CHAPITRE PREMIER, oii l'on verra de quel pays sortirent les aïeux
(xiv« et xv« siècles^.)
Le village de Jassu (en basque yatsou)^ à une lieue de Sainl-Jean-Pied-de-Porl, compte, aujourd'hui, un peu plus de trois cents habitants : il n'avait que dix-huit feux au quinzième siècle. Entre les familles qui vivaient là, en ce temps et au siècle précédent, la principale était celle des Lascor; après elle venaient les Echeberria. Les Lascor appartenaient à la classe des hijosdabjo^ gentilshommes ou nobles proprement dits de la terre de Cissa (Gise); les Echeberria n'étaient que infanzones ou nobles d'ordre inférieur : de ceux-ci François de Xavier descendit par ses aïeux paternels.
Vers le milieu du quatorzième siècle, l'aîné des
I . Voir, j)our les documcntj* relatifs à ce rhapilre cl pour rindication de leurs sources, Saint François fie Xavier (son pays y sa famille y sa rie, doca/nenis nouoeanjf')^ t. I, ch. i, ii, m, iv, v, vi, et l. II, ch. i, ii, m, iv, V, VI, VII et VIII.
Echeberria de Jassu épousa une fille des Garai villag'e de Suescun, proche de Jassu. Les Gair^-^ étaient, comme les Echeberria, de maison infanzort- ^^ Des fils qui naquirent de celle union, un cadet, P^ dro, alla s'établir à Sainl-Jean-Pied-de-Port. Laîsr^ sant à son aîné le nom patronymique de Echeberria^ Pedro ne s'appela depuis que Pedro Jassu, et le nom ^ de Jassu devint patronymique dans sa maison.
Dès les premières années du quinzième siècle, Pedro est fermier du chapitel royal ou de l'hôtel des poids et mesures de Saînt-Jean*Pied-de-Port. Là probablement il s'enrichit, et ses fils purent recevoir une éducation plus libérale, principe des rapides ascensions de la famille.
Les Jassu de Saint-Jean-Pied-de-Porl g^randirent à la cour des rois successifs de Navarre, du commencement du quinzième siècle aux premières années du seizième, qui virent, avec la chute de ces rois, celle des Jassu, leurs fidèles serviteurs. La Navarre du quinzième siècle était, on le sait, composée des six merindades ou provinces de Pampelune, Estella, Tudela, Olite, Sang-uessa et Ultra-Puertos. Cette dernière mevindad avait pour chef-lieu Saint- Jean-Pied-de-Porl et formait la Basse-Navarre, qui sera, plus lard, la Navarre française.
On sait encore que la descendance mâle des rois primitifs de Navarre s'éteignit avec Sanche VII, en 1234, et que Thibaud IV, comte de Champag-ne, à litre de mari d'une sœur de Sanche, devint alors roi de Navarre. Celte dynastie finit en 127/i, et Philippe le Bel, mari de l'héritière, ajouta, dès 1280, à son
litre de roi de France le titre de roi de Navarre, Louis le Hulin, premier fils de Philippe le Bel, ne laissa qu'une fille, Jeanne, à qui la Navarre appartenait du chef de sa mère; elle épousa (i3i8) le comte d'Evreux, petit-fils de Philippe le Hardi, et, dès lors^ la Navarre fut aux mains d'une dynastie nouvelle, dont le dernier représentant, Charles, mourut en il\25j ne laissant que des filles. L'aînée, Blanche, était, depuis il^i^j femme de Jean, second fils du roi d'Aragon : Jean dut à sa femme le titre de roi de Navarre, et ils furent couronnés ensemble, à Pampelune, le i5 mai i^^Q.
Avec la reine Blanche et le roi Jean commencera la fortune de Jassu.
Dès Tannée i42i, Jean et Blanche eurent un fils, Charles, qui fut appelé Prince de Viancy titre affecté, depuis peu, à l'héritier présomptif de la couronne de Navarre. Ils eurent ensuite deux filles : Blanche et Léonor.
