Ajuda, <S Ole
vous ayez très spécial soin de vous-même, car si vous faites le contraire, Je n’espère rien de vous.
Les avis que je vous laissai, ne vous fatiguez pas de les lire et de les exécuter, et principalement celui par lequel je vous recommande de vous exercer tous les jours dans lPhumulité. Prenez garde de ne pas vous négliger à ce sujet, pour trop considérer ce que Dieu opère de bien par vous ou par les autres de la Compagnie. Sachez bien que, pour le bien que je vous veux, et à vous et à tous les autres, j’aimerais beaucoup vous voir considérer, non pas tant ce que Dieu fait par vous, mais ce que, par votre faute, 1l laisse de faire. La dernière considération vous humilierait, vous confusionnerait; elle vous amènerait à mieux connaître, d’un jour à l’autre, vos misères et vos péchés ; l’autre, au contraire, vous met en très grand risque de concevoir de vous-même une opinion fausse et trompeuse : vous en viendrez à vous attribuer ce qui n’est pas vôtre, ni fruit de vos œuvres, mais œuvre de Dieu seulement. Souvenez-vous à combien d’autres de tels sentiments ont nui, et le mal que ferait, dans la Compagnie, un tel esprit.
Vous me recommanderez beaucoup à tous les Frères et Pères de la Compagnie, et à tous les dévots et dévotes de la Maison. Vous visiterez les Frades de saint François et de saint Dominiqne, et me recommanderez beaucoup à eux, et à leurs saintes oraisons et dévots Sacrifices.
Au Japon sont allés Baltazar Gago, Duarte da Sylva et. Pedro de Alcaçova ; 1ls sont partis en un bon vaisseau, et J’espère de Dieu Notre-Seigneur qu’il les mènera sains et saufs à Ayamanguchi, où sont le P. Cosme de Torres et Jean Fernandez. |
Pour l’année qui vient, je vous recommande fort d’envoyer au Japon une personne de grande confiance et instruite (que
* “ii à <° ni 0 ER.
Log
Re
+ Nr La d'OS
tenha lettras), et si du royaume il ne venait cette année personne qui pût s’y rendre, 1l me semble qu'il serait bon, en ce. cas, d’y envoyer Antonio de Eredia. Pour cela, que François Perez aille à Cochin remplacer Antoine de Eredia, ou autre quelconque qui serait là ; il n’y à pas, en effet, maintenant à Malaca les dispositions voulues pour y faire autant de bien qu’à Cochin. Antoine de Eredia n’amènera personne, si ce n'est quelque laïque, d’une vertu bien éprouvée et assez intelhigent pour apprendre la langue.
A Maluco, en compagnie de Jean de Beiro, vous enverrez quelqu'un qui, à votre jugement, ait la vertu requise pour y faire du fruit. Tâchez que Jean de Beira parte content, car il y a maintenant dans cette région de Maluco disposition grande pour que notre sainte Foi s’y propage. Ainsi donc, tous les ans, ayez soin que l’on y soit pourvu de tout le nécessaire, et n'y envoyez que des personnes bien éprouvées et de beaucoup d'expérience.
En vertu de la sainte obéissance, je vous recommande que si un laïque ou prêtre faisait quelque péché public et scanda-
leux, vous le renvoyiez tout de suite, et vous ne le receviez de
nouveau, à la prière de personne, si ce n'était qu'il fit si grande pénitence et reconnüût tellement sa faute. Par cette voie seulement, il se pourra faire miséricorde; par aucune autre, non, quand même le Vice-roi et avec lui lInde tout entière vous en supplieralent.
Ceux que j'ai renvoyés, et qu’en vertu de la sainte obéissance je vous ai défendu de recevoir de nouveau, gardez-vous de les recevoir. Que s’il y avait chez eux tel grand amendement, et qu'ils eussent fait de longs jours (por muitos dias)
de pénitence publique, vous pourriez, en ce cas, leur donner
une lettre pour le Recteur de Coïmbre; ici, 1ls ne sont pas nécessaires, et là-bas ils pourront servir (aproveitar),
Je vous recommande aussi beaucoup de recevoir fort peu de gens (nuito pocos) dans la Compagnie, et ceux que vous rece-
vrez, qu'ils soient personnes de qui la Compagnie a besom
(tem necessidade). Considérez bien encore si, pour le service de la Maison, il ne serait pas mieux de se procurer, d’acheter quelques nègres, que d’y employer un grand nombre de ceux qui aspirent à être admis dans la Compagnie. Je parle ainsi,
d’après ce que j'ai vu à Goa et ce que J'ai appris de ceux qu.
sont venus avec mol.
Me voici en ce port de Sanchoan, qui est à trente lieues de la ville de Canton : j'attends, chaque jour, un homme qui doit m'y porter. Nous sommes convenus que je lui donnerai, pour cela, deux cents cruzados. Il l’a fallu, à cause des grandes défenses et peines qu’il y a, en Chine, contre ceux qui, sans chapa
du Roi, y introduiraient un étranger. J'espère de Dieu Notre-
Seigneur que tout aura très bonne issue (successo).
J’ai nouvelle certaine que ce Roi de Chine a envoyé en une contrée, hors de son royaume, certaines personnes pour savoir comment on s’y régit et gouverne, et quelles en sont les lois. D'où nos señores d'ici concluent et me disent que le Roi ne pourra que se réjouir de nous voir porter une Loi nouvelle en Chine. |
Ce qui s’y passera, je vous l’écrirai longuement.
Notre-Seigneur nous réunisse en la gloire du paradis.
De ce port de Sanchoan de Chine, le 26 octobre.
J'ai écrit cette lettre tellement à la hâte, que je ne sais comme elle va (nao sey como vay). Par une autre occasion, avant de parür pour la Chine, je vous écrirai plus longuement.
Tout vôtre, en Jésus-Christ, FRANÇOIS ’.