‹ Saint François de Xavier (volume 2)Chapitre 88 sur 144 · Ajuda, fol · texte numérisé non relu

Ajuda, fol

pourrait totalement se fier, la lettre arrivât, cette année, en Portugal, afin que plus vite votre affaire revint expédiée.

Au señor Don Pedro de Sylva, V. M. pourra donner lecture de ma lettre, afin qu'il voie ce que j'écris, à propos de lui, à Son Altesse. La lettre ira par deux voies ; un des exemplaires est scellé, l’autre ouvert : tous deux du même contenu. Envoyez-les, l’un et lautre, Señor, par de sûrs messagers. Si vous le jugez à propos, le señor Don Pedro pourrait se charger d’un exemplaire; l’autre irait par quelqu'un qui fût bien vôtre, et fort jaloux de soutenir les intérêts de votre honneur. Du reste, Señor, faites, à ce propos, ce que bon vous sem-

blera.

Faites-moi, je vous en prie, Señor, la grâce de veiller sur votre vie et santé, et d’avoir l’œil à vos affaires : procédez comme les temps l’exigent; sachez ne pas vous ouvrir à plusieurs (dissimulando com muitos), qui se disent vos amis et ne le sont pas. Par-dessus tout, Señor, Je vous en prie en grâce, tenez-vous rapproché de Dieu, afin que Lui vous console en ce triste temps. Vous me ferez un bien sensible plaisir si, comme je vous en prie, pour l’amour de Notre-Seigneur, vous employez quelques jours à vous recueillir, afin de purifier votre âme par la confession; recevez ensuite le Corps sacré de Jésus-Christ, et conformez-vous pleinement à sa sainte volonté, car toute cette persécution tournera à votre plus orand bien et honneur (he para mais bem e honra vossa).

J'emmène avec moi, en Chine, François de Villa, parce que j'ai grand besoin de lui; et 1l y sera également nécessaire à votre facteur, Thomas Escandes, pour aider à la vente des marchandises du vaisseau de V. M. Il vous reviendra, Dieu aidant, par la première embarcation allant de Chine à Malaca ; et si Dieu Notre-Seigneur ne m'ouvre pas un chemin par où je puisse entrer en Chine, je retournerai, mot aussi, à Malaca par le premier vaisseau; et si j'arrive à temps, pour cela, à

Malaca, jy prendrai les vaisseaux qui vont en Portugal et

j'irai dans lInde.

V. M. doit, ce me semble, écrire au Roi, N. $S., et lui donner, bien par le menu, le compte des profits que retirerait S. A. de l'établissement d’une factorerie en Chine. Ecrivez, de

même, au Vice-Roï : ainsi je fais, moi aussi, comme vous le

verrez par les lettres ouvertes, qui vont ci-jointes. Votre lettre au Roi irait avec les miennes; faites-en un seul paquet, et, sur l'enveloppe, écrivez : Para el Rey, nosso Senhor. — Do P. M° Francisco. Quant à la personne chargée de les rendre en Portugal, qu’elle soit de grande confiance, et qu’elle revienne bientôt, avec les réponses à nos lettres.

Si Dieu m’amène en Chine, V. M. ne laissera pas de.

m'écrire de ses nouvelles, car j’en aurai un extrême contentement (com ellas folqaret muito em extremo). :

Notre-Seigneur vous donne autant de consolation en cetta.

vie et de gloire en l’autre, que j’en désire pour moi-mêmie. Du détroit de Singapour, 22 Juillet 1552.

Le Père Vicaire me pria d'écrire pour lui au Roi, et ainsi

je fais, bien qu’on ne m'ait pas laissé ignorer qu'à propos de cette expédition de Chine, 1l a négligé de favoriser les intérêts

du service de Dieu et de la propagation de notre sante For;

et cela, pour se montrer serviteur de: Don Alvaro, dans l’espoir qu'il lui en reviendrait quelque profit temporel. Il vit bien abusé (enganado) celui qui, manquant à ses devoirs envers Dieu, de qui tout bien procède, se figure que tout s’arrangera, pour lui, au moyen des hommes (que por la via dos homems ha de ser remediado). Je me venge de ceux qui ne

sont pas mes amis, en leur faisant du bien, car le châtiment .

de Dieu viendra ; et vous, Señor, vous verrez, par le fait (por

la obra), comment Dieu châtiera (dara castigo) ceux qui ne m'ont pas aidé au service de Dieu. C’est la vérité, que J'ai déjà grand’pitié d'eux, par la peur où je suis qu'il leur viendra ({hes ha de vir) plus grand châtiment qu'ils ne pensent. La lettre adressée au Roi, où je parle du Vicaire, V. M., de sa main, la remettra au Vicaire.

Si Dieu me mène en Chine, comme j'espère qu’il my mènera, je dirai aux Portugais l'obligation qu'ils ont à V. M,; je les saluerai tous de votre part; je leur rendrai compte des grandes dépenses que vous aviez faites pour les racheter, et je leur donnerai l'espérance que, s’il plaît à Dieu, ce sera

pour l’année prochaine.

