‹ Saint François de Xavier (volume 2)Chapitre 84 sur 144 · Ajuda, Fe fol · texte numérisé non relu

Ajuda, Fe fol

ne vous semble pas convenir pour cela, que Francisco Lopez s’y rende, de Baçaïm. J'aimerais bien qu’un des deux fût envoyé au cap de Comorin avec Antonio Diaz, ou qu'un autre excellent Frère y accompagnât le Père que vous enverrez. Pour lPamour de Dieu, mettez-y grande diligence, car c’est chose fort importante.

Le P. Nicolas souffre bien des nécessités, à Coulao, parce | qu'il a cinquante garçons du pays et deux Portugais, sans compter les malades que l’on envoie du cap de Comorin à Coulao, pour y rétablir leur santé, et le Collège a cependant peu de rentes. Le P. Nicolas supplie donc qu’on lui donne quelque secours, sur les rentes que le Roi doit à la Maison, rentes qui ne se recouvrent toutes que bien tard ou jamais. Obtenez du Vice-roi provision adressée au Capitan de Coulao, pour que, sur la rente due par le Roi, il fasse délivrer au P. Nicolas quelque cent pardaos pour subvenir aux dépenses nécessaires de la Maison. Pour lPamour de Notre-Seigneur, ayez cette provision prête, à la fin de lhiver, afin que le Père et le Frère que vous enverrez au cap de Comorin la prennent, et que, passant à Coulao, ils la remettent au P. Nicolas.

Voyez à quoi s'élève ce que le Roi doit à la Maison de Goa, et de même ce qui est dû à Ormuz et à Baçaïm, ‘et faites expédier des provisions pour le recouvrement de ces revenus. Si vous ne procédez ainsi, je ne sais quand on vous paiera, à Goa, la dette du Roi. |

Je vous recommande fort de payer les dettes de votre Maison, et J'aimerais bien que, par les vaisseaux qui partiront en septembre pour Malaca, vous m'écrivissiez à quoi monte la dette, et, chaque fois que vous m'écrirez, dites-moi ce que la Maison doit et ce qui lui est dû. Sur ce que vous recouvrerez des créances de la Maison, gardez-vous de faire des largesses,

comme 1l s’est fait, ces années passées ; car, faute de ressources au cap de Comorin, à Coulao, à Cochin, on à dû laisser bien des œuvres pies, et beaucoup d’âmes sont demeurées sans fruit. Veillez à ce que le Procureur de la Maison s’occupe très diligemment de recouvrer les créances.

Il est bien nécessaire que, lhiver fini, et par le premier vaisseau qui viendra à Cochin, vous assistiez le P. Antonio de Eredia. Envoyez-lui quelque provision de 250 à 300 pardaos, pour enclore sa maison et y achever ce qui reste à faire. Cette maison est bien dans le besoin. N’allez cependant pas croire que j'oublie les grandes nécessités que souffre votre Collège ; aussi, je ne vous demande rien de plus que ce qui se pourra bonnement faire. Votre Maison d’abord, et les nécessités des enfants portugais et du pays ; après cela seulement, occupez-vous de Coulao, de Cochin et du cap de Comorin.

Voyez ce que doit à votre Maison Alvaro Afonso, et voyez aussi ce que, ces années passées, on lui a fait de largesses, avec je ne sais quelle conscience, vu tout ce que l’on souffre faute de secours, et au cap de Comorin, et à Coulao, et à Cochin. Faites-lui payer ce qu'il doit, et subvenez aux nécessités de. votre Maison et de celles qui en dépendent. Qu’en serait-il de notre voyage, si vous n’aviez fait recueillir lPaumône d’Ormuz? Bien pourvus nous étions de viatique, n’eût été votre assistance : qu'en pensez-vous ?

Si du royaume viennent, cette année, quelques Pères, souvenez-vous de travailler fort pour que, cette année même, quelque Père aille au Japon tenir compagnie au P. Cosme Torres, ainsi que je l'ai noté dans le Mémorial à vous destiné. Avec lui ira un Frère. Réservez quelque aumône pour leur subsistance là-bas, car la terre de Japon est très pauvre.

Qu'un Père, cette année, aille tenir compagnie au P. Cosme Torres, vu qu'il est seul, je le désire vivement : je vous prie donc, je vous recommande d’y travailler beaucoup, et, à défaut de Père venant du royaume, envoyez-y quelqu'un qui soit de qualité à être admis dans la Compagnie et apte à recevoir la prêtrise; et moi, maintenant, à Malaca, je prierai beaucoup le Capitan de pourvoir d’embarcation, pour se rendre au Japon, le Père qui lui viendrait de Goa, à la mousson d'avril. |

Veillez à ne pas admettre dans la Compagnie quelqu'un qui n'aurait pas les qualités requises pour se rendre utile (pour aider), soit au Collège, soit au dehors; et entre ceux qui sont déjà admis dans le Collège, si vous en remarquez qui n’ont pas les qualités et vertus voulues pour aider à la Compagnie, ceux-là, congédiez-les. |

Ceux qui vont hors la Maison, comme l’acheteur et autres, exercez sur eux une grande vigilance. Voyez comment ils vivent, et encore s'ils sont fidèles dans le compte des recettes et dépenses. Ayez bien l'œil à tout cela, car il faut être bien parfaits, pour exercer de tels offices avec toute la fidélité re-

.quise.

Baltasar Nunez et le Frère qui vint de Baçaïm avec Melchior Gonzalès, vous les ferez s’exercer beaucoup aux offices de l’intérieur de la Maison, comme serait celui de cuisinier ; ne les laissez pas sortir, et, si vous ne les jugez pas aptes à être de la Compagnie, renvoyez-les. |

François Lopez aussi, quand il sera venu de Baçaim, et que vous lui aurez fait faire les Exercices, vous l’appliquerez à d’humbles et bas emplois. Ayez, je vous prie, soin spécial que ces trois s’améliorent spirituellement, car je crains qu’ils n’en aient besoin, et prenez également soin de tous les autres.

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