A la mort de sa mère, le 3 avril i44i> Charles devenait de droit roi de Navarre ; son père lui disputa le trône, et, à partir de i/i58, Jean, héritier de son frère, le roi d'Aragon, se dit à la fois roi d'Arag-on et de Navarre. Charles meurl, en i46i, sans laisser d'enfants. Le trône de Navarre appartenait de droit à sa sœur aînée. Blanche. Jean le lui refuse pour l'attribuer à la sœur cadette, Léonor, femme du comte de Foix. Blanche mourut en i4^)4, et lorsque Jean termina sa longue carrière, le 19 janvier i479> Léonor fut proclamée reine de Navarre. Elle régna trois semaines, et, après elle, son petit-fils, François-
Phœbus, proclamé roi, introduisit en Navarre la dynastie des comtes de Foix.
Les Jassu, tant que durèrent les discussions, souvent violentes, entre Jean d'Aragon et Charles de Navarre, se déclarèrent pour le père contre le fils; ils furent, comme on disait alors, Gramontais, bien que, dans le parti de Charles ou des Beaumoalais, ils comptassent beaucoup de parents et d'amis. Ainsi encore, demeurant fidèles à leur parti, ils servirent Léonor et son petit-fils François-Phœbus, et, après la mort de celui-ci, sa sœur Catherine; ils avaient cependant sujet d'appréhender que le succès de puissants compétiteurs ne ruinât leur fortune.
On sait enfin comment une dernière dynastie, celle des d'Albrel, arriva au trône de Navarre lorsque, en i484, Catherine épousa Jean d'Albret. Ils furent tous deux protecteurs et amis des Jassu, et le père de François de Xavier eut l'honneur d'être leur intime conseiller, après avoir joui de la confiance de Léonor et du roi Jean, son père.
Ces jalons historiques permettront au lecteur de mieux suivre la marche ascendante des Jassu dans les voies de la fortune, durant le siècle qui les vil s'y avancer à g-rands pas.
Trois des fils de Pedro de Jassu, Pedro Periz, Bernard Periz et Arnalt Periz contribuèrent, plus que les autres, à l'illustration de la famille.
Pedro Periz, l'aîné, vécut et mourut à Sainl-Jean- Pied-de-Port. Après avoir^ comme son père, joui des fermes du chapitely il fut, en i4Aif honoré de la charge de bayle de Saint-Jean-Pied-de-Port, et l'office lui fut confirmé, pour la vie^ en i4«^)4> avec d'autres largesses royales et privilèges, à suite des utiles services que Pedro Periz rendit au roi Jean, durant sa lutte contre Charles. Entre les dons , nous signalerons, vu leur importance, celui des dîmes d'Arberoa et des péages de Saint-Palais.
Pedro Periz mourut sans laisser d'enfants : l'héritage vint à son frère Arnalt Periz, aïeul de saint François de Xavier.
Bernard Periz fut, de bonne heure, au service de divers personnages de la cour de Jean et Blanche, et ces personnages lui concilièrent la faveur du roi et de la reine. Bernard reçut d'abord, en \l\il\, des secours pécuniaires pour avancer dans la cléricature; mais il laissa bientôt ce chemin, entra à la Cort MayoPj premier tribunal du royaume, à titre de notaire, et finit par avoir charge de conseiller royal et d'auditeur à la Cour des comptes. La richesse lui vint avec les honneurs acquis et lui en procura de nouveaux : il épousa, en effet, l'héritière d'une noble maison de Los Arcos, et quatre filles, que Dieu lui donna, allièrent ensuite les Jassu à quatre des plus illustres familles de la Navarre. Ecoutons un témoin bien informé qui vivait au seizième siècle :
Bernard I^eriz de Jassu eut quatre filles : la première, Ana Perez, épousa Lope de Baquedano, Jusficia de la ville de Es-
lella. Les Baquedano ont entrée aux Certes du royaume.
La seconde fille, Maria Perez, épousa, ici même, à Pampelune, Jean Cruzat, chevalier de l'ordre de Saint-Jacques. Sa descendance est, aujourd'hui, représentée par don Pedro Cruzat, seigneur du Palacio de Aderiz, et par Jean Cruzat, chevalier de Tordre de Saint-Jacques, seig^neur du Palacio de Oriz : l'un et l'autre siègent aux Cortès.