Je vous prie beaucoup et en grâce, Señor, de visiter bien des fois les Pères du collège et de vous consoler avec eux. Votre très grand ami (vosso muilo grande amigo),

Enfin, 1l traite, avec Maître Gaspard et Jean, le Japonais, une petite affaire de commerce, où ce dernier est intéressé : les redites y font, autant que le reste, entrevoir les richesses du cœur de François :

La grâce et l'amour de Jésus-Christ Notre-Seigneur nous soient toujours en aide et favorables.

Maître Gaspard, avec le Père Baltasar Gago et Pero de Alcaçova est allé Antonio, le Japonais, pour leur servir d’interprète jusqu’à ce qu'ils arrivent à Ayamanguchi. À ma prière, le Japonais Jean consent à rester encore pour aller, l’année prochaine, avec le Père ou Frère de la Compagnie qui se rendra au Japon : il lui servira d’interprète jusqu’à Ayamanguchi.

1, Ajuda, è, fol. 65,

Je vous recommande, pour l'amour de Notre-Seigneur, de chercher quelque aumône pour ce Jean le Japonais, vu qu'il est pauvre. Lorsque je le priai de demeurer pour aller, en 1553, au Japon, avec quelque Père ou Frère de la Compagnie, je lui promis de lui chercher, à Goa, une aumône d’environ trente pardaos, qu’il emploierait à l’achat de marchandises qu'il sait être appréciées dans son pays. Cela Paidera à vivre, au Japon, bien que non pas sans travailler.

Considérez que les Pères qui vont au Japon ont grand besoin de Jean : je vous prie donc beaucoup de le bien accueillir à Goa, et de lui chercher l’aumône, par l'entremise ou des Confrères de la Miséricorde, ou de quelque personne: dévote. Je n’insiste pas davantage, assuré que je suis que vous vous occuperez de Jean avec beaucoup de som.

Notre Seigneur nous réunisse en la gloire du paradis.

Du détroit de Singapour, aujourd’hui 22 Juillet 1552.

Maître Gaspard, l’aumône que vous aurez à envoyer aux Frères qui sont au Japon, qu’elle soit toute en or, et du meilleur or que vous pourrez trouver, comme est celui des Vénitiens, ou autre aussi bon, parce que, au Japon, pour fabriquer leurs armes ou les dorer, ils désirent le meilleur or; au Japon, l’or ne sert pas à autre chose.

Si quelqu'un va au Japon, en 1553, il n’y a rien dont il doive être, en s’y rendant, aussi muni, soit sur mer, soit après être débarqué, que de dispositions à affronter de grands travaux.

Qu'il aille bien prémuni contre le froid, et qu'il apporte provision de drap de Portugal, et pour lui, et pour les autres qui sont là-bas.

Votre frère en Jésus-Christ, qui vous aime beaucoup,

1, Ajuda, —, fol, 68,

Le billet suivant est à l’adresse de Jean le JaponaIs :

J'écris au Père Maître Gaspard de te chercher quelque aumôme, à Goa, pour l’employer en achat de marchandises, afin que tu puisses retourner en ton pays avec quelque chose. Tu iras à Goa, avec le Père Jean de Beira, quand les vaisseaux partiront de Malaca pour l'Inde. Tu remettras au Père Maître Gaspard, à Goa, la lettre que Je te donne jointe à celle-ci, la tienne ; et les Pères qui iront au Japon, tu les serviras très bien, jusqu’à ce que tu les aies menés à Ayamanguchi.

Confesse-to1 bien souvent et reçois Notre-Seigneur, afin que Dieu t’aide. Recommande-toi à Dieu, et garde-toi de faire des péchés, parce que, si tu offenses Dieu dans ce monde, tu seras (has de ser), dans l’autre, fort bien (mnuito bem) châtié; par conséquent, garde-to1 de faire choses pour lesquelles tu irais en enfer.

Quand tu seras au Japon, tu salueras beaucoup, de ma part, Marc et Paul.

Dieu te fasse sant bienheureux et te mène à la gloire du paradis.

Du détroit de Singapour, 22 Juillet 1552.

Tu diras au Père François Perez, en lui montrant cette mienne lettre, que lorsque tu 1ras dans lInde, 1l écrive au Père Antonio de Eredia, à Cochin, pour lui recommander, de ma part, de t’y chercher quelque aumône, ou par le moyen des Confrères de la Miséricorde, ou par d’autres de ses dévots. Il serait bon également que le Père François Perez püt te donner quelque aumône, d'ici à ton départ pour l’Inde : montre-lui cette mienne lettre, et, autant qu'il le pourra, peu ou

beaucoup, il t'aidera ; et ne va pas à Cochin sans prendre

une lettre du Père François Perez pour le Père Antoine de Eredia. La mienne présente lettre, garde-la très bien, et, à Cochin, tu la montreras au Père Antonio de Eredia, afin que, s’il le peut, il t'aide; et si, là-bas, tu es bon et que tu serves bien les Pères qui iront au Japon, j'espère que le Père de Eredia te trouvera quelque aumône. |

Ce qui suit est de la main du Saint :

Jean, fils, tu serviras très bien les Pères qui iront au Japon, et tu iras avec eux Jusqu'à Ayamanguchi.

Ton ami de cœur (d'âme), FRANÇOIS *.

Au dos de la lettre :

Pour Jean, mon fils:

En un autre endroit :

Jean, fils, Jean Bravo te lira cette lettre.

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