‹ Saint François de Xavier (volume 2)Chapitre 95 sur 144 · JÉSUS · texte numérisé non relu

JÉSUS

Je vous recommande beaucoup qu'avec grande diligence, vous veilliez à ce que le seigneur Evêque et aussi le Vicaire

général voient les Bulles de la Compagnie. Vous leur mon-

trerez, en même temps, un parchemin, qui se trouve à: Saint- Paul, où 1} est fait mention de mot : 1l y est dit que le Pape me fait son Nonce dans ces régions de l’Inde.

Obtenez ensuite que le seigneur Évéque ou le Vicaire général mande une Provision, où sera déclarée l’excommunication que Don Alvaro a encourue, pour m'avoir violemment ôté le moyen de me rendre en Chine, refusant d'exécuter les Provisions du seigneur Vice-Roi et d’obéir au Capitan d'alors de la forteresse de Malaca, Francisco Alvrez, qui, en même temps, était Veador de fazsenda du Roi notre seigneur ; toutes choses que vous savez fort bien, pour en avoir été témoin. La Provision du seigneur Évêque ou du Vicaire général sera adressée au Père Vicare de Malaca, — et elle portera ordre, à lui signifié par le seigneur Évêque ou le Vicaire général, de publier, dans léglise, lexcommunication, vu que lexcommunication a été publiquement encourue.

Ces diligences, vous les ferez, pour deux raisons seulement : — la première, pour que Don Alvaro reconnaisse l’offense qu'il a faite à Dieu et l’excommunication qu'il a encourue,

qu'il fasse pénitence, qu'il recherche labsolution de l’excom-

munication encourue, afin que, une autre fois, il ne fasse pas à un autre ce qu'il m'a fait à moi. — La seconde, pour que les Frères de la Compagnie qui iront à Malaca, ou à Maluco, ou au Japon, où en Chine, ne trouvent pas d’empêchement à Malaca, et que les Capitans de Malaca ne mettent pas d’obstacles à leurs voyages, sachant, par ces noüfications et pubh-

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FRANCOIS A SANCIAN (OCTOBRE-NOVEMBRE 1952). 337 cations, les peines spirituelles que l’on encourt pour être auteur de tels empêchements ; si, en effet, il s’en rencontre que ni la crainte de Dieu ni l’amour de Dieu ne retiendraient, il est bon que ceux-là, par crainte ou vergogne du monde, n’empêchent pas le service de Dieu.

Cette dépèche du seigneur Évêque ou du Vicaire général, Juan de Beira ou le Père qui se rendra au Japon lapportera et la remettra au Vicaire de Malaca ; — et gardez-vous d’être négligent en ceci, que je vous recommande de faire, en vertu de la sainte obéissance. Vous prierez en grâce le seigneur Évêque ou le Vicaire général d'écrire au Vicaire de Malaca, et de lui ordonner, en vertu de l’obéissance, sous peine d’excommunication, de noüfier publiquement et de proclamer dans l’église la Provision qui viendra de l’Inde.

D'ici à un an, vous m’écrirez quelles diligences vous aurez faites à ce sujet.

Quant à mon voyage de ce port en Chine, comme il est fort difficile et périlleux, je ne sais s’il réussira, bien que j'aie grande espérance de le voir aboutir. Si, par cas, je ne vais pas, cette année à Canton, j'irai à Siam, comme je vous lai déjà dit (como acima digo), et si je ne puis, dans l’année, passer de Siam en Chine, j'irai dans l’Inde; mais j'ai grande espérance d’aller en Chine.

Sachez certainement une chose, et n’en doutez pas : c’est qu'il pèse grandement (em grande manetra) au démon que ceux de la Compagnie du Nom de Jésus entrent en Chine; cette nouvelle certaine, je vous la fais savoir, de ce port de Sanchoan : à cela ne mettez aucun doute, car les empêchements qu'il m'a opposés et qu'il m'oppose, chaque jour, je n'ächèverais jamais de vous les écrire. Mais sachez aussi certainement une chose : c’est que, avec l’aide, grâce et faveur de Dieu Notre-Seigneur, le démon, sur ce point, sera confondu ;

Il pe

et, ce sera grande gloire pour Dieu d’avoir, par un instrument aussi vil que moi (que eu sou), confondu la grande présomp-

lion (opiniao) du démon.

Maître Gaspard, souvenez-vous des avis que je vous laissait, quand je partis de là, et de ceux que je vous ai écrits depuis, et ne les négligez pas; ne laissez pas de les exécuter, vous imaginant, comme d’autres firent, que je suis mort; car, Si Dieu veut, je ne mourrai pas; bien que 1l y ait eu un temps où, plus qu’à présent, je désirai vivre. Cet avis, je vous l’adresse, pour que vous n’usiez pas de votre propre sens ( parecer), comme, — s’il vous en souvient bien, — 1l vous est arrivé de le faire (como. se bem vos lembre, ja usastes). Dieu sait à quel point cela vous réussit (quanto acertastes) ; et pour mot, 1l serait dur, arrivant, l’année prochaine, auprès de vous, d’y trouver des affaires à arranger (achar cousas que me fossem necessario acodir a ellas).

Je vous recommande, et considérez-le bien, de ne recevoir que très peu (nuilo poucos) de sujets dans la Compagnie ; — ceux qui sont déjà reçus, faites-les passer par beaucoup d'épreuves, parce que je crains que quelques-uns, là reçus, il ne fût mieux de les congédier, comme j'ai fait pour Alvaro Ferreira, que vous ne recevrez pas au collège, s’il venait à Goa; parlez-lui à la Porterie où à Péglise, et, s’il veut être Frade, aidez-lui. Quant à le recevoir, je vous commande, en vertu de l’obéissance, de ne le pas faire; et ne permettez pas qu'on laccueille en une maison de la Compagnie, parce qu'il n’est pas pour la Compagnie. |

La présente lettre sera pour le Recteur de Saint-Paul, quel qu'il soit, et pour François Perez, à Malaca.

De Sanchoan, le 13 novembre 1552.

1, Ayuda, —, fol. 35.

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ainsi i que plusieurs corr rections an texte de

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