‹ Saint François de Xavier (volume 2)Chapitre 89 sur 144 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

OÙ SONT RÉUNIES LES DERNIÈRES LETTRES DE FRANÇOIS DE XAVIER, ÉCRITES, DE L'ILE DE SANCIAN, À DIOGO PEREIRA, FRANÇOIS PEREZ ET GASPARD BARZÉE.

(Octobre et novembre 1552.)

fe

Dès que, à Sancian, le départ d’un vaisseau pour Malaca lui en fournit l’occasion, François s’empressa d'écrire à ses amis. Il l’eut, deux fois : la première,

- vers la fin d'octobre. et la seconde, vers le milieu de s] 4)

novembre.

Le 22 octobre, François écrit à Diogo Pereira : Dieu, par sa miséricorde et bonté, a mené heureusement le vaisseau à ce port de Sanchoan, et comme plusieurs vous écriront de la cargaison qu'il a faite, je ne vous en dirai rien, pour être peu entendu en ces affaires.

Sachez que je suis à attendre, d’un jour à l’autre, un marchand qui doit me porter à Canton; nous sommes convenus qu'il m'y mènera pour vingt prcos. Plaise à Dieu Notre-Sei-

gneur qué son service en soit très avancé, et J'espère qu'il en

sera ainsi. Tout le bien qui sera œuvre des hommes, pour la gloire de Dieu, en ce voyage, V. M. en aura le mérite, puisqu’elle en paie tous les frais. Thomas Escandel, votre facteur, exécute fidèlement vos recommandations et vos ordres à ce sujet; il me donne tout ce que je lui demande. Dieu Notre- Seigneur récompense V. M. de tant et si grandes aumônes qu’elle me fait.

Le Chinois qui me portera est connu de Manoel de Chaves, qui vécut, bien des jours, retiré dans sa maison, après s'être échappé de prison. Je l’attends tous les jours, vu que, dans ce port de Sanchoan, il y à eu entre nous accord, en vertu duquel 1l doit me mener à Canton moyennant vingt prcos. Je ferai savoir à V. M., par Manoel de Chaves, ce qui se passera à l’occasion de mon voyage, et aussi comment j'aurai été reçu à Canton.

Si, par cas (ce que Dieu ne veuille), le marchand ne venait

pas me prendre et que je ne pusse aller en Chine cette année, je ne sais ce que je ferai, et si j'irai dans l’Inde ou à Siam. Allant à Siam, je suivrais l’ambassade du roi de Siam en Chine, qui se fera dans l’année. Si je retourne dans l'Inde, ce sera sans espérance que, du temps de Don Alvaro da Gama (à moins que Dieu, par autre chemin, n’y pourvoie), 1l se puisse faire, en Chine, rien dont il reste mémoire (do que ficou memoria). Tout ce que, à ce propos, je sens dans l’âme, Je

ne l’écris pas : j'ai peur que Dieu ne lui inflige châtiment pire.

qu'il ne pense, s’il n’est déjà infligé.

Je vous écrivis, du détroit de Singapour, une longue lettre, qui vous sera venue par Manoel de Fonseca. Par Manoel de Chaves, j'écrirai très longuement à V. M. et aussi au Roi, N. S. Je ne vois plus, maintenant, quelle autre nouvelle donner à V. M., si ce n’est que je me porte bien, après avoir eu les fièvres pendant quinze jours. |

cts

Si, par cas, Je n'allais pas en Chine, cette année, je ne sais si Jirai à Siam avec Diego Vaz d'Aragon, en une sienne jonque qu'il a achetée. De Siam, j'irais avec l'ambassade au Roi de Chine. Si la chose s’exécute, j'en informerai V. M. par Manoel de Chaves, afin que V. M., ayant quelque voie pour m'écrire à Siam, ses lettres m’apprennent ce qu’elle s’est déterminée à faire dans l’année qui vient; et, au cas où V. M. irait en Chine avec l'ambassade, nous pourrions nous joindre à Comai ou en quelque autre port de la région de Canton. Plût à Dieu que ce fût dans l’intérieur de la Chine.

Dieu Notre-Seigneur, par sa miséricorde, si nous ne devions plus nous revoir en cette vie, nous réunisse dans la gloire du paradis, où pour jamais, sans fin, nous nous verrons. | |

Ecrit à Sanchoan, le 22 octobre 1552.

François de Villa fait, dans le vaisseau, tout le travail qu'il peut. Il n’est pas ingrat, 1l n’oublie pas de qui lui vient le pan de sa famille. Il vous arrivera avec Manoel de Chaves, et vous demandera pardon de la faute qu'il a commise en venant ICI Sans votre per mission. La faute, cependant, s’il y en a une, est toute mienne.

Votre véritable ami, de cœur, | FRANÇOIS ”

Le même Jour, François écrit à François Perez :

La grâce et l'amour de Jésus-Christ Notre-Seigneur | nous soient toujours en aide et favorables.

Par la miséricorde et bonté (ptedade) de Dieu Notre-Sei-

gneur, le vaisseau de Diogo Pereira, et nous tous avec lui, est

PR NES avis SE VAPS ANS Meet CE nb :

8 lh F1

arrivé heureusement à ce port de Sanchoan, où nous avons:

Page 1