‹ Saint François de XavierChapitre 32 sur 84 · I. T. do T., corp. cronol., p. i, m. 77, d · texte numérisé non relu

I. T. do T., corp. cronol., p. i, m. 77, d

284 l'évangile a ceylan (1541-1546).

mise de déuxfrayles de saint François, que j'avais amenés avec moi. Je travaillai tant, qu'il était converti, et j'allais partir avec lui pour le faire baptiser à Goa, quand le roi son père le sut; il le fit tuer par trahison, et ordonna que Ton brûlât son corps avec i^rande cérémonie, selon l'usage. Dieu, à cette occasion, fit bien des miracles : la terre trembla, on vit dans le ciel une croix de la grandeur d'un mât, et là où on le brûla, la terre s'entr'ouvrit en forme aussi de croix. Quand le roi l'apprit, il fit combler ces ouvertures, mais la croix se forma de nouveau, chaque fois qu'on la fit disparaître ; ce qui occasionna la conversion d'un grand nombre de gens. Pour moi, j'ai fait, de mes mains, deux cents chrétiens.

Le Roi voulait tuer ses deux autres fils plus jeunes, el moi avec eux. Nous nous réfugiâmes, les deux princes et moi, avec quarante à cinquante Portugais et beaucoup de chrétiens du pays, dans une église, et puis, non sans grande difficulté, risque de ma personne et perte de mes biens, nous sommes arrivés dans l'Inde, etc*.

Le 20 dc^cembre, même année , André de Sousa écrit au Roi de Portugal :

L'an passé, j'écrivis à V. A. comme j'arrivai à Cochin avec un prince de Ceylan, que je fis chrétien. Huit jours après que les vaisseaux furent partis, vint un frère du Prince, plus jeune, et beaucoup de noblesse de Ceylan : ils se firent bientôt chrétiens, et le prince prit nom D. Louis. Je vins, avec eux tous, à Goa où était le Gouverneur, Martin A® de Sousa, qui les re^'ut honorablement et comme il convenait à la qualité de tels princes et crédit de V. A. Le Gouverneur voulait les envoyer mettre en possession du royaume, à la place de leur frère, que le roi a fait mourir, et s'emparer d'un fort, à leur

Page 1