La troisième, Catalina Perez, épousa, à Estella, Nicolas de Eguia, fils du trésorier royal : j'appartiens moi-même à la maison des Eguia, et j'ai, à ce titre, entrée aux Cortès.
La quatrième enfin, Inesa Perez, fut mariée, à Estella, à Remon Herdara, de qui descend le seigneur actuel du Palacio de Anderaz.
Dieu fit meilleure part encore au troisième fils de Pedro de Jassu, Arnalt Periz. Attaché d*abord au service de Charles^ prince de Viane, à titre de camérier et de trësorier, il s'acquit à tel point la bienveillance de son jeune maître et la confiance du roi et de la reine que, dès l'an il\l^iy on put s'attendre à le voir grandir tous les jours; aussi, cette année même, le 27 février, l'auditeur des comptes Juan de Athaondo lui donna-t-il la main de sa fille Guillerma.
En i44îi> le prince de Viane, « sur l'ordre et à la prière » du roi son père, « agréant, d'ailleurs, la supplique de la princesse sa sœur », et désirant luimême reconnaître les services qu'il lui a rendus, promet à Arnalt Periz la première place vacante d'auditeur en la Chambre des comptes. Arnalt eut bientôt la place promise; puis, devenu comme le trésorier du royaume, il fut chargé, jusqu'à sa mort,
AÏEUX PATERNELS DE FRANÇOIS (xiV^ ET XV^ S.)- 9
de remplir les missions les plus délicates el difficiles; c'est à lui que Jean et Léonor s'adressent quand il leur faut un g-rand dévouement associé à une haute intelligence.
Arnalt Periz et sa compag-ne ne se montrèrent pas moins fidèles et dévols au service de Dieu qu'ils ne l'étaient à celui de leurs terrestres bienfaiteurs et souverains. Le testament qu'ils écrivirent ensemble, à Tafalla, le lo février 1^72, et celui que Guillerma de Athaondo dicta seule le 10 novembre 1490, suffiraient à le prouver. Ils y témoignent garder pieux souvenir des parents ensevelis dans l'église Sainte- Eulalie de Saint-Jean-Pied-de-Port, des parents ensevelis dans l'église Saint-Nicolas de Pampelune; ils s'y préoccupent vivement de leurs propres intérêts éternels et du salut de toute leur descendance; ils fondent une chapellenie perpétuelle dans la chapelle Saint-Pierre-Martyr de l'église des Dominicains de Pampelune; ils excluent de leurs funérailles la pompe mondaine; s'ils désirent de la somptuosité, c'est pour mieux honorer les saints protecteurs des Jassu et des Athaondo, savoir, saint Pierre, martyr, saint Vincent Ferrier et sainte Catherine de Sienne. Guillerma lègue de riches étoffes pour la décoration de leur chapelle, et Arnalt veut que l'on peigne soigneusement à fresque, sur les murailles de la même, chapelle, les plus beaux traits de leurs légendes.
Ces sentiments d'honneur et de piété chrétienne, ArnaJt et Guillerma eurent soin de les imprimer au cœur de leurs enfants. Six, deux garçons et quatre filles, vivaient encore en i49o. Gatalina était déjà veuve de Juan de Espinai, riche et noble marchand de Pampelune; sa fille Marie se donna à Dieu au monastère de San Pedro de Pampelune. Juana n'était pas encore mariée et entourait de soins la vieillesse de Guillerma. Maria et Marg^arita, femmes, la première, du seigneur du palacio de Çuazti, et la seconde du seigneur de Olloqui , avaient de nombreux enfants que François de Xavier connaîtra : il aura douze ans à la mort de sa tante Juana, et lorsqu'il partira pour les Indes, en iS^i, Margarita de Jassu, presque centenaire, sera encore à Olloqui, comme pour saluer, au nom des générations disparues, le soleil levant de leurs meilleures gloires.
