DKRMKRKS ANNÉKS A PARIS (1529-153G
des étudiants de Paris, il le lui fasse parvenir avec le sien d de m<^me monnaie. Puis donc qu'il se présenle occasion si bonne, je vous prie de vous souvenir de moi.
D'ici, je ne vois [)lus rien de nouveau à vtms faire siivoir depuis (pu» notre cher neveu s'est enfui de l'L'iiiversilé. Jf c«»urus après lui jusipiVi Notre-Dame de Cléry, à f reiite-quatrr li«Mies de Paris. Je vous prie de me faire savoir s'il est arrivé en Navarre; je crains fort qu'il ne soit jamais bon.
Pour ce qui s'est [lassé au sujet des hérétiques de ce pavsH-j, hî sefior Maître Ifiitj^o, porteur de la présente, vous dira toiil ce (pie je pourrais vous eu écrire.
De Paris, le 2."» mars.
N'otre serviteur très sur et frèn» cadet,
Frances ijk Xabier.
.1 mi Sefior, el rapitan Acpllrnetfi, en Ooanos.
I^e lecteur ne s'étonnera pas que François, depuis surtout la mort de doua Maria de Azpilcueta, ne reçiH g-uère de secotirs de l'aîné de la maison ; il se demandera peut-être pourquoi l'assistance ne lui était pas, (*e semble, venue davanlag-e de la casa de Veyre, d'un palacio 011 sa sœur vivait encore au mois de mars u}\^7^. Ana de Jassu ne niourul, en effet, (jue le 1 1 juin de cette année. L'excuse de • Mitfuel fut, croyons-nous, la léj^i'itime excuse de sa soMir Ana. Les Kz{)elela, on l'a vu, ne furent pas moins que les Jassu li<lèles aux rois dépossc^dës; il y (Mit, sans doule, pardon [jour les Kzpeleta comme [)our les Jassu, mais, pardonnes, ils durent expier eiicoiM». Tandis <|ue les dames de la noble maison soutenaient les d«4enseurs de Maya, tel Ezpelela ve-
ait à Pau jurer fidélité au jeune Henri. Cet acte, Igné d'un Ezpeleta, aide à comprendre pourquoi 'rançois ne reçut pas de secours de Ana et ne lui en lemanda peut-être jamais. Un Garro et un Ag-uirre lignent avec Léon de Ezpeleta ; les Garro seront bientôt héritiers directs de toutes les gloires humaines des Xavier.
11 semble qu'en ce temps, Miguel et le capitan aient voulu, pour mieux retenir ces gloires, détourner François de la voie où il s'engageait, à la suite rf'Ifiigo de Loyola; on ne s'explique pas autrement deux faits accomplis du mois de septembre i535 au mois d'août i536. A ses deux frères, cinq ans auparavant, François avait donné mandat, pour obtenir des lettres testimoniales de noblesse et le titre de ^lerc du diocèse de Pampelune, qu'il se donnait dans ^a procuration, disait assez qu'il aspirait alors aux dignités ecclésiastiques. Miguel et Juan n'avaient rien fait, et voici que, au mois de septembre i535, à la suite peut-être des dénonciations qui leur vinrent de Paris et dont François se plaignait, Miguel et Juan, ou leur procureur, provoquent Tenquête demandée en i53i ; ils font appel aux amis et parents es plus dévoués, Pedro de Alhondo, Juan de Hualde, îlsteban de Huarte, Juan de Azpilcueta, seigneur de îada, Sancho Ramirez; et le mois de juin de l'année uîvante est employé à faire l'enquête. Puis vient, le août i536, la déclaration dos alcaldes de la corte layor de Pampelune :
Nous déclarons, disent-ils, que ledit don Francisco de Jasso
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y Xavier a bien et dûment prouvé qu'il fut et qu'il est, par antique oriii^ine et descendance en droite et légitime liçne de ses parents et aïeux, suivant les quatre liçes de sa scénéaloçie paternelle et niaternelle, homme hijodalgo^ noble et çeotilhonime, frère léçitime de don Migfuel de Xavier, de qui sdiU les localités et patacios de Xavier, Ydocin et Azpilcuela. Eu conséquence, iu)us Empereur, Reine et Roi, nous déclarons tenir ledit don Francisco de Jasso y Xavier pour homme noble, hijodalgo et 4»;entilliomme, et que lui et ses fils et descendants peuvent et doivent user et jouir de toutes les préroçalives, exemptions, honneurs, libertés, privilégies dont les autres çenlilshommes et hijosdalgo usent et jouissent dans notre royaume de Navarre.
La môme année, au commencement de juin, Rerai de Gofii, archidiacre de la Table (trésorier) de l'égflise cathédrale, obtient délibération du chapitre qui confère à François im canonical, et l'on se hâte d'expédier à l'élu la lettre accoutumée.
François et ses compag-nons allaient partir pour Venise, où Ig-nace les attendait, lorsque lui arriva la lettre du vénérable chapitre cathédral; nous le savons de son ami et frère le P. Simon Rodriguez :
O fut, dit-il, aux a[)proches du départ, que François Xavier apprit la nouvelle (pn* le chapitre de Pampelune venais de lui conférer un canonicat : une àme vulçaire aurait pu s'en émouvoir; mais déjà François comptait pour rien des choses (jue le monde estime bien plus hautes encore.
Sans doute, François répondit au plus tôt pour rendre ji^ràces au chapilre de l'ancienne égalise de Pampelune : il avait demandé le canonicat, on le lui
donnait. Si Dieu, un jour, glorifiait François, ses gloires deviendraient légitime bien de ses frères, les chanoines réguliers de la cathédrale; aussi, dès 1624, le chapitre réclaniera-t-il, comme un droit, célébration spéciale dans son église de la fêle de saint François Xavier.
On sait comment, au mois de mai 1536, se rallumèr.ent les si déplorables démêlés de Charles-Quint et de François V^ : le mouvement de guerre ne fit que grandir les mois suivants, et ce fut au plus fort de cette agitation que les compagnons d'Ignace de Loyola quittèrent Paris, le i5 novembre, pour se rendre à Venise, où saint Ignace les attendait depuis près d'un an.
Le voyage de Paris à Venise est raconté avec tout le détail désirable dans notre Vie du bienheuveuœ Pierre Le Fèore. Un seul incident s'y mêla, pour François, aux incidents communs : il avait, par esprit de mortification, enroulé à ses bras et à ses Jambes des ficelles fortement serrées : elles pénétrèrent dans la chair, et quand la violence du mal l'empêcha d'avancer, un médecin, consulté, se confessa impuissant à retirer ces ficelles des chairs. Ce que l'art ne pouvait faire la prière le fit, et François, le lendemain, en s'éveillanl, était dégagé de ses liens et s!:néT\.