des présents qu'Elle ordonne de faire à la Maison : il est vrai que j'ignore comment ses ordres s’exécutent. Parlez-lui encore

des rentes ordinaires, et enfin de la merced en argent que S. A. nous a faite, afin qu'Elle en commande le paiement.

XXXIII. — Au sujet des Pères qui vont faire du fruit hors du collège, vous écrirez à Son Altesse, pour obtenir d’Elle

une -alvara par laquelle il sera ordonné de pourvoir, sur la Factorerie, à l’entretien des Pères qui travaillent dans les For-

teresses. Obtenez encore une provision du Roi par laquelle il soit commandé d’apporter, de Malaca, le nécessaire aux Pères et Frères qui sont au Japon : le sol de ces pays est, en effet,

très pauvre, et il n’y a personne qui nous pourvoie de ce nécessaire. Er

Vous écrirez aussi au Père Maître Simon, ou au Recteur du collège de Lisbonne, afin qu’ils sollicitent auprès du Roi l’expédition de ces affaires, celle des rentes du collège et les autres. |

Une fois encore, notez-le bien, je vous rappelle d’être fort circonspect dans vos lettres, car elles passeront sous les yeux

de bien des gens.

FRANçoIs ‘.

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