Guillerma, près de mourir, sembla se préoccuper surtout de l'avenir de Juana : « Elle m'a servi, ditelle, plus longtemps que mes autres filles », et elle recommande à l'héritier de la doter si bien, qu'elle puisse, comme ses sœurs, entrer en une bonne maison. L'héritier, qui sera un jour père de saint François Xavier, exécuta pieusement la recommandation de sa mère, et Juana épousa Juan de Artieda, héritier de la noble maison de ce nom, une des plus illustres de la Navarre. Juan , marié une première
fois, avait des enfants que Juana sut aimer, et, à Ja place de ceux que Dieu ne lui donna pas, elle adopta, d'accord avec son mari, un orphelin.
Quant aux deux garçons, Juan et Pedro, ils étudièrent tous deux la jurisprudence, et leur savoir les rendit aptes à exercer de hautes charges : Pedro, de 1478 à i5i3, eut Ti m portant office de Justicia de Pampelune, et Juan, l'aîné de la maison, docteur en décrets de l'université de Bologne dès l'année i47o, s'éleva aux premiers emplois du royaume. En 1/172, Leonor le fit Maître de finances^ et, peu après, Alcalde de la Cort mayor. Là, dans ce premier tribunal du royaume, Juan donna de telles preuves de science et de sagesse qu'il ne tarda pas à devenir l'homme de confiance, le conseiller préféré des souverains successifs de son pays et du pays lui-même. En i479> ^' ^^^^ ^^^ Etats de Tafalla, un des trois signataires de l'acte qui donne une tutrice au jeune roi François Phœbus; la même année, on le trouve à Saragosse traitant, comme ambassadeur du roi de Navarre, une question de frontières avec le chancelier du roi d'Aragon; en i483, les Etats, réunis à Puente-la-Reyna, le députent à la jeune reine Catalina pour la supplier d'agréer le désir que son peuple a de lui voir épouser le prince héritier de Castille.
Le mariage ne se fit point, mais Jean d'Albret, que l'on préféra au fils de Ferdinand et d'Isabelle, n'en fut pas moins incliné à recourir, en toutes ses affaires, à la sagesse du docteur Juan de Jassu, et lo pays lui garda, comme le roi, sa confiance : les trois
Etals, réunis à Olite en 1^90, le chargent d'une rédaction nouvelle des article de la Hermandady sorte de Ligue organisée en Navarre pour y maintenir l'ordre et la paix. Il a encore un rôle principal aux Etals de i493, et c'est lui qui le 12 janvier i494> dans la cathédrale de Parapelune, au couronnement de Juan et de Catalina, reçoit, en l'absence du chancelier, le serment de fidélité des trois Etats du royaume. La même année, le 3o avril, Juan de Jassu est à Médina del Campo, témoin , comme ambassadeur de ses roi et reine, du serment que le roi et la reine de Gastille font de garder l'alliance conclue avec la Navarre. En i495, on le trouve à Olite avec Juan Ribera, capitan général de Gastille; puis à Pampelune avec le maréchal Pedro de Navarra, traitant des affaires d'Etat de la plus haute importance; en i497> il préside les Cortès; en 1/198, il signe, comme témoin, avec le maréchal de Navarre, l'acte royal relatif à la vacance du siège épiscopal de Pampelune; en i499> îl ramène la paix dans l'assemblée des Etats par un habile et délicat règlement de préséance entre le prieur de Roncevaux et le prieur ^ de Saint-Jean-de-Jérusalem. Puis viennent, d'année
en année, au sein des Etats ou au dehors, des actes qui montrent chaque jour grandissante l'influence du docteur, et qui prouvent avec évidence que si Jean d'Albret perdit son royaume, ce fut pour n'avoir pas assez écouté les avis et les supplications unies de son fidèle conseiller et du peuple navarrais, qui ne cessaient de lui redire : « Venez vivre au milieu de nous, et soyez l'allié de la Gastille! »
AiEUX PAimXELS DE FRAN^-OIS iXIY* ET XV* S-». 13
A la fin du quinzième siècle, Juan de Jassu èlait riche autant qu^hooore. Ses seuls gages d^alcaldecooseiller et des mercedes royales, reçues en divers temps, eussent suffi à Tenrichir; mais la fortune lui venait de plusieurs autres sources, et d^abord du majorât que Guillerma constitua en sa faveur :
Désirani, dit-elle, accomplir la volonté de mon mari A malt Periz de Jassu <qiie Dieu pardonne!) et ma volonté |H*rsi>iw nelle, au sujet de la fondation du majorât de notrt^ maison^ je laisse à Don Juan de Jassu, diKteur, .l/reiA/r matfor de la cour de Navarre, conseiller du roi et de la mne, nu>n fils aîné, le palacio de Ydocin, avec tous ses héritavrt\s, servitudes et juridictions... Je lui donne la maison où j'habite présentement, rue de la Poblacion^ à Pampelune, et aussi la maison que jV possède, rue dite Im Torre rcdontla^ et encon* le jardin que je |>ossède hors les murs de la viMe, pnn'he la porte de Saint-Nicolas.
A Pedro, son second fils, Guillerma donne tous les biens que les Jassu possédaient à Sainl-Jean- Pied-de-Porl et dans la merlmlad de Llfrapnertos, et en particulier la maison natale des Jassu (|u'elle décrit ainsi :
Je laisse à Pedro de Jassu, Justicitt de la ville de Panipt»lunc, mon fils, la maison (|iie je possède en la ville de Saint- Jean-Pied-de-Port, située sur la place dite A7 Mvrcada: laquelle confronte, d'une pari, à IMiopital de Santa Maria: d'une autre, à la maison dite C/tapite/ del lieij : d'une autre, au Rio grande (la Nivej, et de l'antre à ladilt» place du Mar^ ché.
Elle lui donne aussi la petite maison voisine, dite La Cocina, qu'une gcalerie, traversant le chapitel du roi, mettait en communication avec la maison principale. Dans le pays, celle-ci était appelée Echeandiaj et Tautre Cocinatef/uia.
Les deux frères avaient donc à la fois honneur et richesse; mais Guillerma entendait, et son mari avec elle, que Pedro, bien qu'il héritât de la maison natale des Jassu, demeurât subordonné à Juan :
Je veux, ordonne et conmiande, dil-elle, que Pedro, mon fds, de son vivant, et après lui les héritiers de sa nnaison et majorât, observent toujours le devoir de respect qu'ils ont à Téçard de Don Juan de Jassu, en son temps, et à Tétçard de ses héritiers après lui, et (ju'ils tiennent pour Pnriente mayor ledit Don Juan et chacun de ses héritiers successifs : comme aussi, ledit docteur, en son temps, et ses héritiers après lui, devront tenir pour enfants de la maison principale les héritiers successifs de la maison de Pedro de Jassu; de telle sorte que chacun ait sollicitude de l'intérêt de tous les autres. Vivant ainsi unis par un mutuel amour, comme frères, comme fils d'un même père et d'une même maison, il leur en reviendra, outre les profits meilleurs, celui d'être plus estimés et honorés des hommes.
Enfin, Arnalt Periz, bien que grandi à Saint-Jean- Pied-de-Port et puis dans la Haute-Navarre, ne voulait pas que sa descendance oubliât le villag'c de Jassu, sa première terre natale; en son nom, Guillerma y pourvoit :
Je veux et connnande, dit-elle, au ras où le majorât passerait à une fille, que le fils d'elle et de son mari, héritier
AÏKL'X PATKRMaS DK FRANÇOIS (XIV** KT XV** S.). 15
du majorât, et ceux qui viendront après, au nièiiie titre, prennent en leurs armes le nonn de Jassu, laissant le nom de leur père, et s'il advenait qu'ils n'abaissent pas ainsi, je veux qu'ils ne succèdent pas au majorât.
L'Apôtre des Indes, fils du docteur Juan, petit-fils d'Arnalt Periz et de Guillerina, est donc un Jassu. Loin de le nier, quand, à Paris, le i3 février i53i, un notaire de sa nation^ InijS^o Ladron de Geg'ama, lui demandera : « Quel est votre nom? » il répondra : (c Je m'appelle Francisco de Jassu » ; mais il s^empressera d'ajouter : a et de Xavier. » Xavier, c'est le nom de sa mère, qui devait demeurer le sien.